Pour sa première sortie en tant que capitaine du XV de France A, Mickaël Guillard a brillé. Mardi soir à Vannes, le deuxième ligne lyonnais a mené les Bleus à une victoire convaincante face à l’Angleterre XV (35-19), une performance qui ouvre de belles perspectives pour la suite de la tournée estivale.
De retour à la compétition après plusieurs semaines d’absence, Guillard a partagé ses impressions sur son nouveau rôle, salué les prestations de ses coéquipiers et salué l’ambiance particulière du stade de La Rabine.
### Un premier capitanat réussi
La victoire contre l’Angleterre a laissé une saveur particulière au natif de Lyon. Interrogé par *Midi Olympique*, Guillard a confié :
« Ce premier capitanat est plutôt positif. Je suis content, avec une belle victoire ici à La Rabine, face à l’Angleterre. Les mecs s’y sont filés, je suis fier des joueurs qui ont joué, et fier du staff. J’avais abordé ce rôle naturellement, je ne me suis pas mis plus de pression que ça. J’ai essayé d’apporter, entre guillemets, l’expérience que j’ai pu acquérir avec mes sélections précédentes. J’ai juste dit aux mecs de jouer comme ils savent le faire en club. Je leur ai dit : “Si vous êtes là, c’est que vous êtes bons, que vous faites partie des meilleurs. Donc, jouez simplement, ayez confiance dans les mecs à côté de vous. On est tous de bons joueurs, même si on ne se connaît pas forcément tous très bien.” Et voilà, tout le monde s’est envoyé et ça donne ce résultat. »
Malgré un temps limité ensemble, le groupe a montré une belle cohésion et une capacité à surmonter les difficultés. Lorsqu’ils ont encaissé un essai dès la 50e seconde, Guillard a encouragé ses coéquipiers à garder leur calme :
« Oui, je suis très fier de ce match sur ce point. Surtout qu’on prend un essai au bout de 50 secondes de jeu, sur le premier lancement. À ce moment-là, on s’est dit que ça pouvait très vite devenir compliqué, mais on ne s’est pas affolés. J’étais aussi bien entouré parce qu’il y avait d’autres mecs qui avaient de l’expérience. Je pense à Nolann (Le Garrec) et à Antoine (Hastoy). Eux ont quand même l’habitude des matchs internationaux. Au centre, c’est pareil. J’étais donc bien épaulé. Il y avait quand même des mecs qui avaient fait de gros matchs à enjeux cette saison. Je pense aux Bordelais. C’est sûr que ça a facilité un peu mon travail. Et au final, les nouveaux se sont donnés à fond et ont aussi fait un gros match. »
### Un retour attendu après deux mois d’absence
Absent depuis le 25 avril, Guillard admet que sa remise en marche n’a pas été simple physiquement :
« On ne va pas se mentir, ça a été dur (il rigole). Heureusement, je me suis bien préparé. Je remercie les préparateurs physiques de Lyon et les kinés, qui se sont bien occupés de moi, ainsi que ceux de l’équipe de France aussi. On savait que j’avais des chances d’être retenu pour ce match. Si mon club avait été qualifié, j’aurais également postulé pour le barrage ou pour la suite. Mais bon, malheureusement, on a fini onzièmes… (Il se marre encore). Bref, il n’y a pas eu de barrage. Au final, je me suis senti bien. Surtout, je n’ai eu aucune appréhension pour ce genou. »
Parmi les satisfactions de la soirée, le capitaine a mis en lumière la prestation de Marko Gazzotti, prometteur numéro 8 bordelais :
« Il a été formidable. Quand je suis sorti, sur le banc des remplaçants, je me suis amusé à imaginer qui serait élu homme du match. Il faisait partie de mon trio avec Temo (Matiu) et Tom (Staniforth). Il n’a que 21 ans… Je pense que cette tournée va être une grande opportunité et qu’il va pouvoir se révéler sur la scène internationale, parce que les matchs qu’il a faits en fin de saison avec l’UBB ont été costauds, notamment la finale de Champions Cup. Il peut faire partie de la relève pour l’équipe de France au poste de numéro 8. »
### Des hommages à Staniforth et Arfeuil
Guillard n’a pas manqué de saluer également la solidité de son partenaire en deuxième ligne Tom Staniforth :
« On savait déjà, en regardant les matchs de Castres, qu’il aimait toucher des ballons et qu’il bougeait beaucoup. On l’a encore vu ce soir. Franchement, il a été formidable. Il a tenu 80 minutes. Il m’a dit : “Là, ça va vite et ça pique.” Mais sinon, je suis content pour ce genre de mec, parce qu’il fait partie de ces joueurs qui ont fait tout le Tournoi des Six Nations en venant trois jours, puis repartaient en club sans jouer. Il avait toujours le sourire. Il a toujours permis à l’équipe de bien se préparer. Aujourd’hui, il a pu enfin porter ce maillot. C’est une belle récompense pour lui. »
Le capitaine a aussi exprimé toute sa tristesse à l’égard de Grégoire Arfeuil, contraint de quitter la pelouse sur blessure :
« Je lui ai dit que j’étais désolé pour lui, mais c’est un super joueur. Comme Tom, il fait partie de ces mecs qui sont venus pendant le Tournoi des 6 Nations, qui ont aidé l’équipe à se préparer et qui n’ont pas eu la chance de porter le maillot en raison d’une très forte concurrence. On ne va pas se mentir : en équipe de France, il y a de la concurrence partout. Évidemment, je suis triste pour lui. Ça m’a fait penser, malheureusement, au même cas de figure que Maël Moustin l’année dernière, qui s’était blessé à Twickenham. C’est triste de voir des mecs qui se battent, qui ont fait tous les entraînements de la tournée, qui peuvent enfin porter ce maillot et qui sortent malheureusement sur blessure. »
### Séduit par l’ambiance bretonne
La soirée a également été marquée par l’ambiance bouillante du stade de La Rabine. Guillard a tenu à remercier chaleureusement le public breton :
« Franchement, les Bretons savent recevoir. On a eu 12 000 personnes qui ont été à fond derrière nous, avec une très belle ambiance dans ce petit stade. Ça nous change des stades où l’on a l’habitude de jouer avec l’équipe de France. Franchement, ça fait plaisir de pouvoir évoluer en Bretagne, que le rugby français se déplace sur d’autres territoires, dans d’autres régions. Bref, ça n’a été que du plaisir d’être ici à La Rabine. »
Pour le capitaine du XV de France A, ce succès est plus qu’une simple victoire : il constitue un socle solide pour la suite.
« L’année dernière, on avait eu le même cas de figure quand on avait gagné à Twickenham. Ça avait bien structuré le groupe. C’est avec les victoires qu’on arrive à avancer. Ça va nous permettre de briser un peu la glace entre nous. Et franchement, ça peut faire quelque chose de très beau pour le premier match en Nouvelle-Zélande. Après, je ne sais pas qui sera sélectionné. Ça reste le choix du staff et du sélectionneur. Ce sont des choses qu’on ne maîtrise pas. Mais je pense que les 23 qui ont joué aujourd’hui ont tout fait pour pouvoir partir en tournée. »







