
L’ASM Clermont a décidé de ne pas recruter de nouveau pilier gauche après le départ d’Étienne Falgoux. Un choix fort destiné à favoriser l’éclosion de Mathéo Frisach, désormais troisième dans la hiérarchie auvergnate.
À seulement 20 ans, le solide pilier de 1,88 m pour 127 kg se retrouve derrière Giorgi Akhaladze et Sacha Lotrian. Après 12 apparitions avec les professionnels lors des deux dernières saisons, il pourrait obtenir une nouvelle opportunité samedi à Bayonne.
Clermont lui ouvre clairement la porte
La possibilité de recruter un pilier supplémentaire a longtemps été étudiée en interne. Les dirigeants clermontois ont finalement préféré accorder leur confiance à Frisach et lui offrir davantage d’espace au sein de l’effectif de Christophe Urios.
Yoann Jendrzejczak estime dans les colonnes de La Montagne que le jeune gaucher a mérité cette promotion.
« Je crois qu’il a donné suffisamment de garanties à Christophe et son staff et qu’ils ont eu raison de lui faire confiance. »
Le directeur du centre de formation a notamment observé une importante évolution dans le comportement et la préparation du joueur.
Le pilier a profondément modifié ses habitudes pour répondre aux exigences du niveau professionnel.
« L’an dernier, Mathéo s’est beaucoup professionnalisé. Il a notamment fait de gros efforts sur sa nutrition. Il a eu une prise de conscience qui lui a permis d’arriver à se transformer physiquement. On a ensuite engagé un gros travail avec lui, de façon très ciblée, pour qu’il soit en mesure de tenir 60 minutes d’un match avec force et intensité. »
Une mise à l’écart difficile avec les Bleuets
La saison dernière n’a pourtant pas été un long fleuve tranquille. Titulaire avec l’équipe de France U20 contre l’Irlande puis le pays de Galles, Mathéo Frisach avait ensuite disparu du groupe de Cédric Laborde.
Sa prestation face aux Gallois avait été jugée insuffisante, tandis que plusieurs concurrents poussaient derrière lui.
Le sélectionneur des Bleuets ne cache pas les raisons de sa mise à l’écart.
« Face aux Gallois, il a manqué d’engagement, mis très peu de haute intensité et fait peu de plaquages. Il est passé à côté, comme ça peut arriver. Sauf qu’à son poste, j’avais du monde qui poussait derrière et ses concurrents n’ont plus lâché le maillot. »
Vexé, le jeune Clermontois n’a toutefois pas baissé les bras. Son travail au sein de l’ASM et ses échanges avec Samuel Chérouk lui ont permis de retrouver sa place avant la Coupe du monde U20.
Sa réaction a même surpris Cédric Laborde.
« Il a travaillé dur et est allé chercher sa place pour la Coupe du monde. Je dois dire que cela m’a agréablement surpris. »
Frisach a finalement participé au parcours des Bleuets jusqu’à la finale mondiale, perdue contre l’Afrique du Sud. Il avait auparavant remporté le Tournoi des 6 Nations U20 avec un Grand Chelem ainsi que le championnat de France Espoirs avec Clermont.
Un gros cap franchi en mêlée
Formé initialement à l’ouverture, Mathéo Frisach a ensuite évolué en troisième ligne puis en deuxième ligne avant d’être définitivement installé au poste de pilier lors de son arrivée à l’ASM.
Cette reconversion tardive explique pourquoi la mêlée a longtemps constitué son principal chantier. Ses progrès récents dans ce secteur ont néanmoins convaincu le staff clermontois de lui donner davantage de responsabilités.
Cédric Laborde constate une transformation importante dans le jeu du jeune pilier.
« Mathéo a toujours été un joueur très technique, bon porteur de balle et bon plaqueur. Mais ces derniers temps, il a franchi un cap en mêlée, on sent qu’il prend maintenant du plaisir à en faire et qu’il commence à devenir un sacré client à gauche. »
Une place dans le groupe à Bayonne ?
Après la victoire contre le Stade Français, Christophe Urios a annoncé plusieurs changements pour le déplacement à Bayonne. Le manager souhaite créer davantage de concurrence et compte intégrer les jeunes joueurs à sa rotation.
Mathéo Frisach a préparé cette éventualité en disputant 52 minutes avec les Espoirs lors de leur victoire à Toulon.
Cette rencontre devait lui permettre de retrouver suffisamment de rythme pour postuler avec les professionnels.
« L’idée, c’était que ce match de reprise puisse le préparer à potentiellement postuler pour Bayonne. Il est apte, mais ils le sont tous à gauche… »







