
Le drame de Medhi Narjissi a profondément marqué la Fédération française de rugby. Après les conclusions rendues par l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGESR), la FFR affirme avoir engagé une refonte importante de son organisation afin de renforcer la sécurité des joueurs, en particulier des mineurs évoluant en équipes de France.
Des changements qui, toutefois, ne convainquent pas l’association Vigilance Rugby, laquelle estime que les mesures prises restent insuffisantes au regard des dysfonctionnements relevés après le drame.
Les recommandations de l’IGESR ont servi de feuille de route
Dans son rapport publié en février 2025, l’IGESR avait formulé plusieurs recommandations visant à renforcer l’encadrement des sélections nationales.
Les inspecteurs préconisaient notamment la création d’un service commun chargé de la logistique et de l’administration des équipes de France, un contrôle plus strict du respect des procédures, une organisation plus formalisée des déplacements ainsi qu’un meilleur accompagnement des familles lors des stages et tournées des équipes de jeunes.
La Fédération assure avoir profondément modifié son fonctionnement
En réponse à ces recommandations, la FFR explique avoir engagé une réforme de son organisation interne.
Dans des propos rapportés par L’équipe, Florian Grill détaille les principaux changements mis en place.
« Un travail rigoureux » et « une profonde réforme de l’organisation de ses équipes de France » ont été engagés, avec la mise en place de « règles de fonctionnement précises pour les séjours encadrant des mineurs ».
Le président de la Fédération précise également que l’organisation des rassemblements repose désormais sur des responsabilités clairement définies.
Le président de la FFR insiste sur les nouvelles procédures.
« L’organisation des rassemblements est désormais encadrée par des fiches de poste détaillées pour tous les acteurs salariés et bénévoles (sélectionneur, ambassadeur, team manager) précisant leurs responsabilités respectives en matière de sécurité, logistique, suivi médical et disciplinaire. Des documents de cadrage des séjours (livret parents, programme détaillé, charte, règlement intérieur) sont maintenant systématiquement transmis. »
Vigilance Rugby estime ces réponses insuffisantes
Malgré ces évolutions, l’association Vigilance Rugby considère que les engagements pris ne répondent pas pleinement aux interrogations soulevées après le drame.
Elle a ainsi demandé au ministère des Sports d’envisager un retrait de la délégation de service public confiée à la Fédération française de rugby et n’exclut pas de nouvelles procédures devant le tribunal administratif.
Le débat se poursuit donc autour de la portée réelle des réformes engagées par la FFR. Si la Fédération assure avoir profondément renforcé son organisation et ses procédures de sécurité, Vigilance Rugby estime que les réponses apportées ne permettent pas, à ce stade, de lever toutes les interrogations soulevées par l’affaire Narjissi.







