
Le SU Agen retrouve davantage de sérénité sur le terrain, mais sa situation économique inquiète sérieusement Jean-François Fonteneau. Le président et actionnaire majoritaire du club affirme avoir déjà couvert personnellement un déficit d’un million d’euros pour cette saison. Surtout, il prévient qu’il ne pourra pas continuer éternellement à remettre de l’argent et demande au SUA de retrouver l’équilibre dès la saison prochaine.
La situation dure depuis plusieurs années. Fonteneau continue d’apporter les garanties nécessaires au fonctionnement du club, mais peine à trouver suffisamment d’entreprises capables de partager cet effort. Une augmentation de capital a notamment été lancée pour tenter de mobiliser davantage d’acteurs autour du SUA, sans obtenir la réponse espérée.
« Je ne vais pas pouvoir continuer indéfiniment comme ça »
Dans les colonnes de Sud-Ouest, le président agenais ne cache plus son inquiétude.
Les trois dernières saisons ont été particulièrement difficiles financièrement. La saison passée, le SUA disposait d’un budget de 12,7 millions d’euros avec un déficit annoncé de 2,7 millions.
Cette année, le budget présenté atteint environ 11,5 millions d’euros hors taxes. Mais Fonteneau explique que la réalité économique du club est différente puisque le budget comprend encore un déficit d’un million d’euros qu’il a lui-même couvert.
Lorsqu’on lui demande combien de temps il pourra continuer à remettre de l’argent, sa réponse est très claire :
« Ça ne pourra pas durer éternellement. Les trois dernières saisons ont été très difficiles. Cette saison, j’ai déjà couvert le budget d’un million d’euros. Je ne vais pas pouvoir continuer indéfiniment comme ça. »
Et le dirigeant fixe désormais une échéance.
Pour lui, le SUA devra impérativement changer de situation dès le prochain exercice :
« Il faut que la saison prochaine on soit à l’équilibre. On devra trouver des solutions, autrement ça va s’arrêter. »
Une déclaration particulièrement forte venant d’un président qui entame sa neuvième saison à la tête du club.
Fonteneau rappelle également ce que représente personnellement un tel engagement. Être président lui demande du temps, de l’argent et l’expose constamment.
Il résume cette fonction avec une formule particulièrement parlante :
« C’est 90 % d’emmerdes pour 10 % de plaisir. Et quand tu as le plaisir, il ne faut pas le rater ! »
« Notre vrai budget, c’est 9,5 M€ »
Fonteneau souhaite également remettre en perspective le budget officiellement annoncé du SU Agen.
Sur les quelque 11,5 millions d’euros affichés, un million correspond donc au déficit qu’il dit avoir couvert. Le président est par ailleurs lui-même partenaire du SUA à hauteur de près de 500 000 euros, notamment grâce à la mise à disposition de personnel.
En tenant compte de ces différents éléments et de l’effort très important réalisé par certains partenaires historiques, il estime que la véritable puissance économique du club tourne plutôt autour de 9,5 millions d’euros.
« Notre vrai budget, c’est 9,5 M€. C’est ça la réalité. C’est implacable. »
Et cette situation a forcément des conséquences sportives.
Avec de tels moyens, Fonteneau considère qu’Agen ne peut plus partir du principe qu’il jouera systématiquement les premières places de Pro D2.
Il va même beaucoup plus loin :
« Avec 9,5 M€, tu n’es pas sûr de rester en Pro D2, tu n’es pas à l’abri d’avoir un accident. Comment voulez-vous faire rêver les supporteurs ? »
Le président estime malgré tout que l’équipe construite cette saison est plus forte que la précédente, notamment grâce à un recrutement qu’il juge intelligent et à l’utilisation de prêts permettant d’attirer de jeunes joueurs à fort potentiel.
Mais avant même de parler de retour en Top 14, le principal défi du SU Agen semble désormais économique. Fonteneau continue de soutenir financièrement le club, mais il vient de fixer une limite très claire : la saison prochaine, le SUA devra trouver un moyen de fonctionner à l’équilibre.







