
Battu à La Rochelle lors de la première journée du Top 14, le Stade Toulousain accueille l’Union Bordeaux-Bègles ce dimanche soir à Ernest-Wallon. Malgré l’importance de cette affiche, Jean Bouilhou refuse de présenter cette rencontre comme un premier tournant de la saison.
L’UBB arrive pourtant avec une confiance maximale après sa démonstration contre le Racing 92. Les Bordelais ont également profité d’une préparation plus longue, leur saison précédente s’étant terminée plus tôt que celle du quadruple champion de France.
Toulouse connaît déjà son niveau
Jean Bouilhou s’attend à une opposition particulièrement intense face à une formation capable d’accélérer le jeu. L’entraîneur des avants estime cependant que Toulouse n’a pas besoin de ce résultat pour dresser un premier bilan.
Dans les colonnes de La Dépêche, le technicien relativise fortement les conséquences de cette affiche :
« Il y a tellement de journées dans le championnat que ce match-là ne définira rien du tout pour la suite. Mais effectivement, les Bordelais ont fini tôt la saison dernière donc ils sont prêts physiquement. On a vu leur match, ils mettent beaucoup de vitesse donc effectivement, on s’attend à un gros match. »
Bouilhou assure que le Stade Toulousain sait déjà précisément où il en est :
« Est-ce que cela nous donnera des billes ? Oui et non. On sait aussi où on en est, on n’a pas besoin de l’UBB pour le savoir. Donc en tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’on a envie de se confronter à cette équipe en ce début de saison. »
Un match important, mais pas davantage que les autres
Après la défaite concédée à Marcel-Deflandre, Toulouse disputera sa première rencontre de la saison devant son public. Le staff ne veut pourtant pas instaurer une pression démesurée autour de l’obligation de gagner.
À la question de savoir si les Toulousains avaient particulièrement ciblé ce rendez-vous, Bouilhou a répondu simplement :
« Comme tous les matchs à domicile, on n’a pas envie de les perdre. »
La rivalité sportive grandissante entre Toulouse et Bordeaux ainsi que la qualité des deux équipes donnent forcément une dimension particulière à l’affiche. Sur le plan comptable, le technicien refuse toutefois de lui accorder un statut supérieur.
Jean Bouilhou replace cette deuxième journée dans la longueur du championnat :
« Pas à nos yeux, non, pas plus que ça. C’est un gros rendez-vous, effectivement, avec deux équipes qui savent se confronter avec des jeux, avec des prises de risque de part et d’autre. Mais comptablement, il ne sera pas plus important que le match d’après. Bien sûr qu’on a envie de faire un gros match contre l’UBB, mais pas plus que les autres matchs. »
Toulouse veut remettre de l’ordre dans son jeu
La deuxième période manquée à La Rochelle a permis au staff d’identifier plusieurs axes de progression. Les Toulousains devront notamment sécuriser davantage leurs possessions au milieu du terrain, une zone dans laquelle l’UBB se montre particulièrement dangereuse à la récupération.
Bouilhou évoque le travail effectué durant la semaine avec une pointe d’humour :
« On va appeler Yannick pour lui expliquer. Déjà, on a travaillé tous les points négatifs qui n’ont pas fonctionné cette semaine. Donc c’est cette forme de cohésion sur la seconde du temps. Et après, être plus pertinents sur nos choix de jeu entre les 40 et les 40, essayer de ne pas trop perdre de ballons là puisqu’on sait que, pour le coup, l’UBB est très friande de ces ballons-là. On a essayé de remettre un peu d’ordre dans notre jeu au vu de la prestation de La Rochelle, sur la seconde mi-temps. »
La constance plutôt que l’invincibilité à domicile
La saison dernière, Toulouse avait accumulé les succès bonifiés à Ernest-Wallon mais s’était montré plus irrégulier en déplacement. Jean Bouilhou souhaite désormais voir son équipe afficher le même visage chaque semaine.
L’entraîneur rappelle que le précédent début de championnat n’avait pas été aussi parfait que certains résultats pouvaient le laisser penser :
« Le début de saison de l’année dernière, c’était plutôt effectivement bon à domicile mais pas très bon à l’extérieur, mis à part le match de Clermont lors de la première journée. On avait perdu à Bayonne, Pau, Montpellier, des matchs qu’on avait, pour certains, la possibilité de gagner. Il ne faut pas oublier que l’année passée, notre début de saison n’est pas si bon que ça, avec de belles victoires à domicile, mais des défaites à l’extérieur importantes. »
L’objectif prioritaire sera donc de gommer les fortes variations de niveau :
« L’accent est mis cette année sur un peu plus de constance, que ce soit à domicile ou à l’extérieur. C’est plutôt sur ça qu’on va essayer de travailler pour qu’il n’y ait pas cette image un peu trop fluctuante qu’on a vue l’année dernière. »
Toulouse souhaite évidemment protéger Ernest-Wallon, sans transformer une éventuelle défaite à domicile en catastrophe susceptible d’affecter tout le groupe.
Jean Bouilhou veut préserver la confiance de ses joueurs sur la durée :
« Bien sûr, on l’a vu avec l’UBB l’année dernière : perdre un match à domicile, ça te met vraiment en difficulté donc il faut effectivement qu’on gagne ces matchs-là. Mais pour autant, on n’a pas une boule de cristal et on ne sait pas de quoi demain sera fait. »
L’entraîneur refuse de faire de l’invincibilité à domicile une obsession :
« Si on perd un match à domicile, on ne va pas s’effondrer. Oui, bien sûr, ça fait partie des objectifs, mais si on en perd un, il faudra qu’on trouve des ressources pour en gagner à l’extérieur. Je pense que notre état d’esprit est plutôt comme ça, et pas de se dire qu’il faut gagner tous les matchs à domicile et que, si on en perd un, c’est la catastrophe. C’est le meilleur moyen, je trouve, d’enlever de la confiance à un groupe. »






