
Depuis son arrivée dans le staff des Cronulla Sharks, Frédéric Michalak découvre chaque jour un peu plus les spécificités du rugby à XIII. Si les deux disciplines partagent un ballon ovale, elles reposent sur des philosophies très différentes.
L’ancien international français estime néanmoins que le rugby à XV aurait tout intérêt à s’inspirer de certains aspects du jeu pratiqué en NRL.
« À XIII, tout est travaillé dans le moindre détail »
Chargé d’encadrer les trois-quarts, Frédéric Michalak a rapidement constaté que les repères offensifs diffèrent fortement entre les deux disciplines.
Pour Midi Olympique, l’ancien ouvreur du XV de France décrit une organisation beaucoup plus structurée :
« Sur ma partie, qui concerne évidemment plutôt les trois-quarts, la grosse différence est qu’il y a moins d’activité à XIII pour les centres et les ailiers. Ils sont spécialisés à droite ou à gauche du terrain et ne savent, pour certains, faire une passe que d’un côté… À XV, on dézone beaucoup plus, même s’il y a des exceptions.
Joey Manu me disait que Trent Robinson demandait parfois à ses centres de dézoner, mais ça reste très rare. Il y a à XIII un facteur clé qui est la fatigue. Il faut prendre en compte quand tu as 60 minutes de temps effectif de jeu. C’est une guerre de territoire et de patience, un véritable jeu d’échecs dans lequel il faut arriver à « scanner » une défense puis être capable d’exécuter les bons mouvements si l’image le permet. »
Pour Michalak, cette précision dans l’exécution constitue l’une des grandes forces du rugby à XIII.
Il poursuit :
« Ils connaissent par cœur leur système et leur rôle mais après, il faut être parfait dans l’exécution. Pour cela, à XIII, on travaille beaucoup dans le détail, sur les courses, sur les mains, sur l’endroit où on veut faire passer le ballon selon qu’on veuille toucher le 1 ou le 2. Il y a là des choses qui sont clairement transposables entre les sports. »
Des similitudes de plus en plus nombreuses avec le XV
Frédéric Michalak observe également que les deux disciplines se rapprochent progressivement sur certains aspects du jeu.
En défense notamment, plusieurs principes utilisés depuis longtemps en rugby à XIII se retrouvent désormais dans les organisations des meilleures équipes de rugby à XV.
Il prend l’exemple de la défense moderne :
« Il y a de plus en plus de similitudes en défense, avec le 15 qui organise le premier rideau depuis l’arrière, en comptant le nombre de joueurs de chaque côté des rucks et en désignant ceux qui doivent basculer ou non. »
L’ancien demi d’ouverture estime aussi que le rugby à XV pourrait s’inspirer davantage de la qualité du jeu au pied développée en NRL, même si l’évolution des règles rend aujourd’hui cet apport moins évident.
Il nuance toutefois cette idée :
« En termes de qualité et de variété quant au jeu au pied dans les vingt derniers mètres, il y a des choses qui seraient intelligentes à piocher. Cela dit, le rugby à XV d’aujourd’hui a développé un rugby de possession où on sait qu’on sera presque toujours récompensé lorsqu’on pilonne dans les 22 adverses. Alors, est-ce que cela vaut vraiment le coup de taper dans le ballon s’il n’y a pas avantage ? »
Pour Frédéric Michalak, les deux disciplines continueront sans doute à s’influencer mutuellement.
Si le rugby à XV conserve ses spécificités, certains principes de jeu développés en NRL pourraient encore inspirer les staffs des meilleures nations dans les années à venir.







