
Le Stade Toulousain pensait avoir fait le plus difficile à Marcel-Deflandre. Mais après avoir mené 24-10, le quadruple champion de France s’est complètement délité pour finalement s’incliner face au Stade Rochelais (30-27).
Au lendemain de l’écrasante victoire de l’UBB contre le Racing 92 (64-5), Noël McNamara estimait que « la vérité se trouve toujours dans le premier match ». Pour Toulouse, cette première vérité de la saison a pris la forme d’une seconde période ratée et d’un banc incapable de maintenir la maîtrise affichée avant la pause.
Ugo Mola dénonce un manque de maîtrise
À l’issue de la rencontre, Ugo Mola n’a pas cherché à atténuer la responsabilité de son équipe. Le manager toulousain a notamment ciblé plusieurs erreurs commises dans les moments décisifs.
Le technicien estime que Toulouse a lui-même permis aux Rochelais de revenir :
« C’est vraiment un match qui nous échappe du fait de notre manque de maîtrise dans les moments clés. Ce sont trois touches perdues en seconde période, ce sont deux lancements de jeu contrés. Derrière, on se retrouve à 5 mètres de l’en-but, ce qui nous amène le carton jaune et un essai quasiment dans la foulée. »
La préparation raccourcie des Toulousains, avec un seul match amical au programme, peut expliquer certaines approximations. Elle ne suffit cependant pas à justifier la manière dont les Rouge et Noir ont abandonné le contrôle de la rencontre.
Le banc toulousain sévèrement sanctionné
Ugo Mola s’est surtout montré très dur au moment d’évaluer l’entrée de ses remplaçants. Contrairement au banc rochelais, qui a apporté de la puissance et une énergie nouvelle, celui de Toulouse n’a jamais réussi à prendre le relais des titulaires.
Le constat du manager est particulièrement sévère :
« L’apport du banc est nul, voire catastrophique. Il y a eu trop d’approximations, peut-être liées aussi à un manque de préparation, pour gagner chez une équipe qui annonce haut et fort qu’elle vise le top 6. Je ne sais pas si c’est trois points de perdus, mais en tout cas ce sont des points de perdus. »
Avant la rencontre, Mola avait pourtant prévenu ses joueurs de la difficulté du déplacement à Marcel-Deflandre, une pelouse sur laquelle Toulouse souffre régulièrement.
Il attendait une réaction après plusieurs déplacements très compliqués en Charente-Maritime :
« J’attends qu’on soit un peu mieux que ce que l’on fait depuis cinq ans là-bas, c’est-à-dire prendre des roustes à chaque fois. »
Son équipe a cette fois rivalisé jusqu’à la dernière seconde, mais elle a laissé échapper une rencontre qu’elle semblait tenir. La Rochelle a inscrit les trois derniers points en infériorité numérique grâce à une pénalité d’Antoine Hastoy.
Toulouse a cru trop tôt à la victoire
Le problème n’est pas simplement technique. Ugo Mola estime que ses joueurs ont probablement considéré trop rapidement que le succès était acquis après leur première période convaincante.
Le manager voit déjà réapparaître un défaut observé la saison dernière :
« On a pensé un peu trop tôt qu’il était gagné. C’est un peu notre péché mignon de la saison passée qui nous retombe directement dessus. »
Thibaud Flament partage cette analyse. Le deuxième ligne international refuse lui aussi d’utiliser la courte préparation estivale comme principale explication à la défaite.
Selon lui, La Rochelle a simplement affiché davantage d’énergie après la pause :
« Il ne faut pas qu’on se cache. La préparation qui est courte, c’est comme ça, mais effectivement, je pense que La Rochelle a mis plus d’énergie, plus d’envie sur le début de la seconde mi-temps, ce qui fait qu’ils ont repris un peu le pas sur le match, et on n’a pas réussi à les rattraper derrière. »
Le Toulousain regrette surtout la passivité de son équipe au moment où les Maritimes ont accéléré.
Thibaud Flament décrit une équipe devenue spectatrice :
« On avait bien démarré le match, la première mi-temps. On s’appuyait bien sur la conquête pour mettre un peu notre jeu en place, être dans l’avancée et tenir le ballon. Et je pense malheureusement que, sur la deuxième mi-temps, on n’a pas réussi. On a peut-être été un peu plus spectateurs, on a pris le carton, puis après on les a regardés jouer. On leur a donné les opportunités et ils ont réalisé derrière, ils ont marqué les points, donc c’est dommage. »
Julien Marchand refuse toute excuse
Julien Marchand a lui aussi ciblé le manque d’énergie collective de Toulouse. Le talonneur rappelle toutefois que le score à la pause ne reflétait pas totalement les difficultés déjà rencontrées par son équipe.
L’international veut que Toulouse retienne la leçon de cette seconde période :
« Il y a eu un manque d’énergie collective sur la deuxième mi-temps. La première mi-temps n’est pas trop mal maîtrisée, même si cela aurait pu tourner en leur faveur. Il faut surtout garder en tête la deuxième mi-temps, ne plus lâcher les matchs comme ça. »
Marchand a également tenu à saluer la performance du Stade Rochelais, capable de profiter de chaque ballon pour mettre la défense toulousaine sous pression.
Le talonneur reconnaît la supériorité maritime sur l’ensemble des 80 minutes :
« On tombe aussi contre une grosse équipe de La Rochelle. Le moindre petit ballon dans leur camp, ils ont réussi à nous breaker en plein milieu du terrain. Cela leur a donné de l’avancée, ils ont un gros paquet d’avants, on savait où on mettait les pieds. On n’a pas su tenir bon pendant quatre-vingts minutes. Les deux équipes étaient à cent pour cent pour jouer. Ce soir, c’est La Rochelle qui a gagné, bravo à eux. »
L’UBB arrive déjà à Ernest-Wallon
Toulouse n’aura pas beaucoup de temps pour digérer cette première désillusion. Les hommes d’Ugo Mola recevront dès la deuxième journée une équipe de Bordeaux-Bègles qui vient de passer 64 points au Racing 92.
Julien Marchand sait qu’une réaction immédiate sera indispensable :
« On connaît les difficultés des équipes que l’on va rencontrer, notamment Bordeaux lors de la deuxième journée. On va essayer d’analyser, de digérer la défaite de ce soir et de gommer ce genre d’erreurs de notre part, ce manque d’excitation. Ce n’est que la première journée, on ne va pas s’emballer. Si on veut tenir le week-end prochain face à Bordeaux, il faudra y penser. »







