Nolann Le Garrec, héros breton de la victoire française à la Rabine
Vendredi soir, Nolann Le Garrec a vécu une soirée exceptionnelle. Le demi de mêlée de La Rochelle a largement contribué au succès de France A face à l’Angleterre XV (35-19), dans un stade de la Rabine qui vibrait pour lui. Né à Vannes, le joueur de 23 ans disputait là son premier véritable match à domicile, sur la pelouse de son enfance. Entre l’essai marqué, les célébrations et l’émotion intense de jouer devant ses proches, ce moment restera gravé dans sa mémoire.
« Oui ! Je confirme. Au final, je pense que ce n’est pas forcément dans les grands stades etcaetera…. C’est vraiment quand il y a la famille et quand c’est vraiment chez toi que… En tout cas c’est ce qui me touche le plus. Voilà, j’étais extrêmement fier de pouvoir jouer ici, on a dormi dans un domaine à deux kilomètres de chez moi. J’avais presque toute ma famille qui était ici, je ne pouvais pas rêver beaucoup mieux. Franchement, je suis très content », confie-t-il à Midi Olympique.
Si son essai devant le public breton a embelli la fête, Le Garrec préfère insister sur la performance collective : « Oui, c’est anecdotique. Honnêtement, je pense qu’aujourd’hui, la copie qu’on a rendue avec un seul entraînement pour certains et nous, Rochelais, juste une mise en place, c’est vrai qu’on est plutôt contents. On a réussi par séquence à mettre notre jeu, que je marque, c’est anecdotique mais ça fait plaisir chez soi, forcément de pouvoir participer à la fête et faire plaisir au public. »
La Bretagne était à l’honneur sur cette pelouse. Après son essai, Nolann Le Garrec a célébré en enroulant un drapeau breton autour de la taille, lançant un vibrant « Ici c’est la Rabine ». Un hommage qui traduisait sa fierté d’appartenir à son territoire : « Aujourd’hui il faut remercier le public qui avait fait le déplacement. On a été poussé comme si c’était le club de Vannes. Je remercie aussi la fédération d’avoir pensé au territoire breton. Ça met en valeur tous les gens qui bossent ici depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, ça brille un peu mais il y a des gens qui bossaient aussi quand ça brillait moins. Je pense qu’aujourd’hui, au-delà des performances de Vannes, c’est mettre en valeur tout le territoire. Et voilà, je suis très heureux pour ça aussi. »
Cinq jours à peine après un barrage de Top 14 avec La Rochelle, le défi physique était important. Malgré une préparation allégée, Le Garrec estime que le groupe a répondu présent : « Oui, ça va. Avec “Totoy” (Antoine Hastoy), on était un petit peu fatigué physiquement. Comme je l’ai dit, on a été très allégés sur la semaine vu qu’on n’a fait que le “team run”. Mais c’est vrai qu’on a des automatismes et je pense que le jeu de l’équipe de France se sert des qualités rugbystiques des joueurs. Je pense qu’on parle le même langage et on peut peaufiner encore plein de choses, évidemment. Par séquences, comme je l’ai dit, on a montré de belles choses. »
Malgré sa volonté de « faire comme si c’était normal », le retour à Vannes a réveillé chez lui une émotion intense : « Pas forcément stressé, mais je me demandais si je n’allais pas laisser trop d’énergie. Je l’avais déjà vécu avec le Racing en venant jouer ici. Là, j’ai essayé de faire comme si c’était normal. Mais c’est vrai qu’arrivé au stade, je connaissais tous les stadiers ou presque. Je connais aussi celle qui s’occupe des ramasseurs de balles, j’ai traîné avec elle pendant des années. Donc c’était dur de faire abstraction. Mais je pense que le terrain reprend vite sa place. »
Satisfait de la prestation globale des Bleus, il considère cette première sortie comme une base solide pour la tournée : « Je trouve. On a eu une petite période où on a été un peu sous pression dans notre camp. Mais dès qu’on a réussi à mettre la main sur ce ballon, je trouve qu’on a été efficace. On a eu peu de déchets finalement sur les occasions qu’on a eues et je pense qu’on peut finir encore quelques coups. Je trouve que c’est très bien et il faut qu’on garde ça. On sait que c’était aussi un match de préparation pour la suite. J’espère qu’on va monter en puissance à partir de ce match. »
Le changement de rythme observé après la pause s’explique en partie par une meilleure gestion du ballon : « Je pense qu’on était un peu tombé dans un faux rythme à la fin de la première période. Ils avaient aussi été bons stratégiquement. On a essayé de tenir un peu plus le ballon. On était face au vent aussi. On a essayé de tenir le ballon et on a créé du désordre et un jeu de mouvement qui nous a plu. Tant mieux, j’ai envie de dire. Je pense qu’on a été efficace aussi, comme je l’ai dit, sur les occasions qu’on a eues. On a réussi à creuser assez vite le score. »
Si quelques réglages défensifs restent à parfaire, Le Garrec se veut confiant : « La défense de conquête, c’est un orchestre collectif. C’est vrai que peut-être qu’en un entraînement, c’était dur de voir tous les scénarios. On a mis des choses en place qui fonctionnent, mais c’est vrai qu’on ne pouvait pas prévoir tous les scénarios. Je pense que nos prochains entraînements vont nous permettre aussi, grâce à ce qu’a proposé l’Angleterre, de peaufiner. On a remis des axes forts sur la défense qui ont marché pour la plupart. C’est vrai qu’on a pris ce lancement, mais ce sont aussi des connexions entre les joueurs, ça va le faire. »
La célébration de son essai, touchante et pleine d’émotion, était pour lui une libération : « Si je relâche, c’est peut-être ce que j’ai tout gardé avant, pour faire abstraction. Je suis un joueur qui est assez froid, qui paraît assez froid, mais c’est vrai que j’ai aussi de l’émotion en moi. J’avais besoin de la lâcher à ce moment-là. J’ai montré que j’étais chez moi, pour rire. J’avais rigolé avec des copains en disant que je ferais cette célébration si je marquais, je suis content de l’avoir fait. Je respecte bien évidemment l’adversaire, mais c’était pour le public. J’ai mon tatouage d’hermine au poignet, c’était pour dire que c’était à la maison. »
Ce match représente une étape marquante dans la carrière du jeune Breton : « C’est vrai que je le disais avant ce match, je n’avais jamais joué ici en tant que joueur à domicile. J’ai joué avec le Racing, ça avait été un très bon moment aussi, mais je jouais face à mon club. C’est un club dans lequel j’ai été formé, mais je n’avais jamais eu l’occasion de jouer ici aussi. Je suis parti assez tôt au Racing. Je l’ai “badé”, ce stade. Mon papa entraîne, on va dire que j’ai reniflé cette pelouse, mais sans vraiment le fouler. Et là, je pense que le public breton est fier et je pense qu’aujourd’hui il y a de la fierté bretonne. Ils sont un peu chauvins aussi (rires), donc je pense qu’ils m’ont soutenu. Je pense qu’ils ont soutenu aussi beaucoup tous les autres joueurs, mais c’est vrai que ça fait plaisir. Ce n’est peut-être pas le match qui avait le plus d’enjeux dans ma carrière, mais c’est un match dont je me souviendrai toute ma vie, c’est sûr. »
La reconnaissance est venue aussi de ses adversaires. Jamie George, capitaine anglais, l’a félicité après la rencontre : « Il m’a dit qu’il était content pour moi, qu’il ne savait pas que je venais d’ici, mais qu’il l’avait senti et qu’il était content pour moi et qu’il espérait que ma tournée se passerait bien. »
Le demi de mêlée a aussi salué la prestation de ses coéquipiers, notamment Marco Gazzotti et Mickaël Guillard : « Marco, je pense qu’il est dans la continuité de sa saison. On l’a vu en Coupe d’Europe, il a eu un abattage exceptionnel, qu’il a eu aussi ce soir. En ayant, je pense, peu de ballon entre guillemets, parce qu’au final on n’a peut-être pas tenu le ballon autant qu’on aurait voulu, mais c’est vrai, il a eu un abattage exceptionnel. Je pense qu’il est dans la continuité de ce qu’il fait en club. Il maintient ses standards, je pense. »
À propos de Guillard, porteur du brassard, il souligne son rôle de leader : « Je pense que c’est aussi un leader d’action. Il a été impressionnant ces dernières saisons, même avec l’équipe de France. On sait l’abattage qu’il a, il n’a pas eu besoin de trop parler pour fédérer les mecs derrière lui. Il s’est aussi appuyé, il est intelligent, il s’est appuyé sur quelques relais pour construire







