
Avant de rejoindre Castres cet été, Hamish Watson a vécu une fin d’aventure particulièrement difficile avec Édimbourg. Après avoir consacré l’immense majorité de sa carrière au club écossais, le troisième ligne de 34 ans affirme avoir été « mal traité » lors des derniers mois de son contrat. Une rupture qui l’a finalement conduit à Leicester, où il a retrouvé un nouvel élan.
Watson ne souhaite pas révéler précisément ce qui s’est produit en coulisses. Mais l’international écossais aux 60 sélections ne cache ni son amertume ni la manière dont cette situation a précipité son départ.
« Les gens ne connaissent pas toute l’histoire »
Édimbourg restera forcément un club à part pour Watson. Il y a grandi rugbystiquement et y a passé l’essentiel de sa carrière professionnelle.
Cette histoire commune n’empêche pourtant pas une profonde déception sur la manière dont elle s’est terminée.
Watson accepte aujourd’hui d’en parler dans les colonnes de La Dépêche, tout en refusant d’entrer précisément dans les détails du conflit.
« Les gens ne connaissent pas toute l’histoire, mais je ne souhaite pas entrer dans les détails. J’ai été mal traité à la fin de mon contrat. Édimbourg reste néanmoins le club où j’ai grandi, fait la plupart de ma carrière, il aura toujours une place particulière dans mon cœur. Je regarde toujours les matchs et y ai des amis. Mais la façon dont on m’a traité a cependant rendu le départ peut-être moins douloureux. De ce fait, je suis parti en prêt pendant six mois à Leicester, qui était très heureux de m’accueillir. Je dois beaucoup aux Tigers. »
Ce passage à Leicester s’est avéré déterminant.
Après autant d’années passées dans le même environnement, Watson a découvert de nouveaux coéquipiers, de nouveaux entraîneurs et un fonctionnement différent. Un changement qu’il décrit comme une véritable remise à zéro.
Le troisième ligne estime même qu’une très longue période passée dans un même club peut finir par installer une certaine forme de confort.
« Quand vous devez bouger de cette façon, ça aide de gagner un lieu comme Leicester. Historiquement, il s’agit de l’un des meilleurs clubs d’Angleterre. Arriver là-bas m’a aidé à appuyer sur le bouton « reset », repartir de zéro. C’était très motivant de côtoyer de nouveaux joueurs, entraîneurs, une nouvelle ville. C’est similaire à ma venue à Castres tout compte fait. Tu as envie de rendre la confiance mise en toi. Rester dans un endroit pendant longtemps peut te rendre complaisant envers toi-même. Ici, tu dois prouver que tu es assez bon pour jouer dans l’équipe. Tu dois montrer que tu as encore envie, que tu peux, évoluer à ton meilleur niveau. Je désire réellement être au top pour Castres, et aider le club à accomplir une superbe saison. »
« Cela n’a pas changé ma volonté »
Une fin aussi brutale après autant d’années aurait également pu ébranler la confiance du joueur.
Watson assure que cela n’a pas été le cas. Il estime que la décision prise à Édimbourg reposait sur des événements intervenus en coulisses et sur lesquels il n’avait aucune prise.
S’il reconnaît avoir été touché humainement, il n’a jamais douté de ses capacités sportives.
« Non. En tant que professionnel, on ne doit jamais perdre cette confiance en soi. J’ai toujours su, sans avoir la grosse tête, quelles étaient mes capacités. À Édimbourg, ce qui s’est passé était, au fond, dans les coulisses, hors de mon contrôle, aboutissant au fait que je n’allais plus porter la tunique du club. Ce n’était pas une question de confiance. Évidemment, ce type d’événement vous ébranle toujours un peu certes. Mais cela n’a pas changé ma volonté. »
Et malgré son amertume, l’Écossais refuse de présenter la suite de sa carrière comme une revanche contre son ancien club.
Watson préfère parler d’une nouvelle opportunité de démontrer qu’à 34 ans, il possède encore les moyens d’évoluer au plus haut niveau.
« Pas du tout. Je pense bien sûr que ce serait parfait de réaliser une incroyable saison cette année, prouver que je peux toujours être au top. Je ne veux pas parler de revanche, plutôt d’une opportunité de jouer au meilleur niveau. Je ne suis pas à Castres pour me reposer. »
Leicester aura ainsi constitué une étape charnière entre la fin douloureuse de son immense histoire avec Édimbourg et son nouveau défi français. Un passage qui lui aura permis de repartir de zéro avant d’ouvrir, à 34 ans, un nouveau chapitre de sa carrière.







