USAP : un maintien arraché avec brio face à Provence Rugby
L’USAP a vécu un véritable soulagement samedi soir en décrochant sa place en Top 14 après une victoire convaincante sur le terrain de Provence Rugby lors de l’access-match (47-24). Menés en début de partie, les Catalans ont résisté à la pression pour inverser la tendance et assurer leur maintien.
Pour Laurent Labit, manager de l’USAP, cette première expérience d’access-match a été particulièrement éprouvante, mais aussi pleine de fierté. « C’est un soulagement et il y a beaucoup de fierté, c’était une première pour moi et c’est vrai que c’est un match particulier », confie-t-il à Midi Olympique. Il tient aussi à saluer la combativité de l’adversaire et l’ambiance électrique au stade Maurice-David : « Provence Rugby est devenue une terre de rugby. C’était un match et une ambiance de fou, c’est un match comme on les aime avec du suspense et des cartons. »
Le maintien en Top 14 revêt une importance capitale pour le club catalan. « Descendre d’un étage aurait été difficile, notamment pour la construction. C’est un soulagement. On pense au peuple catalan. J’imagine ce qu’il doit se passer chez nous, en Catalogne », ajoute Labit.
Une entame délicate
Le début de match a pourtant été loin d’être satisfaisant pour l’USAP. L’équipe a peiné à déployer son jeu, accumulant pertes de ballons et indiscipline. « La première demi-heure n’était pas conforme à ce que l’on voulait faire et à ce que l’on avait dit. On a perdu des ballons, des contacts. Ils ont joué les turnovers à fond », explique le manager.
Les cartons ont en effet compliqué la vie des Catalans, avec notamment « un carton jaune, un orange, un contest » infligés à la première ligne. Malgré ces difficultés et une infériorité numérique, le staff avait préparé tous les scénarios possibles. « On avait bossé toutes les possibilités des matchs. Ça arrive de gagner des matchs à quatorze, même si c’était un orange. La réaction des joueurs et du capitaine nous a permis de renverser la situation », souligne Labit.
Peceli Yato, l’homme du match
Le tournant s’est produit avec l’entrée en jeu de Peceli Yato, troisième ligne fidjien, dont l’impact physique et défensif a changé la physionomie de la rencontre. « La rentrée de Yato est déterminante », reconnaît le manager. Grâce à l’apport de joueurs expérimentés et la profondeur du banc, l’USAP a fait craquer Provence Rugby en fin de match : « Il y a des internationaux qui ont fait la différence. Il fallait créer des séquences qui durent. Ils ont bien défendu, mais au fur et à mesure, on a vu des mecs par terre et on passe devant. »
Plusieurs moments clés ont scellé le sort de la rencontre, notamment un essai inscrit après une pénalité rapidement jouée qui a infligé un coup dur à Provence Rugby. « Provence a connu des temps forts, mais on a marqué avec cette pénalité vite jouée qui est le tournant du match. Cet essai leur fait mal », commente Laurent Labit.
L’interception décisive de Peceli Yato a également été un moment charnière. « Le deuxième tournant est l’interception de Peceli Yato. »
« Je n’ai jamais eu peur »
Malgré la tension et la pression, Laurent Labit assure avoir su garder son sang-froid, fort de son expérience. « Je n’ai jamais eu peur. J’ai déjà vécu ça et il fallait trouver les solutions. » L’équipe a su capitaliser sur les erreurs adverses et les cartons reçus par Provence Rugby. « Provence Rugby a aussi fait des fautes et on a agi quand ils ont pris des cartons. On ne voulait pas qu’ils retrouvent un second souffle. »
La blessure d’Urdapilleta, un coup dur
La veille du match, l’USAP a perdu Benjamin Urdapilleta sur blessure, un coup dur qui a perturbé le staff et le groupe. « Hier, je n’ai pas trop dormi, avec la blessure de Benjamin Urdapilleta. Ça a perturbé les choses, surtout la remise des maillots », confie Labit, qui a tenté de cacher son inquiétude aux joueurs : « On ne doit pas montrer au groupe que cela nous perturbe. Hier soir, j’étais moins bien. »
Un hommage appuyé a été rendu à l’ouvreur argentin, contraint de déclarer forfait au dernier moment. « C’était très frustrant pour lui. Il était venu pour sauver le club. Il y avait aussi ce record. » Pourtant, son attitude a été exemplaire : « Il n’a rien dit hormis qu’il était désolé pour l’équipe. Il a été très classe avec Jack. »
Déjà tourné vers l’avenir
Après ce maintien arraché au prix d’efforts considérables, l’USAP entend désormais éviter ce type de scénario à l’avenir. « On a des joueurs avec une mentalité exceptionnelle », se réjouit Labit, confiant dans la capacité de son groupe à progresser. L’objectif est clair : « On va reprendre notre saison avec tout l’effectif et cette fois-ci on sera prêt dès septembre et on essaiera de ne pas attendre décembre pour gagner des matchs. »
L’USAP peut souffler, mais garde déjà le regard fixé sur la prochaine saison.







