À quelques jours de la finale du Top 14 entre Toulouse et Montpellier, Thibaud Flament, deuxième ligne du Stade Toulousain et du XV de France, a choisi de mettre de côté le rugby pour se confier sur un sujet profondément personnel.
Invité du podcast d’Enora Malagré, il a livré un témoignage poignant sur le parcours de procréation médicalement assistée (PMA) qu’il traverse avec son épouse Ethel, atteinte d’endométriose. Ce témoignage éclaire aussi les raisons de son forfait au lancement du Tournoi des Six Nations en janvier dernier.
### Une décision difficile à assumer
Le 21 janvier, l’annonce de son absence lors du match contre le pays de Galles avait surpris le milieu du rugby. Pour la première fois, Thibaud Flament a fait passer sa vie privée avant ses obligations sportives.
« Ça n’a pas été simple de prendre cette décision parce que beaucoup de choses se mélangeaient », confie-t-il. « Il y avait notre projet de vie et de couple qui était sur la table. Ces deux sujets allaient dans deux directions opposées. »
Le Toulousain dévoile l’urgence médicale : « Ma femme a une réserve ovarienne très faible, proche de celle d’une femme de 45 ans alors qu’elle a 29 ans. »
### « Beaucoup de doutes et peu de certitudes »
S’absenter au début d’une compétition aussi importante que le Tournoi des Six Nations représente un risque sportif majeur. « C’était le Tournoi des Six Nations, la Coupe du monde arrive bientôt… C’est une période où il faut être le plus présent possible sportivement », explique-t-il.
« Ne pas jouer ce match, c’était laisser la place à quelqu’un d’autre. Il n’y avait pas la garantie que j’allais revenir, que je pourrais jouer… »
Cette décision s’est accompagnée d’une grande incertitude : « Il y avait beaucoup de doutes et peu de certitudes à la suite de cette décision. »
### Un soutien indispensable
Après l’implantation embryonnaire, Flament a rejoint les Bleus pour disputer les quatre dernières rencontres du Tournoi, mais son esprit restait tourné vers son épouse. « Tous les jours, je venais aux nouvelles à distance », raconte-t-il. Il a vite deviné : « Je me dis au bout d’un moment : c’est sûr qu’elle fait des tests de grossesse et qu’elle ne me dit rien. »
Ethel souhaitait lui permettre de rester concentré sur la compétition.
La première tentative de PMA a finalement été un succès. Mi-avril, le couple a annoncé attendre leur premier enfant. Pour Thibaud Flament, le soutien du Stade Toulousain et du XV de France a été un facteur clé. « Quand j’en ai parlé au sélectionneur de l’équipe de France, il m’a dit : “pas de souci, je comprends”. »
« Ça m’a beaucoup aidé aussi, de voir que c’était accepté », confie-t-il.
### Sensibiliser sur l’endométriose et la PMA
Au-delà de son histoire personnelle, Flament a choisi de rendre publique cette épreuve pour briser le silence autour de l’endométriose et de la PMA. « On s’est dit que c’était l’occasion de parler d’endométriose, de la PMA. Pour nous, c’était évident qu’il fallait en parler. »
Cette prise de parole a été chaleureusement accueillie : « On a reçu beaucoup de soutien, beaucoup d’amour. »
Avec joie, il conclut : « On est super heureux, on s’estime très chanceux aussi. On a hâte. »
À l’image de son coéquipier Thomas Ramos, engagé lui aussi dans cette cause, Thibaud Flament révèle une dimension humaine qui transcende largement le cadre sportif.







