
La défaite contre le Racing 92 (10-20) a sérieusement agacé Ronan O’Gara. Après deux victoires contre Toulouse et Toulon qui n’avaient déjà pas totalement convaincu dans le contenu, le Stade Rochelais n’a cette fois pas réussi à masquer ses difficultés par son caractère. Manque d’agressivité, touche en souffrance, nombreuses absences et pénurie de puissance : le manager irlandais dresse un constat particulièrement sévère.
La jeunesse du groupe, dont la moyenne d’âge ne dépassait pas 25 ans, n’a pas aidé les Maritimes à reprendre le contrôle de la rencontre. Malgré la présence de joueurs comme Nolann Le Garrec, Paul Boudehent ou Oscar Jegou, La Rochelle n’a jamais réellement trouvé les ressources pour inverser la tendance.
« C’est plus facile de dormir que de regarder le match »
O’Gara avait déjà émis des réserves sur le contenu après la victoire arrachée contre Toulouse. Le déplacement victorieux à Toulon avait offert quelques séquences plus intéressantes sans totalement effacer les difficultés.
Face au Racing 92, le résultat n’a cette fois pas permis d’atténuer le constat.
Le manager rochelais n’a quasiment rien apprécié de la prestation de son équipe comme il l’explique dans les colonnes de Sud-Ouest :
« On était un peu bas en énergie, peut-être en ambition, convient le manager irlandais. On ne peut pas jouer comme ça devant nos supporters. On a manqué d’agressivité, de précision, de combat. C’est plus facile de dormir que de regarder le match. »
Dillyn Leyds a lui aussi constaté l’incapacité des Rochelais à reprendre l’initiative, notamment après la pause.
Le capitaine n’a pas trouvé de véritable réaction collective :
« On n’avait pas de réponse, souffle le capitaine Dillyn Leyds, l’un des quatre trentenaires alignés. Je pense qu’on a joué presque toute la deuxième mi-temps entre nos 40 et nos 22 mètres. »
Jegou : « On a tous été très faibles »
Oscar Jegou ne cherche pas davantage d’excuses.
Le troisième ligne pointe des problèmes dans les structures rochelaises, mais également des erreurs techniques au moment où son équipe aurait pu concrétiser ses rares opportunités.
Son jugement sur la prestation est particulièrement sévère :
« On n’était pas en place sur nos structures. Sur les seuls ballons qu’on aurait pu conclure, on a fait des fautes de main. Même en zone de marque, on n’a pas été conquérant, relaie Jegou. On va tous revoir les images, je pense que ce n’est vraiment pas beau. Il faut tous se remettre en question parce qu’on a tous été très faibles. »
La Rochelle n’a pas non plus réussi à retrouver le jeu plus séduisant proposé quelques mois auparavant. Les absences de Semi Lagivala et Davit Niniashvili privent notamment l’équipe de deux joueurs capables de faire des différences balle en main.
Leyds refuse toutefois de se réfugier derrière les changements effectués dans la ligne de trois-quarts.
Le capitaine considère que les conditions permettaient de proposer beaucoup plus :
« On a essayé de plus déplacer le ballon, il faisait beau, il n’y a vraiment pas d’excuse, tranche Leyds. Oui, il y avait des changements dans la ligne de trois-quarts mais ce n’est pas une excuse. »
Une touche jugée « cataclysmique »
Les difficultés rochelaises ne se limitent pas à l’animation offensive.
La conquête en touche a lourdement pénalisé les Maritimes et les a privés de ballons permettant de lancer leur jeu.
Oscar Jegou ne prend aucun détour pour qualifier ce secteur :
« Cataclysmique. Il faut vite la travailler parce qu’on n’a pas de rampe de lancement. »
Le problème devient encore plus important lorsque La Rochelle affronte des formations capables de lui imposer un gros défi physique.
Et dans ce domaine, l’effectif rochelais était particulièrement diminué contre le Racing.
Skelton, Alldritt, Bourgarit, Danty… La puissance manque
Will Skelton, Grégory Alldritt, Pierre Bourgarit, Ulupano Seuteni, Tolu Latu et Jonathan Danty n’étaient pas disponibles.
Plusieurs recrues manquaient également à l’appel : Thomas Adélaïde, George Moala, Salmaan Moerat, Sione Ahio et Sam Tuifua. Des joueurs dont certains profils avaient précisément été recrutés pour apporter de la puissance et offrir davantage de solutions dans ce secteur.
Watisoni Waqanisaravi constituait l’une des rares réponses physiques disponibles contre le Racing. Mais le deuxième ligne, touché à la cheville, a dû quitter le terrain dès la pause.
La situation devient donc délicate à certains postes, alors que David Kriel est espéré pour la fin du mois de septembre.
O’Gara reconnaît que son effectif se trouve particulièrement fragilisé dans deux secteurs :
« En deuxième ligne et au centre, c’est un peu une zone d’urgence. »
« Est-on tombés amoureux de nous-mêmes ? »
Malgré cette accumulation de problèmes, Ronan O’Gara ne veut pas effacer ce qui avait fonctionné lors des deux premières journées.
Mais le manager mesure surtout l’occasion manquée. Une troisième victoire consécutive aurait permis au Stade Rochelais de lancer idéalement sa saison.
Il s’interroge désormais sur l’état d’esprit de son groupe :
« Il ne faut pas tout jeter à la poubelle après de bonnes choses contre Toulouse et Toulon. Est-on tombés amoureux de nous-mêmes ? Je ne sais pas. On avait une possibilité énorme de pouvoir accélérer notre saison, on l’a laissée derrière nous. »
Pour le prochain déplacement à Pau, le Stade Rochelais espère notamment pouvoir récupérer Grégory Alldritt et Jack Nowell.






