À quelques jours des demi-finales du Top 14, Émile Ntamack affiche une confiance inébranlable en son club de cœur, le Stade Toulousain. Membre éminent de la génération qui a dominé le rugby français en remportant quatre Boucliers de Brennus consécutifs entre 1994 et 1997, l’ancien ailier international voit dans l’équipe actuelle les moyens de dépasser cet exploit historique.
Dans un long entretien accordé à Midi Olympique, Ntamack ne cache pas son admiration pour le travail d’Ugo Mola. « Oui, parce que je connais la qualité de ce groupe construit par Ugo depuis des années », affirme-t-il. Malgré une fin de saison régulière jugée moins impressionnante, il reste convaincu que le véritable Stade Toulousain réapparaîtra au moment décisif. « S’il s’exprime à son plein potentiel, je ne vois pas d’équipe lui tenir tête », insiste-t-il, soulignant l’unicité du potentiel toulousain en France.
L’ancien international salue aussi la capacité du club à se renouveler constamment. « Je suis admiratif parce que les saisons sont longues et que le renouvellement n’est jamais évident, mais le staff a toujours su être innovant et maintenir une progression constante. » Même les récentes performances en deçà ne l’inquiètent pas : « Les phases finales, pour Toulouse, démarrent à Marseille. »
Au-delà d’un nouveau titre, Ntamack estime que cette équipe entend laisser une trace durable dans l’histoire du club. Il évoque avec fierté des joueurs comme Dupont, Ramos, Flament, Baille ou encore son propre fils Romain, décrivant leur ambition : « Ils veulent marquer l’histoire du club de leur empreinte. » Ce défi est inscrit dans l’ADN du club, rappelé quotidiennement aux joueurs qui voient « notre ligne du temps, sur plusieurs générations. » Avec un sourire, il raconte même une anecdote sur la génération actuelle : « Je ne sais plus de quel nom Ugo l’a affublé, mais il y a aussi la leur avec “incroyable” et un point d’interrogation. »
Sur la course au titre, Ntamack tempère : « Oui, mais elle l’est surtout si on laisse la porte entrouverte pour que les autres équipes y croient (sourire). »
Côté palmarès, le record des années 90 demeure une référence. Mais loin de vouloir le préserver jalousement, Ntamack appelle les jeunes Toulousains à aller plus loin. « J’ai toujours cru qu’ils seraient capables, non seulement d’égaler, mais de battre notre génération. » Pour lui, ce groupe a le potentiel et l’exigence nécessaire : « J’espère qu’ils le feront, parce qu’ils le méritent et se remettent en question sur chaque compétition. » Et d’ajouter avec conviction : « Elle a la capacité à être extra-extraordinaire. » Avant de lancer un défi clair : « Surtout, je me dis : si eux ne le font pas, mais qui le fera ? »
L’ancien ailier rejette toute rivalité entre générations. « Mais garder quoi ? Jamais de la vie ! » lance-t-il. Selon lui, les exploits passés ne sont que le socle sur lequel les jeunes peuvent bâtir : « On a fait toutes ces choses justement pour qu’elles soient battues un jour. » Son message est limpide : « Égaler notre record, et le battre, c’est ce qu’on attend d’eux parce qu’ils ont les moyens de le faire. »
À ses yeux, cette génération est déjà exceptionnelle. Mais à l’aube des phases finales qui s’ouvrent cette semaine à Marseille, Émile Ntamack est persuadé que le Stade Toulousain a encore de belles pages à écrire dans son histoire.






