Championne d’Europe à deux reprises, l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) se prépare à ouvrir sa campagne de réabonnements pour la saison 2026-2027. Porté par un engouement exceptionnel, le club est toutefois confronté à une vive contestation autour de sa nouvelle grille tarifaire, marquée par des hausses parfois importantes et un redécoupage des secteurs du stade Chaban-Delmas.
Les abonnés de la saison passée disposent d’un délai jusqu’au 30 juillet pour renouveler leur place. Comme l’année dernière, 22 000 abonnements seront proposés, dont 4 000 réservés aux offres VIP, afin de maintenir un équilibre entre fidèles, nouveaux supporters et spectateurs occasionnels. Si l’abonnement d’entrée de gamme reste fixé à 140 euros (100 euros en tarif réduit), certains emplacements connaissent des augmentations substantielles, qui font grincer des dents.
Un internaute a par exemple calculé une hausse de 27,3 % pour la formule la plus abordable, tandis que la catégorie la plus prestigieuse, affichée à 900 euros, voit son prix croître de 11,1 %. Un redécoupage du stade complique par ailleurs la donne. Marlène et Thibaut, un couple de passionnés, voient ainsi leur abonnement bondir de 350 à 530 euros chacun après ce réajustement tarifaire.
« En changeant de catégorie, le tarif passe de 350 à 530 euros chacun. On adore l’UBB mais on ne peut pas se le permettre, on essaiera d’avoir des places pour quelques matchs dans la saison », confient-ils dans Sud-Ouest, exprimant une frustration partagée par plusieurs supporters.
Face à ce mécontentement, les dirigeants reconnaissent un manque de communication sur certaines décisions, notamment le reclassement des zones du stade. « Nous avons constaté quelques messages d’incompréhension sur ce sujet, qui n’a sans doute pas été suffisamment expliqué », admettent-ils.
L’UBB défend cependant son choix, arguant qu’il vise à « corriger une incohérence tarifaire : des places bénéficiant d’une excellente visibilité et situées à proximité immédiate des meilleures catégories du stade étaient jusqu’à présent proposées à un tarif bien moins élevé. Nous comprenons que cette évolution puisse surprendre mais chacun garde la possibilité de conserver sa place ou de choisir un autre emplacement. »
Cette révision des tarifs intervient dans un contexte économique exigeant. Malgré des affluences record et une série impressionnante de 34 matchs à guichets fermés, les recettes de billetterie restent un pilier essentiel du budget annuel de l’UBB, aux côtés des partenaires privés et des droits télévisés.
Si une majorité de supporters reconnaissent la nécessité pour le club de renforcer ses ressources afin de rester compétitif au plus haut niveau, beaucoup insistent sur la préservation de la dimension populaire de l’UBB. La présidente des Burdigalais, association de supporters, appelle ainsi à un équilibre : « On entend qu’il fallait augmenter les prix mais il faut aussi que le club entende le mécontentement. »
La direction assure elle-même être attentive à cette exigence identitaire. « Préserver l’identité du club est une préoccupation permanente, nous y sommes particulièrement attachés », affirment les responsables du club, déterminés à poursuivre leur croissance sans rompre le lien avec l’un des publics les plus fidèles du rugby français.







