
S’il était un redoutable pilier sur le terrain, Sylvain Marconnet était aussi réputé pour son sens du chambrage. L’ancien international français n’hésitait jamais à parler à ses adversaires pour tenter de les sortir de leur match. Et certaines de ses anecdotes valent le détour.
Au cours d’un entretien accordé à Sud-Ouest, l’ancien joueur du Stade Français est revenu sur plusieurs épisodes marquants de sa carrière, entre préparation minutieuse, réparties improvisées et séances de débriefing mémorables avec Bernard Laporte.
Mauricio Reggiardo, le seul qui lui résistait
Sylvain Marconnet explique que très peu de joueurs étaient capables de lui répondre sans perdre leurs nerfs. Mauricio Reggiardo faisait partie de cette catégorie.
« Mauricio Reggiardo. On passait notre temps à parler, mais vu qu’on était les deux mêmes, rien ne nous faisait dégoupiller. Match nul, mais c’était affreux. Pour nos coéquipiers, ça devait être insupportable. »
Il préparait même ses vannes avant les matches
Pour surprendre certains adversaires, Marconnet n’hésitait pas à mener de véritables enquêtes avant les rencontres.
L’ancien pilier révèle qu’il recueillait des informations personnelles afin de déstabiliser ses opposants dès les premières mêlées.
« J’usais de stratégie jusqu’à réfléchir à qui je connaissais à Castres pour avoir des infos sur lui. J’en avais eu par Perrine, la femme de Gérard Cholley, qui était parisienne et fan du Stade Français. Je l’appelais pour avoir le prénom de la femme de Reggiardo, des trucs comme ça, pour le surprendre. »
Quand Bernard Laporte arrêtait la vidéo…
Certaines séquences sont restées célèbres jusque dans les séances vidéo du XV de France.
Marconnet se souvient notamment d’un Angleterre – France à Twickenham face au talonneur Steve Thompson.
« On avait gagné et je faisais de tout à ce talonneur. Il n’avait pas de formes, plein de boutons et ressemblait à un menhir. J’étais en train d’imiter Shrek. Je ne sais plus à quoi ça ressemblait, mais Bernard avait arrêté la vidéo pour nous dire : « Sylvain, j’aimerais bien que tu expliques cette action à l’équipe. » C’était à mourir de rire. »
Une réplique qui a fait exploser les deux équipes de rire
Marconnet raconte également une scène vécue lors d’un match entre le Stade Français et Biarritz.
Face à un jeune talonneur particulièrement entreprenant verbalement, la réponse du pilier parisien a rapidement calmé les débats.
« C’était à Jean-Bouin, et je crois que le BO avait gagné. Il y avait la réalité sportive, mais on était tous copains : les Thion, August… Tout se passait bien et un jeune talonneur entre en jeu. Il n’y a que sa mère qui le connaît, il veut faire le Zorro et il sort : « Ça sent la merde dans cette mêlée. » J’ai eu une réplique spontanée sur sa maman, que je vous épargne. Tous mes équipiers ont éclaté de rire, et surtout les siens. C’était pire que tout pour lui. »
Ces anecdotes illustrent parfaitement la personnalité de Sylvain Marconnet, devenu au fil des années l’un des plus grands spécialistes du chambrage sur les terrains du Top 14 et du XV de France.







