Le Top 14 envisage un retour à Barcelone pour ses demi-finales
Le Top 14 pourrait bientôt poser ses valises à Barcelone lors d’un de ses événements majeurs. Alors que la Ligue nationale de rugby (LNR) doit prochainement annoncer les villes hôtes des demi-finales pour les saisons 2028, 2029 et 2030, Emmanuel Eschalier, directeur général de la LNR, a confirmé que la candidature de la capitale catalane était sérieusement à l’étude.
Une candidature qui s’appuie sur un précédent marquant : « La finale 2016 à Barcelone a été l’immense succès qu’on connaît. On a fait les demi-finales à Saint-Sébastien en 2023. » Cette expérience positive incite la Ligue à envisager à nouveau un grand rendez-vous du rugby français hors des frontières : « Est-ce que les demi-finales peuvent avoir lieu dans un pays limitrophe, où les conditions sont réunies pour que les supporters des quatre clubs puissent se rendre de façon raisonnable en termes de distance ? La réponse est oui. »
Emmanuel Eschalier insiste : « On ne s’interdit rien. Le Top 14 a une dimension internationale et donc vocation à s’exporter. » Il précise toutefois que la décision sera prise jeudi : « Après, est-ce que Barcelone sera choisie sur le cycle 2028-2030 ou sur le suivant ? Réponse ce jeudi… »
Un événement très convoité
L’engouement autour des demi-finales du Top 14 ne cesse de grandir. « Nous avons reçu de très nombreuses candidatures avec de très belles propositions, à la fois en termes de conditions d’accueil dans le stade, de conditions d’animation dans la ville, d’opérations autour du rugby toute l’année dans le territoire, » souligne Eschalier. Aujourd’hui, cet événement est devenu l’un des plus recherchés en France : « C’est un événement que les villes et les stades souhaitent accueillir. »
Un impact économique de 20 millions d’euros
Les retombées économiques expliquent largement cet engouement. « C’est un événement qui fait rayonner la ville, qui amène de la convivialité, des moments extraordinaires pendant 48 ou 72 heures, » détaille la LNR. Les chiffres sont éloquents : « Il y a un impact économique massif, évalué à hauteur de 20 millions d’euros avec près de 80 % des spectateurs qui viennent de départements autres que celui qui accueille les demi-finales. » De plus, « beaucoup de spectateurs découvrent la ville pour la première fois et le panier moyen est de près de 350 euros par personne. »
Un levier pour le développement du rugby local
Au-delà de l’aspect financier, la LNR met en avant les bénéfices sportifs pour les territoires concernés : « À chaque fois que les demi-finales du Top 14 se disputent dans une ville où il n’y a pas de club professionnel, c’est un accélérateur de développement pour l’intérêt pour le rugby, pour le développement de la pratique. » Pour maximiser cet effet, des actions sont menées en amont : « Nous essayons de capitaliser très en amont sur ces 48 heures de fêtes en menant des opérations dans les écoles, des opérations d’initiation au rugby, en travaillant avec les acteurs locaux pour faire découvrir le rugby dans les quartiers prioritaires. »
Emmanuel Eschalier résume ainsi la portée de ces rencontres : « Les demi-finales sont un outil d’attractivité pour faire découvrir notre sport. Ça diffuse de l’énergie chez tous ceux qui font vivre le rugby localement. »
Une fête populaire, conviviale et sécurisée
La convivialité, propre à la culture rugby, reste un argument clé dans le choix des villes. « Ces demi-finales sont des moments de mélange et de partage entre supporters, » affirme le dirigeant. « Ça crée des moments de convivialité, de partage, en toute simplicité, dans la bonne humeur, sans aucun stress sécuritaire. »
Cette réputation séduit autant les collectivités que les commerçants. « Est-ce que le fait qu’on sait que ce sera une fête, qu’il n’y aura pas de débordement, que les supporters sont mélangés et que tout se passe bien, est un argument qui séduit les villes candidates ? Oui. Mais absolument pas par opposition au football, qui est un sport extrêmement populaire et universel. On a nos propres caractéristiques. Ces demi-finales sont des moments de mélange et de partage entre supporters. Et je pense qu’effectivement c’est très apprécié par les villes, les pouvoirs publics, les commerçants, la population. Parce que ça crée des moments de convivialité, de partage, en toute simplicité, dans la bonne humeur, sans aucun stress sécuritaire. On essaie de cultiver ça, mais absolument pas en comparaison avec d’autres événements ou d’autres sports. Tout simplement parce que c’est notre ADN, notre patrimoine, et qu’on souhaite le maintenir à tout prix, en en faisant une force autant qu’un héritage. »
Si Barcelone ne venait pas à être choisie cette fois, la LNR laisse entendre que la capitale catalane pourrait néanmoins accueillir un futur grand événement du rugby français, confirmant ainsi son importance croissante dans l’écosystème du Top 14.







