
Après la défaite de l’Afrique du Sud face à la Nouvelle-Zélande, Rassie Erasmus n’a pas cherché à se cacher. Le sélectionneur des Springboks a reconnu que son célèbre banc composé de six avants et deux arrières, une stratégie qui a souvent fait son succès, s’était cette fois retourné contre lui. Il est même allé jusqu’à assumer une erreur de coaching qui, selon lui, a profondément désorganisé son équipe.
L’Afrique du Sud a rarement autant souffert avec son fameux banc en 6-2.
Face aux All Blacks, les Springboks avaient une nouvelle fois choisi d’aligner six avants et seulement deux arrières parmi les remplaçants, misant sur la puissance de leur pack pour faire la différence.
Mais cette fois, le scénario ne s’est pas déroulé comme prévu.
Une blessure qui a tout changé
Le plan de Rassie Erasmus a commencé à se fissurer dès les premières minutes.
La blessure de Kurt-Lee Arendse, dès la neuvième minute, a obligé le staff sud-africain à revoir toute son organisation.
Le sélectionneur avait initialement prévu d’utiliser Andre Esterhuizen comme flanker d’impact en seconde période.
Finalement, le puissant centre a dû être repositionné au milieu de terrain, provoquant une réorganisation complète de la ligne arrière.
Après une première période équilibrée, les All Blacks ont ensuite fait la différence en inscrivant un 21 à 3 en seconde mi-temps.
« Ce n’est pas une catastrophe, mais c’est nul »
Après la rencontre, Rassie Erasmus avait déjà refusé de parler de catastrophe.
Quelques jours plus tard, il a toutefois livré une analyse beaucoup plus détaillée de cette défaite.
Le sélectionneur n’a pas masqué sa frustration.
« Évidemment, c’est préoccupant. Quand je dis que ce n’est pas une catastrophe, c’est quand même nul. C’est de la merde. Ce n’est pas agréable de se retrouver dans cette position. Je préfère jouer mal et gagner que jouer bien et perdre. Je trouve que pendant un bon nombre de minutes, nous avons bien joué, mais nous avons perdu. C’est frustrant. »
« Le banc en 6-2 s’est retourné contre nous »
Plutôt que de pointer du doigt ses joueurs ou ses remplaçants, Erasmus a choisi d’assumer ses responsabilités.
Il estime que, pour la première fois depuis longtemps, sa stratégie du banc en 6-2 n’a pas fonctionné.
« Je ne veux pas chercher d’excuses, parce que ce qui s’est passé, c’est de ma responsabilité et de celle de l’équipe. Mais je pense que, pour la première fois depuis longtemps, l’expérience du banc en 6-2 s’est retournée contre nous. Je le dis tel quel. Si on regarde le nombre de fois où on l’a fait, je crois que c’est la première fois que ça rate. »
Le technicien sud-africain est ensuite revenu en détail sur la succession des événements.
Selon lui, la blessure d’Arendse a totalement désorganisé le plan imaginé avant le coup d’envoi.
« Quand Kurt-Lee Arendse s’est blessé, Jesse Kriel est passé à l’aile, Damian Willemse est passé centre droit, nous voulions faire entrer Andre comme flanker d’impact, il a dû aller en 12, et toute la ligne arrière s’est retrouvée réorganisée à cause de cette seule blessure de Kurt-Lee. C’était une mauvaise planification de ma part. »
Erasmus reconnaît un mauvais choix
Le sélectionneur estime aujourd’hui qu’une autre organisation aurait permis de préserver l’équilibre de son équipe.
Il admet avoir pris la mauvaise décision au moment de procéder à ses changements.
« Il aurait sans doute été préférable de placer Gaza (Willemse) sur l’aile, Sacha (Feinberg-Mngomezulu) à l’arrière et Manie (Libbok) à l’ouverture. Le duo 12/13 serait resté intact. Nous avions aussi Grant (Williams), qui aurait pu passer à l’aile, avec Cobus (Reinach) entrant directement à la mêlée. Je pense avoir fait le mauvais choix de remplacement à ce moment-là, et cela a déréglé toute la fluidité offensive, ainsi que certains aspects défensifs. »
Rarement aussi autocritique, Rassie Erasmus assume donc pleinement ses choix après cette défaite face aux All Blacks. Un constat qui pourrait l’amener à revoir certains aspects de sa stratégie lors des prochains rendez-vous entre les deux grandes nations du rugby mondial.







