
Avant de porter le maillot du XV de France et de s’apprêter à retrouver une place de titulaire face au Japon, Régis Montagne a connu un parcours bien loin des trajectoires classiques du rugby professionnel.
À ses débuts à Grenoble, le pilier ne vivait pas de son sport. Pour joindre les deux bouts, il passait ses nuits à décharger des camions dans une entreprise de transport.
« Je touchais 300 euros par mois »
Aujourd’hui international français, Régis Montagne n’oublie pas les sacrifices consentis au début de sa carrière.
À Grenoble, son statut de jeune joueur ne lui permettait pas de vivre du rugby.
Pour Midi Olympique, le Clermontois raconte cette période marquante :
« À mes débuts en pro avec Grenoble, je ne touchais pas beaucoup d’argent. Je venais d’avoir mon permis, je touchais 300 euros par mois. Avec ça, quand tu as payé l’assurance de la voiture, il ne te reste plus rien, et je n’osais pas demander de l’argent à ma mère. Alors il a fallu que je trouve un travail. »
Le jeune pilier trouve alors un emploi dans une entreprise de transport située à Voreppe, près de Grenoble.
Il décrit son quotidien de l’époque :
« Tous les week-ends, le vendredi soir, j’allais décharger des camions à Voreppe pour une boîte de transport, Kuehne-Nagel. Parfois, j’étais 24e le vendredi soir au Stade des Alpes, et je partais à minuit pour embaucher jusqu’à 7 heures du matin, à décharger les palettes. »
« C’est là que j’ai appris ce qu’était le vrai travail »
Pendant près de deux ans, Régis Montagne cumule rugby et travail de nuit.
Même durant la période du Covid, il continue à travailler plusieurs mois dans cette entreprise avant de signer son premier contrat professionnel.
Une expérience qui l’a profondément marqué :
« Depuis, je sais ce que c’est que d’en chier vraiment… J’ai fait ça pendant près de deux ans. Dès que j’avais une semaine de vacances ou un week-end de libre, j’y allais. Même pendant le Covid, sur les quatre mois de confinement, j’ai passé trois mois à bosser là-bas. Je n’ai signé pro qu’à l’été d’après. »
Cette période a également changé sa vision de l’argent et de son métier.
Il conclut :
« Ça m’a permis de voir autre chose et de me rendre compte que pour avoir de l’argent, il faut travailler dur. Et surtout que, quand tu en as, il ne faut pas le gaspiller. »
Aujourd’hui installé au plus haut niveau, Régis Montagne s’apprête à négocier le contrat le plus important de sa carrière.
Mais le pilier de l’ASM n’a rien oublié de ces longues nuits passées à décharger des camions, un parcours qui explique en grande partie la solidité mentale qu’il affiche aujourd’hui sous le maillot du XV de France.







