Patrice Collazo, l’homme qui a remis le Racing 92 sur les rails
Seize mois après son arrivée au Racing 92, Patrice Collazo a transformé le club francilien. À la tête de l’équipe, il l’a conduit jusqu’en demi-finale du Top 14 face au Stade Toulousain, faisant taire les doutes sur ses capacités.
Derrière l’image du manager rugueux se cache un personnage bien plus complexe. Lorsque Collazo rejoint le Racing, celui-ci cherche un nouveau souffle. Jacky Lorenzetti regrettait un groupe « devenu trop lisse et trop résigné ». L’ancien entraîneur de La Rochelle impose alors sa personnalité, son franc-parler et son talent pour fédérer un vestiaire. Aujourd’hui, personne n’envisage le Racing comme une simple victime face à Toulouse.
Pour Michel Maillet, président du secteur amateur de l’UBB et proche de Collazo, ce succès est parfaitement mérité : « Patrice va faire au Racing ce qu’il a fait à La Rochelle : il va construire un truc en béton, un projet qui va durer. »
Un flair unique pour révéler les talents
L’une des grandes forces de Collazo réside dans sa capacité à détecter et révéler les talents. Yannick Bru, qui a travaillé avec lui au Stade Toulousain, témoigne : « Patrice, il a du flair, un vrai talent de maquignon. Il sent les athlètes, cerne les hommes et comprend les équilibres d’une équipe : c’est lui qui a lancé Grégory Alldritt, lui qui est allé chercher Uini Atonio ou Levani Botia dans l’hémisphère Sud. »
Au Racing, cette aptitude s’est confirmée avec la révélation de Shingirai Manyarara, le repositionnement réussi de Vinaya Habosi au centre ou encore la renaissance de Nathan Hughes.
Une loyauté parfois conflictuelle
Sous son apparence dure, Collazo est aussi connu pour sa loyauté à toute épreuve. En 2017, lors d’un match du XV de France contre le pays de Galles, il a violemment reproché à Yannick Bru la sortie tardive d’Uini Atonio : « Yannick, t’as insulté Uini, t’as insulté mon travail, t’as insulté La Rochelle. Mais tu te prends pour qui ? Avec moi, c’est terminé. » Les deux hommes sont restés brouillés plus d’un an avant de se réconcilier. Bru reconnaît aujourd’hui : « Derrière ça, il a toujours été là quand j’ai connu des moments difficiles. Je lui dois beaucoup. »
« Un volcan attachant »
Ancien joueur connu pour son engagement total, Collazo a conservé cette exigence en tant qu’entraîneur. Kéké Muesser, ancien président de La Seyne-sur-Mer, se souvient d’un derby juniors particulièrement chaud où le jeune Collazo avait déjà montré son tempérament : « Patrice n’a pas fait exprès, monsieur l’arbitre. Il en a juste plein le cul que vous nous empêchiez de nous expliquer avec les Niçois ! »
Malgré ce caractère explosif, ses proches soulignent souvent sa fidélité, son intégrité et son côté attachant. À une époque où les départs se négocient souvent âprement, Collazo a quitté La Rochelle puis Toulon sans jamais réclamer le moindre centime. Deux départs réglés par une simple poignée de main, une « méthode à l’ancienne » qui résume bien l’homme derrière le coach.







