
Et si la Coupe du monde 2027 bouleversait complètement la hiérarchie du Top 14 ? Avec au moins huit journées susceptibles d’être disputées pendant la période internationale, auxquelles viendront s’ajouter les semaines de préparation et de récupération, un entraîneur du Championnat redoute qu’un grand club fortement pourvoyeur d’internationaux puisse se retrouver à lutter pour sa survie.
Le problème pourrait prendre une ampleur inédite lors de la saison 2027-2028. Contrairement au Mondial 2023 organisé en France, durant lequel aucune journée de Top 14 n’avait été programmée pendant la compétition, le Championnat devrait cette fois continuer largement pendant le tournoi australien.
Jusqu’à 25 internationaux potentiellement absents à Toulouse
Tous les clubs ne seront évidemment pas touchés de la même manière.
Les formations possédant de nombreux internationaux français mais également étrangers pourraient devoir profondément remanier leurs équipes pendant plusieurs mois. Le cas du Stade Toulousain illustre parfaitement l’ampleur potentielle du problème.
Toutes nations confondues, Toulouse pourrait compter entre 20 et 25 joueurs internationaux concernés par la Coupe du monde.
Et les doublons officiels ne représentent qu’une partie de l’équation. Les joueurs devront rejoindre leurs sélections avant le Mondial puis bénéficier de périodes de récupération et de vacances après la compétition.
Si une nation va jusqu’à la finale programmée le 13 novembre, imaginer ses internationaux reprendre immédiatement avec leur club paraît particulièrement compliqué.
« L’équité ne sera pas au rendez-vous »
C’est précisément cette accumulation qui provoque les inquiétudes d’un entraîneur de Top 14 ayant souhaité conserver l’anonymat.
Pour lui, faire disputer autant de rencontres sans les meilleurs joueurs pourrait avoir une influence directe sur l’équité sportive du Championnat.
Il redoute dans les colonnes de L’équipe les conséquences d’une absence aussi longue des internationaux :
« Avec en plus les vacances à accorder aux joueurs, au regard de la densité du Top 14, jouer la moitié du Championnat sans les internationaux, l’équité ne sera pas au rendez-vous. »
Dans un championnat où les écarts peuvent rapidement se resserrer, une longue série de rencontres disputées avec un effectif profondément remanié pourrait coûter très cher.
« Un gros club pourrait se retrouver à jouer sa survie »
L’entraîneur interrogé envisage même un scénario beaucoup plus spectaculaire.
Un club habitué à jouer les premières places pourrait accumuler suffisamment de retard pendant le Mondial pour basculer dans une tout autre bataille au classement.
Son avertissement est particulièrement fort :
« Un gros club pourrait se retrouver à jouer sa survie. On n’est pas à l’abri d’un accident industriel… »
L’histoire récente montre pourtant que les équipes fortement touchées peuvent parvenir à limiter les dégâts. Lors de la Coupe du monde 2023, Toulouse affichait deux victoires et une défaite après les trois journées disputées avant le début du Mondial. Les Rouge et Noir avaient ensuite terminé la saison en remportant le Bouclier de Brennus.
Toulouse avait souffert en 2019 avant de remonter
Le précédent de 2019 est davantage révélateur des difficultés potentielles.
Lors du Mondial japonais, quatre journées de Top 14 avaient été disputées pendant la compétition, auxquelles s’ajoutaient quatre journées avant son lancement avec les internationaux déjà mobilisés.
Après ces huit premières journées, Toulouse ne comptait que trois victoires pour cinq défaites et occupait la 11e place.
Les champions de France avaient ensuite progressivement remonté la pente pour atteindre le septième rang après 17 journées, lorsque la compétition avait été interrompue en raison de la pandémie de Covid-19.
La saison 2027-2028 pourrait toutefois pousser le phénomène beaucoup plus loin, avec un nombre de journées affectées potentiellement supérieur et des effectifs pouvant perdre une part considérable de leurs forces vives.







