
Ronan O’Gara n’a pas élevé la voix, mais ses mots ont été particulièrement forts après la défaite de La Rochelle contre le Racing 92 (10-20). Après deux succès convaincants, les Maritimes sont brutalement retombés dans leurs travers à Marcel-Deflandre. Pour le manager rochelais, son équipe a surtout payé un déficit d’intensité et d’engagement dans le défi physique.
La déception est d’autant plus importante que le staff avait identifié le danger. Le Racing arrivait blessé après deux premières journées très compliquées et La Rochelle savait donc à quoi s’attendre. Cela n’a pas empêché les Franciliens de prendre le dessus dans les secteurs de combat.
O’Gara ne veut pas donner une leçon à chaud
Au coup de sifflet final, Ronan O’Gara a pourtant choisi une approche différente de ses réactions parfois très musclées après une contre-performance.
Plutôt que de régler immédiatement ses comptes dans le vestiaire, l’Irlandais veut que son groupe analyse froidement ce qu’il est prêt à accepter.
Via Sud-Ouest, le manager rochelais préfère laisser retomber la déception avant d’aller plus loin :
« On a besoin d’accepter la vérité, ce n’était pas le moment de donner une leçon dans le vestiaire. Je pense qu’on a besoin de regarder les choses, de se dire ce qu’on accepte et ce qu’on n’accepte pas. Ça va prendre un peu de temps et si on est d’accord, on peut progresser. Si on ne l’est pas, lundi peut être intéressant… »
Derrière le calme apparent, le message reste donc très ferme.
« On n’était pas à 100 % dans nos contacts »
Sur le terrain, O’Gara identifie un problème majeur : le Racing a remporté le défi physique.
La Rochelle avait pourtant bâti une partie de ses précédentes performances sur sa capacité à dominer les zones de combat. Cette fois, les Maritimes ont subi davantage les impacts et les affrontements au sol.
Pour O’Gara, quelques pourcentages d’intensité en moins suffisent à faire basculer une rencontre de Top 14 :
« Quelque chose n’a pas changé : si tu gagnes le défi physique, tu gagnes le match. Le Racing l’a gagné, bravo à lui. Il était meilleur que nous aujourd’hui. C’est une grande frustration pour moi et le staff, parce que je pensais qu’on avait vraiment souligné l’importance du fait que c’était une équipe blessée. Mais si tu as 5 ou 10 % de moins, tu payes le prix. On n’était pas à 100 % dans nos contacts. »
O’Gara refuse une équipe qui doit être « piquée »
La prochaine réaction sera forcément attendue lors du déplacement à Pau.
Mais O’Gara refuse justement que ses joueurs aient besoin d’une défaite ou d’une semaine sous pression pour retrouver leur meilleur niveau. À ses yeux, la motivation doit venir directement du groupe.
L’Irlandais ne veut surtout pas installer cette culture de réaction :
« Je déteste que puisse exister, même 1 %, dans ma culture, l’idée d’une équipe à réaction, qui a besoin d’être piquée. Normalement, la motivation commence à l’intérieur. Ils ont besoin de quoi, de qui ? On a combien de joueurs en équipe de France en ce moment ? Pas beaucoup, la motivation doit être hyper élevée. »
« On rentre dans la merde, et on le mérite »
La frustration est renforcée par le contraste avec les semaines précédentes.
Après ses bonnes performances, La Rochelle semblait avoir lancé sa saison. Cette défaite à domicile remet brutalement certaines certitudes en question.
Ronan O’Gara emploie alors des mots particulièrement forts pour décrire la situation :
« Après les choses bien faites contre Toulouse et à Toulon, on était l’équipe à la mode. Aujourd’hui, on rentre dans la merde, et on le mérite. C’est tellement décevant, frustrant, agaçant… Pourquoi accepte-t-on ça ? »
La soirée a également laissé une trace supplémentaire dans un effectif déjà touché par plusieurs absences : Watisoni Waqanisaravi s’est blessé à la cheville et a rejoint l’infirmerie rochelaise.







