
La défaite face au XV de France a laissé des traces dans les rangs japonais. Dominés de bout en bout par les hommes de Fabien Galthié (15-42), les Brave Blossoms ont rapidement compris qu’ils n’étaient pas au niveau de leur adversaire. Parmi les joueurs les plus marqués figurait Naoto Saito, particulièrement attendu face à une sélection française qu’il connaît bien.
L’ancien demi de mêlée du Stade Toulousain avait à cœur de réussir ce rendez-vous. Mais au coup de sifflet final, c’est un joueur profondément affecté qui s’est présenté en zone mixte, incapable de masquer sa déception.
Naoto Saito : « J’ai honte ce soir »
Très touché par la lourde défaite, le demi de mêlée japonais n’a pas cherché à cacher ses émotions.
« J’ai honte ce soir, je suis embarrassé vis-à-vis du coach. »
Pour son coéquipier Ben Gunter, cette réaction traduit avant tout la culture du rugby japonais.
Le troisième ligne a expliqué que ce sentiment était aussi une marque de respect envers le staff.
« C’est très japonais. C’est une question de respect vis-à-vis des entraîneurs qui nous ont donné les outils qu’au final, nous les joueurs, ne sommes pas parvenus à mettre en place. »
Les Bleus avaient fait de Saito une priorité
Avant la rencontre, Naoto Saito avait beaucoup travaillé pour réussir son match face aux Français. Son ancien partenaire au Stade Toulousain, Paul Graou, savait combien cette confrontation comptait pour lui.
Le demi de mêlée français a rendu hommage à son ancien coéquipier malgré cette soirée difficile.
« Il était sous pression de jouer contre l’équipe de France. Il voulait montrer qu’il avait progressé depuis son passage à Toulouse. Si on regarde ses statistiques, il était de tous les instants dans le jeu, a beaucoup couru, tout donné. Connaître ma première sélection contre Naoto, dans son pays, c’est quelque chose dont je me souviendrai toute ma vie. C’est un vrai mec bien et un grand joueur. »
Mais les Bleus avaient parfaitement identifié le danger.
Maxime Lucu a reconnu que le staff français avait préparé un plan précis pour limiter son influence.
« On avait mis le focus sur lui. Il fallait faire attention à sa vitesse autour des rucks, lui laisser le moins de brèches possible. »
Le Japon veut transformer cette claque en leçon
Au-delà du cas Saito, les Japonais ont reconnu avoir souffert dans plusieurs secteurs, notamment sur les mauls portés.
Ben Gunter a admis que certaines spécificités du rugby français avaient mis son équipe en grande difficulté.
« Il y a moins ce genre de jeu en League One, alors forcément… »
Le deuxième ligne Harry Hockings a également souligné la maîtrise française dans ce secteur.
« Les Français sont très bons pour maintenir les mauls vivants. On les stoppait mais ils parvenaient à les relancer sans cesse. »
Malgré cette lourde défaite, le Japon refuse de sombrer.
Ben Gunter préfère retenir les enseignements de cette confrontation face à l’une des meilleures nations mondiales.
« On a pris une rouste, mais c’est face à de tels adversaires qu’on peut progresser, pas en affrontant des équipes du Tiers 3. Donc on garde la foi, on va construire sur cette leçon-là. »







