
Un nouveau chapitre s’est joué ce mercredi dans l’affaire impliquant Hugo Auradou et Oscar Jegou.
La Cour suprême de Mendoza a examiné le recours déposé par la plaignante, qui conteste le non-lieu accordé aux deux internationaux français dans cette affaire de viol présumé survenue en Argentine en juillet 2024.
Chaque partie a présenté ses arguments
Face aux trois magistrats de la Cour suprême provinciale, la partie civile, la défense et le parquet de Mendoza ont successivement exposé leurs arguments pendant une quinzaine de minutes chacun.
Les deux joueurs, actuellement avec le XV de France dans le cadre du Championnat des Nations, ainsi que la plaignante, ont assisté à l’audience en visioconférence.
La défense rappelle les éléments de l’enquête
L’avocat d’Hugo Auradou et d’Oscar Jegou, Me Rafael Cuneo Libarona, est revenu sur les éléments ayant conduit au non-lieu.
« Les mensonges de la plaignante et ceux de son avocate, les 17 témoignages et expertises recueillies au cours de l’instruction, les visionnages de 13 caméras de sécurité ainsi que les messages vocaux d’échanges entre la plaignante et sa meilleure amie (…) constituent une preuve centrale. »
Le parquet ne voit pas d’éléments nouveaux
La procureure en chef Daniela Chaler a également défendu la décision rendue lors de l’instruction comme relayé par L’équipe :
« La partie civile avance que les preuves qu’elle avait sollicitées et qu’elle s’est vue refuser, auraient pu changer l’issue de la mise en examen. Mais ce n’est pas le cas. (…) Indépendamment d’avoir donné lieu ou non à ces éléments, ils ne nous auraient pas menés à une autre conclusion. »
Les magistrats doivent désormais déterminer si les irrégularités dénoncées justifient ou non la réouverture de l’instruction.
Contrairement à ce qui avait été évoqué dans un premier temps, aucun délai légal n’est imposé à la Cour suprême pour rendre sa décision, même si les avocats des différentes parties estiment qu’elle pourrait intervenir rapidement.
La plaignante dénonce une affaire de corruption
À l’issue de l’audience, la plaignante Soledad Llorente s’en est prise à Me Rafael Cuneo Libarona, frère de l’ancien ministre argentin de la Justice.
Avec son avocate, Me Natacha Romano, elle estime que cette proximité aurait influencé le déroulement de la procédure et conduit au non-lieu dont ont bénéficié les deux internationaux français. Selon la défense de la plaignante, le départ de l’ancien ministre pourrait désormais permettre à la justice de revenir sur cette décision.
Le débat sur les « fausses plaintes » relancé en Argentine
Avant l’audience, Me Rafael Cuneo Libarona avait également déclaré devant les médias :
« Nous en avons marre des fausses accusations ! Bien sûr, nous devons tous protéger les femmes des agressions que les hommes leur font subir. C’est justement la raison pour laquelle il faut punir très sévèrement les fausses plaintes. »
Cette déclaration intervient alors qu’une proposition de loi visant à renforcer les sanctions contre les fausses plaintes, notamment dans les affaires d’agressions sexuelles, est actuellement débattue en Argentine.
Les organisations féministes et plusieurs associations de défense des droits humains s’opposent toutefois à ce texte, estimant qu’il pourrait décourager les victimes de saisir la justice. Selon un rapport de l’Observatoire de la violence de genre des parquets argentins, les fausses plaintes représenteraient 0,09 % des quelque huit millions de plaintes enregistrées entre 2023 et 2025.






