
Le Stade Toulousain a gagné à Vannes (23-29), mais Laurent Thuéry n’a absolument pas masqué les difficultés rencontrées par son équipe. L’entraîneur de la défense reconnaît que les Bretons ont dominé Toulouse dans pratiquement tous les secteurs en début de rencontre et estime même qu’ils avaient peut-être davantage « d’envie ». Malgré cela, les Rouge et Noir ont réussi à rentrer aux vestiaires avec un avantage presque inespéré de 17-16.
Toulouse avait pourtant été prévenu. Le staff s’attendait à une entame extrêmement intense de Vannes, sans parvenir à empêcher les Bretons de prendre rapidement le contrôle de la rencontre.
« Vannes nous a pris à peu près dans tous les secteurs »
Le début de match a confirmé les difficultés toulousaines déjà visibles dans le secteur aérien.
Mais pour Laurent Thuéry, le problème était beaucoup plus large. Vannes a imposé son rythme et son engagement avant que Toulouse ne parvienne progressivement à revenir.
Le technicien reconnaît dans Midi Olympique que son équipe a été sérieusement bousculée :
« Oui, complètement. On n’a pas été surpris parce qu’on savait à quoi s’attendre sur ce début de match, mais force est de constater que Vannes nous a pris à peu près dans tous les secteurs, et notamment nous a mis en mal sur les ballons hauts. Ils ont pris rapidement le score et après on s’est accroché. On revient à la mi-temps avec un score très favorable pour nous, on s’en sort bien. Le banc nous a fait du bien, même si la fin de match n’est pas très très bien gérée en termes de sorties de camp. On leur laisse notamment une dernière possession dans nos 22 mètres. Mais au final, on s’en sort bien face à une très belle équipe de Vannes. »
Le rythme élevé de la rencontre n’a en revanche pas surpris Toulouse.
Thuéry rappelle que son équipe apprécie habituellement ce genre de scénario :
« Non. C’est nous aussi notre volonté, on aime les matchs où ça joue, où il y a du temps de jeu. Vannes n’a pas fermé le jeu, bien au contraire. Et ça a donné un match avec beaucoup de rythme et d’intensité, un très beau match de Top 14. »
Un avantage de 17-16 presque inespéré
Malgré sa domination territoriale, Vannes n’a pas réussi à matérialiser suffisamment son ascendant.
Toulouse a passé moins de deux minutes dans les 22 mètres bretons au cours du premier acte, mais a tout de même inscrit 17 points. Les Rouge et Noir ont également été sanctionnés à sept reprises contre seulement trois pénalités vannetaises.
Laurent Thuéry reconnaît sans détour que le score à la pause était particulièrement favorable à son équipe :
« Oui, tout à fait. Franchement, sortir à 17-16 pour nous à la mi-temps, c’est très heureux. On marque sur ce coup d’envoi après avoir pris des points (essai de Chocobares, 32e). C’était fondamental, surtout à l’extérieur. On a été beaucoup pénalisés, sept fois en une seule mi-temps contre trois pour Vannes à la mi-temps. 17-16 à la mi-temps, ça nous a fait beaucoup de bien. Et on s’est dit qu’en réglant deux-trois trucs, en mettant de l’intensité, surtout en ne baissant pas la pression sur les contacts, on pourrait y arriver. Mais oui, on va dire que sur les « expected points », on a été plutôt efficaces sur cette première mi-temps. »
« Ils avaient peut-être un peu plus d’envie que nous »
Comment expliquer alors que Toulouse ait été autant dominé durant les vingt premières minutes ?
Pour Thuéry, la réponse se trouve essentiellement dans l’intensité et l’engagement. Sur les ballons qui traînaient après les jeux au pied, les Vannetais arrivaient systématiquement les premiers.
L’entraîneur toulousain va jusqu’à évoquer une différence d’envie :
« Je pense qu’ils ont mis beaucoup plus d’intensité que nous. Notamment après ces jeux au pied où, quand le ballon n’était pas capté, les deuxièmes ballons qui traînaient au sol, c’était 100 % pour Vannes. Ça, c’est de l’engagement, c’est de l’activité pour être dans la zone et pour se jeter sur le ballon. Ils avaient peut-être un peu plus d’envie que nous. »
Le contraste est important avec la précédente prestation toulousaine. Mais Thuéry reconnaît qu’il n’existe pas de recette permettant de garantir le même niveau d’engagement chaque semaine.
Il estime surtout que quelques pourcentages en moins peuvent avoir des conséquences immédiates :
« Si on avait la recette… Je pense que tout le monde la cherche. On ne va pas revenir dessus, mais c’est un sport où l’engagement, l’état d’esprit sont déterminants. Ce stade est magnifique, je pense qu’ils avaient à cœur de faire une très grosse entame. Nous, on savait à quoi s’attendre, mais on n’a pas mis ce qu’il fallait. Ça ne se joue pas à grand-chose, mais il en manque un petit peu, ça fait des grosses différences. Et puis, il faut souligner la qualité de Vannes, tout simplement. Au final, ça ne se joue à pas grand-chose. On n’a pas eu de marge… De toute façon, il y a zéro marge dans ce championnat. »
Une efficacité offensive élevée et la capacité à rester au contact ont finalement permis à Toulouse de survivre à cette entame largement dominée par Vannes, avant de faire basculer la rencontre.







