
Le Stade Toulousain a encore marqué l’histoire du rugby français. En dominant Montpellier en finale du Top 14, les Rouge et Noir ont décroché un quatrième Bouclier de Brennus consécutif, égalant ainsi la génération des années 1990.
Présent au cœur de cette série exceptionnelle, le pilier gauche Rodrigue Neti a savouré ce nouvel exploit. Le Toulousain est revenu sur cette performance historique, le parcours de son équipe et n’a pas manqué de glisser un clin d’œil à Jérôme Cazalbou.
Un quatrième titre qui a une saveur particulière
Le pilier toulousain reconnaît via L’équipe qu’il mesure encore difficilement ce que son équipe vient d’accomplir.
« Ce n’est pas facile de réaliser. On s’en rendra mieux compte une fois redescendu à Toulouse, mais c’est quelque chose d’incroyable. Après, on est allés se le chercher. Maintenant, il faut qu’on arrive à bien le célébrer, parce que ça n’arrive pas souvent. »
Malgré une fin de saison régulière moins convaincante, il estime que son équipe a su répondre présente au meilleur moment.
« Oui, mais dans les matches qui comptent, on sait qu’on change toujours de visage. On arrive à être prêts. En fait, on adore ces challenges. On est des compétiteurs, on a toujours envie d’aller chercher le moindre truc. En phase finale, on répond toujours présent. C’est ce qu’on a fait en demi-finales et en finale. Félicitations à Montpellier qui n’a pas démérité. Je trouve qu’il a réussi sa saison en gagnant la Challenge Cup et en accédant à la finale du Top 14. Tout n’est pas négatif pour lui. »
Le travail réalisé pour répondre au défi montpelliérain
Rodrigue Neti explique que les Toulousains avaient ciblé les principaux points forts du MHR avant cette finale.
« Oui, peut-être. On s’était préparés de la même manière avant la demi-finale face au Racing (71-17). On savait que les Montpelliérains avaient un collectif assez dense avec de gros porteurs de balle. On s’est donc mis au niveau de l’adversaire, notamment sur ses points forts comme la conquête directe, la touche et la mêlée. On avait gardé un très mauvais souvenir de notre match aller de la saison régulière (défaite 44-14). Alors on a bien bossé sur la conquête. »
Il insiste également sur la force des liens qui unissent les joueurs de la première ligne.
« On l’a tiré de notre complicité, de notre connexion. Notamment en première ligne. Quand il est aussi fort, c’est très facile de jouer avec Peato (Mauvaka). Pareil avec Joel (Merkler), qui a un peu le même parcours que moi. Il vient d’Espagne, de moins loin que moi, mais c’est quand même un déracinement. Quand tu as des liens aussi forts avec les mecs qui t’entourent, tu t’envoies plus facilement sur le terrain. »
Un 200e match chargé en émotion
Cette finale avait également une signification toute particulière pour le pilier toulousain.
« Beaucoup d’émotion parce que c’était mon 200e match sous le maillot du Stade Toulousain. Franchement, disputer autant de rencontres dans un club comme Toulouse, ça marque une carrière de joueur, ce n’est pas neutre. Pour moi, c’est un symbole fort, parce que le Stade est le club qui m’a fait grandir, qui m’a fait devenir le joueur et l’homme que je suis aujourd’hui. Au départ, j’arrivais de Nouvelle-Calédonie, j’avais fait 22 000 km pour venir. J’ai d’abord vécu un parcours en dents de scie, mais quand je regarde derrière moi, je suis assez fier de mon parcours. Je suis allé me chercher tout ça, rien n’a été facile. »
Une petite pique adressée à Jérôme Cazalbou
En égalant la génération des années 1990 avec un quatrième Brennus consécutif, Rodrigue Neti n’a pas résisté à l’envie de chambrer Jérôme Cazalbou.
« Ils nous en ont surtout parlé avant le match. Là, on voulait surtout vivre le moment présent, se focaliser d’abord sur cette finale, parce que Montpellier est une sacrée équipe. Voilà, on égale le record. Maintenant, il n’est plus seul M. Cazalbou, on arrive, hein ! »
Le pilier préfère toutefois profiter pleinement de ce nouveau sacre avant de penser à la suite.
« On va déjà bien savourer celui-là, car il ne faut pas banaliser ce moment important. Une finale, 200 matches, un bouclier de plus, c’est ce qui va rester plus tard quand on arrêtera nos carrières. »
Jack Willis, un joueur qui impressionne toujours
Interrogé sur la prestation de son capitaine, élu homme du match, Rodrigue Neti n’a pas caché son admiration.
« Et vous ? »
Avant de développer ce que le troisième ligne apporte à son équipe dans les moments clés.
« Pareil pour moi. Il vaut mieux avoir un Jack dans notre équipe que dans celle d’en face. Le voir gratter des ballons galvanise. Surtout quand c’est sur des temps forts de Montpellier. Il y en a eu un juste après le carton jaune écopé par Matthis (Lebel), alors qu’on joue à 14. Les Montpelliérains jouent une pénalité à la main et derrière, Jack gratte le ballon. Un coup comme ça, ça te fait sortir de ton camp et de la pression. Le match n’est plus pareil. »







