
Le succès grandissant du rugby féminin a malheureusement son revers. Si la Coupe du monde disputée en Angleterre durant l’été 2025 a bénéficié d’une visibilité médiatique sans précédent, elle s’est également accompagnée d’une forte hausse des violences en ligne visant les joueuses et les arbitres.
Une étude publiée par World Rugby met en lumière un phénomène particulièrement préoccupant, avec des centaines de milliers de publications analysées et plusieurs dossiers transmis aux autorités.
Une surveillance renforcée grâce à l’intelligence artificielle
Depuis 2023, World Rugby s’appuie sur l’entreprise Signify Group pour lutter contre les abus sur les réseaux sociaux.
Grâce à des outils d’intelligence artificielle, cette société est chargée de modérer les contenus publiés sur les principales plateformes, de détecter les messages abusifs et, lorsque les faits le justifient, de constituer des dossiers susceptibles d’être transmis à la justice.
L’instance internationale rappelle également que les critiques publiques et les campagnes de harcèlement peuvent encourager ces comportements, d’où la nécessité de responsabiliser l’ensemble des acteurs du rugby.
Plus de 440 000 publications passées au crible
L’étude dévoilée par World Rugby s’appuie sur un travail d’analyse particulièrement conséquent.
Au total, 440 340 publications et commentaires diffusés sur X, Instagram, Facebook et TikTok ont été examinés pendant la Coupe du monde féminine.
Parmi eux, 1 189 messages ont été identifiés comme abusifs.
Au total, 45 comptes ont été ciblés, parmi lesquels 13 joueuses, 18 arbitres, mais également plusieurs membres de leur entourage.
Une hausse de 69 % par rapport au Mondial masculin
L’un des enseignements les plus marquants de cette étude concerne la comparaison avec la Coupe du monde masculine de 2023.
Selon World Rugby, les joueuses et les arbitres du Mondial féminin ont été 69 % plus exposés aux violences en ligne que leurs homologues masculins deux ans plus tôt.
Les attaques recensées prenaient différentes formes : moqueries sur le physique (body shaming), propos sexistes, insultes transphobes, menaces ou encore messages discriminatoires.
Huit dossiers transmis aux autorités
Certaines publications étaient suffisamment graves pour relever du droit pénal comme l’indique L’équipe.
World Rugby annonce ainsi que huit dossiers ont été transmis aux plateformes concernées ainsi qu’aux autorités compétentes en France, Belgique, au Royaume-Uni, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, afin d’identifier les auteurs et d’envisager d’éventuelles poursuites judiciaires.
À travers cette étude, l’instance internationale souhaite poursuivre son combat contre le cyberharcèlement, alors que la popularité grandissante du rugby féminin s’accompagne malheureusement d’une hausse des comportements abusifs sur les réseaux sociaux.






