
Avant de rejoindre Adidas, Louis Bielle-Biarrey a dû participer pendant plusieurs mois à la conception d’une chaussure adaptée à son pied. Son agent, Jérôme Chabran, a raconté les coulisses étonnantes de ce dossier, dans l’émission 100% Rugby diffusée sur Ici Gironde.
La prolongation de Louis Bielle-Biarrey à l’Union Bordeaux-Bègles a donné lieu à de nombreux commentaires, notamment après l’annonce de l’arrivée d’Adidas comme nouvel équipementier du club girondin à compter de la saison prochaine. Invité de l’émission « 100 % UBB » sur Ici Gironde, Jérôme Chabran a tenu à rétablir la chronologie des événements.
Un dossier devenu plus complexe avec l’arrivée d’Adidas à l’UBB
L’agent de l’ailier international français reconnaît que le rapprochement entre l’équipementier allemand et l’UBB a compliqué la compréhension du dossier. Il déplore surtout les interprétations diffusées sur les réseaux sociaux.
Jérôme Chabran a ainsi dénoncé des commentaires ne correspondant pas à la réalité :
« Le fait qu’Adidas devienne l’équipementier de l’UBB à compter de la saison prochaine a rendu les choses plus compliquées. On a beaucoup vu des commentaires erronés et injustifiés sur le sujet sur les réseaux sociaux par rapport à la réalité de la situation. »
Adidas n’a pourtant pas attendu son arrivée à Bordeaux-Bègles pour s’intéresser à Louis Bielle-Biarrey. La marque cherchait depuis plusieurs saisons à convaincre l’ailier de rejoindre son équipe d’athlètes. Les premiers contacts remontent notamment à 2023.
Un problème technique majeur retardait cependant la conclusion d’un accord : la morphologie du pied du joueur ne lui permettait pas d’utiliser les chaussures proposées par Adidas sans risquer d’affecter ses performances.
Son agent a détaillé les longues discussions engagées avec l’équipementier :
« Adidas, ça fait trois ou quatre saisons qu’ils cherchent à entrer en contact avec Louis pour le séduire et essayer de le rentrer dans les athlètes Adidas. En 2023, on a eu des approches. Tout joueur de haut niveau cherche à adosser sa carrière avec un équipementier et sur cela, il n’y a pas de sujet. La problématique est qu’ensuite, le joueur doit porter les chaussures de la marque. Concernant Louis, techniquement, il y avait un petit souci par rapport à cela.
Il était fidèle à une autre marque concurrente de par le morphotype de son pied. Il y avait des difficultés à le faire rentrer dans la chaussure Adidas. Cela fait plusieurs saisons qu’on était en discussion avec Adidas pour trouver la bonne formule, mais la condition était de porter la chaussure. En tant que tel, Louis ne pouvait pas porter la chaussure jusqu’à il y a un an. Personnellement, je n’ai jamais été sollicité sur le fait qu’Adidas allait devenir le nouvel équipementier de l’UBB. Lorsque je l’ai su, Louis avait déjà signé son contrat avec Adidas. »
Un déplacement au siège mondial d’Adidas
Pour résoudre cette difficulté, Louis Bielle-Biarrey et son entourage se sont rendus en Allemagne durant l’été dernier. Pendant 48 heures, le joueur a rencontré les équipes chargées du marketing, mais surtout les spécialistes du service de recherche et développement.
Des mesures précises ont été réalisées afin de concevoir une chaussure répondant aux exigences de la marque et aux besoins très particuliers du Bordelais. Le processus a demandé plusieurs mois de travail et de nombreux essais.
L’objectif initial était de disposer du produit pendant la tournée internationale de novembre. Les tests n’ayant pas été concluants, le joueur a conservé les chaussures de son ancien équipementier. Une nouvelle échéance avait ensuite été fixée pour le Tournoi des Six Nations, sans davantage de réussite dans un premier temps.
Une première mémorable contre l’Angleterre
La chaussure définitive a finalement été validée pour la rencontre face à l’Angleterre. Une première utilisation qui restera forcément dans les mémoires puisque Louis Bielle-Biarrey a inscrit quatre essais au cours de ce match.
Jérôme Chabran a raconté cette longue phase de conception et son incroyable dénouement :
« L’été dernier, nous sommes allés en Allemagne au siège monde Adidas avec les personnes du marketing. Nous avons été très bien reçus pendant 48 heures. Louis a pris certaines mesures, il a rencontré les bonnes personnes du service recherche et développement. À partir de fin juillet 2025, on a réfléchi à la conception et à la réalisation d’une chaussure afin que ça puisse correspondre aux critères de la marque, bien évidemment, et de pouvoir créer une chaussure qui puisse correspondre techniquement aux attentes de Louis sans dénaturer ses performances. Cela a pris plusieurs mois, il y a eu des essais infructueux.
On voulait trouver la bonne solution pour la Tournée de novembre et on n’y est pas arrivé. On est resté avec l’ancienne marque fidèle à Louis pour ne pas dénaturer ses performances sur la Tournée de novembre. On a encore travaillé pour le Tournoi des Six Nations, mais on n’y est pas arrivé. À force d’essais, le produit final a été validé pour le match contre l’Angleterre. Et ce match contre l’Angleterre lors duquel Louis marque quatre essais. C’est la première fois qu’il portait les chaussures Adidas. »
Une entrée en matière difficile à imaginer plus spectaculaire pour Louis Bielle-Biarrey et son nouvel équipementier.







