
Après avoir encore bataillé pour son maintien la saison dernière, l’USAP veut changer de dimension. Laurent Labit conserve les pieds sur terre, mais refuse que son club se considère éternellement comme une petite équipe.
Le maintien reste la première priorité des Catalans. Le manager, engagé jusqu’en 2030, souhaite cependant l’obtenir beaucoup plus rapidement et installer progressivement Perpignan autour de la dixième place.
Une dixième place représenterait une vraie progression
L’USAP a terminé treizième du Top 14 lors des dernières saisons. Pour Laurent Labit, s’éloigner de la zone rouge permettrait au club de vivre un exercice plus serein et de poser les premières fondations de son développement.
Le manager catalan fixe clairement l’objectif immédiat de son équipe via Midi Olympique :
« Si, le maintien, bien sûr, c’est quand même notre priorité. Mais ce qu’on veut, c’est l’obtenir le plus rapidement possible et éviter de se faire peur. On sait que la marge est réduite, mais le classement idéal serait aux alentours de la dixième place. Ce serait pour nous une très grosse satisfaction, vu les saisons passées. »
Cette progression ne dépendra pas uniquement des performances réalisées le week-end. Laurent Labit souhaite installer une véritable culture de la performance dans toutes les composantes de l’USAP.
Les joueurs recrutés doivent transmettre leur ambition et leurs exigences au reste du groupe. Le staff, les dirigeants et l’ensemble du club sont également concernés par ce changement profond.
Laurent Labit estime que toute l’institution doit adopter la même volonté de progresser :
« Les mentalités changent par une culture du travail et de la performance, mais aussi par l’apport de joueurs qui ont cette culture et des objectifs personnels élevés. Ils entraînent forcément les autres joueurs avec eux, parce qu’il faut être performant. Le club doit aussi changer sa mentalité. Le Top 14 est très difficile et exigeant, avec des enjeux à tous les niveaux. Pour jouer et rester avec les meilleurs, il faut essayer d’être les meilleurs dans tous les domaines du club. Cela n’appartient pas seulement aux joueurs : le staff et l’ensemble du club doivent également avoir cette ambition en tête. C’est un tout, une dynamique que l’on doit créer pour chercher à gagner et à performer. »
Un discours de « petite équipe » qui l’a choqué
À son arrivée, Laurent Labit a rapidement été interpellé par une forme de résignation présente autour de l’équipe. La particularité de Perpignan servait parfois d’explication aux difficultés rencontrées.
Passé par Montauban et Castres, deux clubs aux caractéristiques comparables, le technicien assure ne jamais y avoir entendu un tel discours. Il veut désormais empêcher ses joueurs de se fixer eux-mêmes des limites.
Laurent Labit raconte ce qui l’a surpris en découvrant l’environnement catalan :
« Surtout, ne plus se considérer comme une petite équipe. Quand je suis arrivé, ça m’a choqué. Pourtant, je suis passé par des clubs qui ressemblent à l’Usap, comme Montauban ou Castres, mais ce n’était pas les mêmes discours. Ici, c’était en permanence : “C’est Perpignan, c’est différent”. On se trouvait des excuses. Moi, je ne veux pas qu’on se considère comme une petite équipe. On doit avoir l’humilité nécessaire pour savoir quelle est notre place, mais je suis sûr qu’on n’a pas moins que d’autres équipes de ce championnat qui font bonne figure chaque saison. »
« On ne peut pas faire du copier-coller »
Laurent Labit connaît parfaitement l’écart de moyens séparant l’USAP des principales puissances du championnat. Son passage au Racing 92 et auprès du XV de France lui a permis d’évoluer dans des environnements très différents de celui de Perpignan.
Le manager ne cherche cependant pas à reproduire mécaniquement les méthodes utilisées ailleurs. Son projet doit respecter l’histoire, la culture et les qualités propres au club catalan.
Laurent Labit évoque notamment la différence considérable avec le Stade Toulousain :
« C’est notre métier. Quand on est coach ou manager, on ne peut pas faire du copier-coller, car chaque endroit est différent. Chaque club a son histoire, sa culture et sa manière de fonctionner. Il faut d’abord s’adapter, puis trouver comment faire évoluer et surtout gagner l’équipe dans laquelle on est, avec les éléments qui font partie de son histoire et de sa culture. Avec le groupe que l’on a, il faut tirer le meilleur de nos joueurs et du staff. Quand tu viens à Perpignan, tu sais très bien que tu n’auras pas les moyens du Stade toulousain, mais il y a d’autres qualités. Tu dois essayer de tout aligner pour aller vers tes objectifs, qui sont forcément différents de ceux de ces équipes-là. C’est l’adaptabilité. C’est aussi pour ça qu’on fait ce métier et que j’ai accepté, au mois de novembre, de m’engager pour les quatre années qui arrivent. »







