
Une liste pour la Coupe du monde réserve presque toujours son lot de surprises. Une blessure, un retour en forme ou quelques performances marquantes peuvent encore bouleverser les plans d’un sélectionneur dans la dernière ligne droite.
Vincent Clerc en sait quelque chose. Écarté du groupe retenu pour le Mondial 2003 malgré sa présence chez les Bleus quelques mois auparavant, l’ancien ailier toulousain a vécu le scénario inverse quatre ans plus tard. Absent de la sélection pendant deux ans, il avait fini par décrocher son billet pour la Coupe du monde 2007.
L’essai qui a changé le destin de Vincent Clerc
Son retour au premier plan reste associé à son essai exceptionnel inscrit en Irlande, à Croke Park. Cette action décisive avait profondément modifié la perception du joueur auprès de l’encadrement tricolore.
Dans les colonnes de Midi Olympique, Vincent Clerc estime que ce match a transformé l’image qu’un sélectionneur pouvait avoir de lui.
« C’est un match qui a changé beaucoup de choses dans ma carrière. Personnellement, je n’ai pas changé, mais ça a changé beaucoup de choses, ça a changé mon image. C’est important l’image que peut avoir un joueur dans la tête d’un sélectionneur, notamment dans les derniers instants avant d’établir un groupe pour jouer une Coupe du monde. Ce jour-là, à Croke Park, j’ai eu cette image d’un joueur qui peut faire basculer un match. »
Son expérience rappelle qu’un statut construit plusieurs mois auparavant ne garantit rien. Elle démontre également qu’un joueur éloigné de la sélection peut se replacer grâce à une action ou une série de performances réalisées au moment opportun.
Bielle-Biarrey s’était invité au dernier moment
Louis Bielle-Biarrey représente l’exemple récent le plus marquant. Encore absent du paysage international quelques mois avant la Coupe du monde 2023, l’ailier avait profité de la préparation pour découvrir le XV de France et gagner sa place dans le groupe.
Raphaël Lakafia avait connu une ascension comparable en 2011. Sa saison remarquable lui avait permis de profiter des derniers changements opérés par Marc Lièvremont avant le départ pour la Nouvelle-Zélande.
Quatre ans plus tard, Philippe Saint-André avait également renouvelé une partie de son groupe à l’approche du Mondial organisé en Angleterre. Scott Spedding, Rory Kockott, Alexandre Dumoulin et Noa Nakaitaci avaient été intégrés dans la dernière ligne droite avant de participer à la compétition.
Sofiane Guitoune ne comptait pour sa part que trois sélections au commencement de la préparation. Il a finalement disputé le tournoi, avant de participer à une deuxième Coupe du monde en 2019 malgré un total de seulement neuf capes durant l’ensemble de sa carrière internationale.
Charles Ollivon, l’autre retour inattendu
Charles Ollivon avait lui aussi déjoué les pronostics en 2019. Avant d’être convoqué par Jacques Brunel pour partir au Japon, le Toulonnais n’avait plus joué avec le XV de France depuis novembre 2016.
Longtemps freiné par des problèmes physiques, il avait réussi à démontrer au moment décisif qu’il était de nouveau capable d’évoluer au plus haut niveau. Sa présence dans la liste apparaissait alors comme une véritable surprise.
Ces précédents montrent que la hiérarchie établie un an avant une Coupe du monde demeure fragile. Jusqu’à l’annonce définitive du groupe, une poignée de rencontres peut encore suffire pour transformer un joueur éloigné des plans en candidat incontournable.







