La leçon toulousaine n’a pas ébranlé Joan Caudullo. À six jours de la finale du Top 14 face au Stade Toulousain, le manager du Montpellier Hérault Rugby (MHR) refuse de changer sa stratégie. Sa recette ? Continuer à appliquer les principes qui ont fait du MHR l’une des équipes les plus solides du championnat avec 23 victoires sur ses 26 derniers matches.
### Une semaine normale pour préparer le choc
Au lendemain de la qualification face au Stade Français, la priorité pour Montpellier est claire : récupérer. Joan Caudullo insiste pour ne pas transformer cette semaine en un événement exceptionnel. « On va essayer de faire une semaine normale, en travaillant ce qu’on a l’habitude de faire, ce qui nous a permis d’être second au classement. Je pense qu’il faut avoir de la fraîcheur parce qu’on a un jour de moins de récupération par rapport à Toulouse. »
La fatigue commence à se faire sentir chez les joueurs comme chez le staff, ce que le manager prend en compte. « C’est important de se régénérer parce que nous, même le staff, on se sent un petit peu fatigué. » La charge physique sera donc réduite au profit du travail tactique : « On va parler beaucoup de la stratégie. Mais physiquement, je vais les laisser tranquilles pour qu’ils soient aptes à faire un match de rugby samedi. »
### La peur, un piège à éviter
Pour Caudullo, le plus grand danger serait de focaliser toute son énergie sur l’adversaire. Le manager estime que le Racing 92 a subi cette erreur face à Toulouse : « Si on commence à regarder Toulouse, on va faire comme a fait le Racing. » Son choix est clair : rester concentré sur son propre jeu. « Nous, c’est l’erreur à ne pas faire, c’est vraiment se concentrer sur nous-mêmes, et arriver à faire ce qu’on fait de bien depuis le mois de décembre maintenant. »
### Un Stade Toulousain redoutable mais pas intimidant
Contrairement à beaucoup, Joan Caudullo n’a pas été surpris par la démonstration toulousaine contre le Racing 92. « Moi, elle ne me fait pas peur parce que je le savais. » Il souligne la présence des grands joueurs qui savent élever leur niveau dans les moments cruciaux. « Les grands joueurs, ils sont là dans les grands moments. Les grands joueurs qui ont été là contre le Racing, ça s’est vu. »
Conscient de la difficulté qui attend son équipe : « On sait que ça va être compliqué. Parce que c’est une finale Top 14 et ils seront là. »
### La vraie force de Toulouse : la puissance devant
Selon Caudullo, beaucoup s’égarent en analysant le Stade Toulousain uniquement à travers son jeu de mouvement. « J’entends beaucoup de choses sur le fait que Toulouse déplace le ballon. Toulouse va mettre du jeu de mouvement, qu’ils vont nous faire péter. » Pourtant, pour le manager montpelliérain, la clé réside ailleurs : « Toulouse, avant tout, en phase finale, c’est une équipe qui domine l’adversaire physiquement et surtout devant. »
Le MHR devra mener un combat intense pour rester dans la rencontre jusqu’au bout : « On a un gros combat à mener là-dessus pour ne serait-ce que rester dans le match jusqu’à la 80e. »
### Pas de plan anti-Dupont, mais vigilance maximale
Interrogé sur Antoine Dupont, carton plein face au Racing, Caudullo se montre pragmatique. « Je trouve que les joueurs jouent bien avec lui, donc obligatoirement, un plan anti-Dupont, ça va laisser de la place aux autres. » Néanmoins, il reconnaît l’importance du capitaine des Bleus : « C’est toujours un grand joueur, c’est toujours le meilleur de notre championnat, voire plus. »
### « On va faire la guerre »
Malgré les pronostics qui ne favorisent pas Montpellier, le discours est combatif. Le MHR refuse de jouer les victimes. « Oui, bien sûr. Après, bien sûr que ce match fait peur et que je n’ai pas envie qu’on finisse comme le Racing, comme Bordeaux. » Mais le message est clair : « Maintenant, on va se préparer à faire la guerre. On verra si ça marche ou pas. Mais en tout cas, on est déterminés à ça et on a envie d’y arriver. »
### Miotti, symbole de la résilience montpelliéraine
Enfin, le manager a tenu à saluer la progression impressionnante du demi d’ouverture Domingo Miotti, devenu un élément clé du MHR. Une forme de mea culpa a même été formulée : « Je ne pensais pas que ce joueur-là allait réaliser une saison comme ça, et j’avais zéro confiance en lui l’année dernière, pour être très clair. »
Mais le joueur a su le convaincre : « Je l’ai enterré, j’avais fait le trou, mais il est resté là, et aujourd’hui c’est notre meilleur 10, c’est un de nos meilleurs joueurs. »
À l’image de Miotti, Montpellier surgit désormais comme un outsider déterminé à bousculer le favori. Dans six jours, le MHR tentera de décrocher un nouveau Bouclier de Brennus face au géant toulousain.







