
L’une des recrues les plus attendues du Racing 92 est arrivée discrètement en région parisienne la semaine dernière. Après sept saisons passées sous les couleurs des Queensland Reds, Seru Uru s’apprête à découvrir le Top 14, un championnat qu’il suivait déjà depuis l’Australie.
International avec les Wallabies, le puissant troisième ligne polyvalent (également capable d’évoluer en deuxième ligne) entame le premier grand défi européen de sa carrière. Avant de rejoindre ses nouveaux coéquipiers, il s’est confié à RugbyPass sur les raisons qui l’ont poussé à quitter Brisbane et sur les ambitions qui l’animent désormais au Racing 92.
Un départ mûrement réfléchi après sept saisons chez les Reds
Arrivé chez les Queensland Reds en 2020 après un passage par Brisbane City, Seru Uru s’est progressivement imposé comme l’un des cadres de la franchise australienne. Au fil des saisons, il a enrichi son jeu sous les ordres de plusieurs entraîneurs avant de sentir que le moment était venu de relever un nouveau défi.
Le Wallaby garde un souvenir très fort de ses années passées à Brisbane.
« J’étais heureux et reconnaissant d’avoir fait partie des Queensland Reds. C’est là que j’ai eu ma première chance dans le rugby professionnel. C’est là-bas que j’ai appris l’essentiel de ce que je sais sur le rugby, grâce aux entraîneurs, à ma place au sein des équipes et aux entraînements aux côtés des meilleurs joueurs. Je m’y suis fait beaucoup d’amis, et traverser le terrain du Suncorp Stadium sous le maillot des Reds m’a toujours donné un coup de fouet. »
Malgré son départ, le joueur ne cache pas toute la reconnaissance qu’il conserve envers le club qui lui a permis de lancer sa carrière.
Il explique également ce que les différents membres du staff lui ont apporté durant ces années.
« Ce que j’ai particulièrement apprécié chez le staff technique des Reds, c’est la façon dont ils t’encourageaient à développer tes skills. Il y a « Choc » (Zane Hilton) pour les touches, les mauls et les mêlées. « Fish » (Jonny Fisher) m’a aidé à améliorer mon jeu dans les rucks et sur l’ensemble du terrain, et Brad (Davis) m’a toujours poussé à progresser grâce à des retours très francs pour améliorer ma défense. J’ai acquis énormément de connaissances pendant mon passage chez les Reds. J’ai encore beaucoup à améliorer et j’ai hâte de progresser au Racing sous la houlette des nouveaux entraîneurs. »
« Rejoindre le Racing, c’est un rêve qui se réalise »
Pour Seru Uru, changer d’hémisphère représentait une étape importante de sa carrière. Après avoir toujours évolué en Australie, il souhaitait découvrir un autre rugby et un nouvel environnement.
Le troisième ligne explique pourquoi le Racing 92 s’est imposé comme une évidence.
« Je n’ai jamais joué pour un autre club professionnel que les Reds, c’est donc ce qui m’a attiré. Rejoindre le Racing, c’est un rêve qui se réalise, car j’avais envie de jouer en France. J’ai regardé les temps forts du Top 14 à la télévision en Australie. Je ne suivais pas d’équipe en particulier. Aujourd’hui, j’ai la chance d’évoluer dans un grand club comme le Racing. »
Parmi les joueurs qu’il avait particulièrement envie de retrouver figure Josua Tuisova, dont il admire le parcours.
L’international australien ne cache pas l’inspiration que représente son futur coéquipier.
« Quand j’ai appris que Josua Tuisova jouait au Racing, ça m’a fait plaisir, car c’est quelqu’un que j’admire beaucoup. C’est sa façon de jouer sur le terrain, mais aussi la manière dont il a réussi à passer directement des Fidji au rugby français. Ce qu’il a accompli depuis le début de sa carrière jusqu’à aujourd’hui m’a beaucoup inspiré. J’ai joué contre lui une fois avec l’Australie A, contre les Fidji, lors de la Coupe des Nations en 2022. »
Le Top 14, un championnat qu’il veut découvrir sans brûler les étapes
Conscient que le rugby français lui demandera une adaptation, Seru Uru s’attend à un championnat plus dense physiquement que le Super Rugby.
Le Wallaby évoque les différences qu’il imagine entre les deux compétitions.
« Je comprends que le style de jeu sera différent en Top 14, peut-être plus physique. Quand j’ai commencé chez les Reds, je pesais environ 98 kg. On m’a dit de prendre du poids. Je pèse désormais environ 119 kg, je me sens donc à l’aise pour jouer à ce poids. »
Avant de penser aux phases finales ou aux titres, l’Australien veut surtout réussir son intégration.
Il préfère avancer étape par étape pour réussir sa première saison.
« Mes objectifs consistent simplement à découvrir le club et à m’intégrer au sein du groupe et du staff. La priorité est d’abord de me familiariser avec le style de jeu du Racing. C’est toujours un objectif d’atteindre les phases finales et de remporter des titres. Mais avant d’envisager ça, il faut que je travaille dur et que je trouve ma place dans l’équipe. »
Le calendrier chargé entre le Top 14 et la Champions Cup ne l’effraie pas non plus.
Au contraire, il y voit une source de motivation supplémentaire.
« J’ai disputé 13 matchs de Super Rugby cette saison. Ce n’est pas beaucoup, c’est vrai. Pour ma part, j’adore le rugby et tout ce qui se passe sur le terrain. J’aime jouer, donc j’attends ce calendrier avec impatience. »
Enfin, même s’il évolue désormais en France, Seru Uru assure qu’il n’a pas renoncé aux Wallabies.
L’international australien reste pleinement disponible pour sa sélection.
« Je serai toujours prêt si les Wallabies m’appellent. Cette option est toujours d’actualité, mais je me concentre sur le Racing et sur le fait de bien jouer ici. »







