
Une semaine après avoir laissé échapper un exploit en Nouvelle-Zélande, le XV de France a parfaitement réagi en dominant l’Australie (42-26) à Brisbane.
Entré en jeu en seconde période, Jefferson Poirot a pleinement participé à ce succès historique, décroché sur une terre où les Bleus s’imposent rarement.
Le pilier gauche de 33 ans, de retour en équipe de France après six ans d’absence, est revenu sur cette victoire marquante, l’impact de Matthieu Jalibert mais aussi sur ce nouveau Championnat des Nations qui séduit déjà les joueurs.
« Gagner ici est un exploit »
Avant même le coup d’envoi, Fabien Galthié avait tenu à rappeler à ses joueurs la difficulté de s’imposer en Australie. Un message qui a visiblement marqué les esprits.
Jefferson Poirot estime que cette victoire représente une étape importante pour ce groupe.
« Je trouve que c’est une très bonne chose. On était hyper frustrés du match de la semaine dernière en Nouvelle-Zélande, je ne vais pas le cacher. Il y avait les opportunités, là-bas aussi on avait manqué d’un peu de justesse. On n’est pas passé loin de quelque chose d’immense et malgré tout ce qui était annoncé et notamment le fait que la France n’avait gagné que 3 fois en Australie, on a réussi à le faire. L’historique n’était pas du tout en notre faveur donc ça marque une étape importante, avec la manière en plus. C’est super. »
Le Bordelais a également dévoilé un épisode marquant de la veille de la rencontre.
Le sélectionneur a interrompu la remise des maillots pour rappeler les difficultés historiques des Bleus face aux Wallabies.
« Il nous l’a montré au milieu de la remise des maillots. Il arrête la remise et nous dit : « J’ai quelque chose à vous montrer ». Il nous montre les dix derniers Australie-France, avec neuf défaites et une victoire pour les Bleus. Personnellement, je n’en avais pas conscience donc il a bien fait de nous le montrer. Il nous l’a dit : « Gagner ici est un exploit ». Le groupe a pris conscience de ce qui allait l’attendre le lendemain. »
« Avec Matthieu Jalibert sur le terrain, j’ai beaucoup moins de doutes »
Titularisé à l’arrière malgré une semaine de préparation perturbée par une blessure au mollet, Matthieu Jalibert a convaincu pour son retour.
Pour Jefferson Poirot, la présence du Bordelais est un véritable atout, quel que soit son poste.
« Quand Matthieu est sur le terrain, j’ai beaucoup moins de doutes que quand il n’y est pas, qu’il soit en 10 ou en 15. Il a commencé à ce poste à l’UBB en professionnel et il avait fait de très gros débuts. Il n’y avait pas de doutes à avoir, le système de jeu est fait aussi pour avoir deux 10 sur le terrain, on le voyait quand Thomas Ramos était là. J’ai vraiment aimé sa complicité avec Romain, il y a eu de beaux enchaînements, ils se sont bien partagé le boulot, ça rendait très bien. »
« Cette équipe peut voir venir pendant quelques années »
De retour en Bleu six ans après sa dernière sélection, Jefferson Poirot découvre une nouvelle génération particulièrement talentueuse.
Le pilier ne cache pas son enthousiasme lorsqu’il évoque l’avenir du XV de France.
« Ah oui, en tant que vieillard, quand je vois l’âge des mecs et leur niveau, je me dis que cette équipe peut voir venir pendant quelques années. Je suis content pour eux, moi je profite de chaque moment depuis le début du rassemblement. Tout ce qu’on va me donner, je vais le prendre pour ma dernière année. Et si on me donne un peu plus, je prendrai aussi. »
Le Championnat des Nations a déjà convaincu le pilier français
Après seulement deux journées, cette nouvelle compétition a déjà trouvé un défenseur de poids en la personne de Jefferson Poirot.
Le Rochelais apprécie particulièrement l’enjeu supplémentaire apporté par ce nouveau format.
« Je trouve ça incroyable. Cela change tout. J’en avais déjà parlé avant le premier match en Nouvelle-Zélande, mais quand on voit le classement, qu’on se bat avec les autres équipes du Nord, à distance… La semaine dernière, on a suivi avec d’autres joueurs quasiment tous les autres matches, à se dire : « L’Irlande a gagné, dommage. L’Écosse a gagné, mais qu’est-ce qu’ils font ? ! » Cela a un côté plaisant, ça donne du peps et ça donne un goût différent à ces fins de tournée. »
Les Bleus s’envoleront désormais vers le Japon pour conclure leur campagne estivale. Un dernier déplacement qui ne semble pas inquiéter Jefferson Poirot.
Le pilier relativise même les nombreux voyages imposés par cette compétition.
« Quand je vois le calendrier de l’Angleterre, de l’Écosse, qui font des allers-retours entre l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et l’Argentine, je me dis qu’on ne s’en sort pas trop mal. »







