
La grave blessure de Dalton Papali’i lors du traditionnel Bronco Test de reprise a relancé le débat autour de cet exercice devenu incontournable dans de nombreux clubs professionnels. À Castres, le troisième ligne néo-zélandais s’est rompu le tendon d’Achille dès les premiers jours de la préparation, suscitant de nombreuses interrogations sur la pertinence de ce test particulièrement exigeant.
À Clermont, cette réflexion a été menée depuis plusieurs années. L’ASM a fait le choix d’abandonner le Bronco au profit du MAS Test, une méthode que Christophe Urios et son responsable de la performance, Ange Costella, jugent plus adaptée.
Le Bronco, un test redouté par tous les joueurs
Le Bronco est devenu l’un des symboles des reprises d’entraînement en Top 14 et en Pro D2.
L’exercice consiste à enchaîner des navettes de 20, 40 et 60 mètres, répétées cinq fois sans récupération, soit un total de 1 200 mètres. L’objectif est d’évaluer la capacité des joueurs à répéter des efforts de haute intensité tout en multipliant les changements de direction.
Mais ces accélérations et décélérations successives sollicitent fortement les articulations, notamment lors d’une reprise après plusieurs semaines de coupure.
Clermont préfère le MAS Test
À l’ASM, le Bronco a été abandonné depuis plusieurs saisons.
Le staff clermontois privilégie désormais le MAS Test (Maximal Aerobic Speed), qui consiste à parcourir la plus grande distance possible en cinq minutes.
Pour Christophe Urios, cette méthode présente plusieurs avantages.
Le manager Auvergnat s’explique dans La Montagne :
« Ce n’est pas nouveau pour nous. On a choisi le MAS Test, qui est assez différent. Il a été amené chez nous par Ange Costella. Je trouve qu’il est bien parce qu’il est court. Et puis surtout, il est moins traumatisant que le Bronco. Il y a moins de reprises d’accélération. Les navettes, c’est très difficile pour les joueurs… Le MAS Test est basé sur des courses de 100 mètres. Donc c’est plus facile à faire et on peut le reproduire dans l’année en fonction des périodes. »
Un outil utile tout au long de la saison
Ancien utilisateur du Bronco, Ange Costella a changé d’approche lors de son passage à Perpignan, après avoir observé les méthodes utilisées par les Dragons Catalans en rugby à XIII.
Aujourd’hui, il estime que le MAS Test offre davantage de souplesse au staff.
A lire ci-dessous :
« On peut en déduire une VMA qui nous sert pour la préparation physique et la réathlétisation des joueurs. C’est un test que l’on peut répéter dans la saison car il est bien moins impactant. Avec le MAS Test, on est davantage sur un effort aérobie que sur des allers-retours assez contraignants. Si jamais on se pose des questions sur l’état physique de nos joueurs, en cinq minutes, je dispose de quelque chose. Et je peux avoir une réponse rapide sur leur évolution par rapport aux précédents tests effectués. »
« Dire que c’est à cause du Bronco serait trop réducteur »
Pour autant, Ange Costella refuse de faire un lien direct entre le Bronco et la blessure de Dalton Papali’i.
Selon lui, une telle conclusion serait trop simpliste.
Il tempère :
« Très sincèrement, il y a parfois des blessures qui sont inévitables. Dire que c’est à cause du Bronco serait trop réducteur. Malheureusement, c’est tombé pour Castres sur ce test-là. Quand on n’a pas de blessés, il faut aussi avoir l’humilité de reconnaître qu’il existe une part de chance. »
Si Clermont a choisi une autre méthode d’évaluation physique, le débat autour du Bronco devrait encore alimenter les discussions après la grave blessure de la recrue castraise.






