
Porter le brassard du XV de France pour la première fois de sa carrière, qui plus est face aux All Blacks en Nouvelle-Zélande, pourrait pousser certains joueurs à changer leur manière d’être. Ce ne sera pas le cas de Maxime Lucu.
Le demi de mêlée de l’Union Bordeaux-Bègles a expliqué quel capitaine il souhaitait être, tout en revenant sur la dynamique du groupe France avant ce premier test de la tournée.
« Je ne veux pas changer ma façon de faire »
Interrogé par Midi Olympique sur le rôle qu’il souhaite endosser avec le brassard, Maxime Lucu a été très clair.
« Je ne veux pas changer ma façon de faire. Comme avec l’UBB, je serai plutôt de nature à me mettre devant et à privilégier les actes aux paroles, même s’il faudra aussi le faire et prendre mes responsabilités pour mettre en confiance les mecs. Pour cela, je me sers beaucoup des appuis dont je dispose dans chaque ligne pour faire passer des messages. »
Créer un groupe fort avant tout
Pour le capitaine tricolore, la cohésion sera l’une des clés de cette tournée.
« C’est un peu le maître mot, en équipe de France. On arrive d’horizons et de clubs différents. Le but, pour moi, ce n’est pas de rester avec les onze Bordelais qui sont là… J’ai envie de profiter de chacun, de découvrir de nouveaux mecs. Passer du temps ensemble à l’étranger, ça doit servir à creuser les personnages. Avoir un groupe fort pendant quatre semaines, c’est la principale condition pour gagner. »
Lucu estime que les Bleus abordent cette tournée avec beaucoup de confiance.
Il poursuit :
« On arrive avec beaucoup de confiance, et l’envie de profiter de l’instant. Pour certains, on a loupé le dernier Six Nations et on sait que ça peut finir à tout moment. Le maître mot de cette tournée, c’est ça. On a besoin de ces matchs-là. De se confronter au Sud, sur ces terres, à un an de la Coupe du monde. »
L’absence de Louis Bielle-Biarrey
Le demi de mêlée bordelais a également évoqué l’absence de Louis Bielle-Biarrey.
« Il est évident que par rapport au jeu que l’on pratique, Louis a ce super-pouvoir qui nous permet d’être efficaces. On se souvient tous du match contre les Blacks en novembre… Mais il n’y a pas que lui qui peut marquer des essais. On a quand même des sacrés finisseurs avec Théo Attissogbe qui a fait une saison incroyable, Damian Penaud qui revient avec beaucoup d’appétit… J’espère qu’ils marqueront des essais, pour démontrer qu’il n’y a pas que « Loulou » qui peut être efficace dans notre système de jeu. »
Un objectif assumé : gagner en Nouvelle-Zélande
Lucu ne cache pas son ambition avant d’affronter les All Blacks.
« Quand on joue les All Blacks, il y a toujours de la pression. C’est davantage l’affiche qui amène un surplus de pression et d’angoisse que le contexte de la compétition. Quand on est compétiteur, on a envie de gagner, point. La pression, on se la met suffisamment. »
Puis il ajoute :
« Une victoire. Depuis 2009, aucune équipe de France n’a gagné en Nouvelle-Zélande… »
Avant de poursuivre en évoquant Thierry Dusautoir :
« Faire aussi bien qu’un autre ancien Biarrot, ce serait beau (sourire). Succéder à Thierry Dusautoir, ce serait la classe, même si on ne peut gagner qu’à 23 mecs. On en revient à ce qu’on disait tout à l’heure : à chaque fois qu’on a coché des cases en gagnant à l’extérieur, à des endroits où l’équipe de France ne l’avait pas fait depuis un petit moment, on s’est prouvé que peu importe qui joue sous le maillot de l’équipe de France, tout le monde peut y performer. La fierté sera là si on arrive à s’accrocher, à rivaliser, à avoir un état d’esprit irréprochable qui nous permette de performer loin de nos bases et loin de nos supporters, en rendant fiers les Français qui nous supportent à l’autre bout du monde. »
L’exemple Damian Penaud
Enfin, Maxime Lucu a salué l’état d’esprit de Damian Penaud, revenu avec une énorme motivation après avoir manqué le dernier Tournoi des Six Nations.
« Quand tu es installé, que ce soit en club ou en équipe de France, et que tu n’as jamais vécu le fait de regarder les mecs à la télé depuis chez toi, tu tombes de haut. Damian, il a compris ça, pendant le Tournoi. Ça faisait peut-être huit ou neuf ans qu’il était systématiquement appelé en équipe de France. Son absence, il l’a forcément vécue difficilement. Il a compris qu’il avait peut-être laissé passer sa chance et s’est dit qu’il fallait qu’il revienne. »
Il poursuit :
« Même s’il est jeune papa, il a énormément bossé pour essayer de revenir à son meilleur niveau. Il a fait une fin de saison incroyable avec l’UBB, avec son replacement en numéro 13. Peut-être avait-il aussi besoin de ce challenge-là. À Bordeaux, il ne faisait que nous dire « j’ai envie de faire la tournée », il se rappelait qu’il était à Brisbane en 2021 et que ces moments avaient été tops, alors qu’il avait peut-être perdu cette flamme-là. Il est effectivement un des symboles de ces joueurs qui ont envie de montrer qu’ils sont toujours aussi performants. Il a pris conscience que l’équipe de France n’est pas un acquis, et je crois qu’il avait besoin de vivre ces moments-là pour continuer à vibrer pendant sa carrière. »
Avant de conclure :
« C’est fait de sacrifices, une carrière. Et les sacrifices, tu ne les fais pas quand tu es au sommet. Tu les fais quand c’est difficile. Damian avait toutes les bonnes raisons de rester chez lui mais il a compris que ces moments en bleu, il ne les vivra peut-être plus dans deux ou trois ans. Te dire que tu n’auras plus l’occasion de porter le maillot de l’équipe de France, pour en avoir parlé à pas mal d’anciens, c’est difficile… C’est pourquoi nous sommes nombreux à avoir demandé à venir ici. Quand Fabien m’a posé la question, il n’y avait aucun doute dans ma tête et je trouve que c’est une réussite du staff d’avoir réussi à inverser une tendance qui n’était pas très bonne depuis quelques années. Même si ça ne garantira évidemment pas la réussite à Christchurch… »







