
Après trois semaines d’un procès particulièrement éprouvant, la cour d’assises de Paris a rendu son verdict dans l’affaire Federico Martin-Aramburu. À l’issue de la décision, Yann Le Bras, avocat de Maria Aramburu, a exprimé le sentiment d’apaisement des proches de l’ancien international Argentin et qualifié le verdict d’« équilibré ».
La cour a retenu les intentions homicides des deux principaux accusés. Pour l’avocat de la famille, les peines prononcées apparaissent à la hauteur de la gravité des faits jugés.
Mais au-delà des condamnations, Le Bras retient surtout la possibilité pour les proches de Federico Martin-Aramburu de refermer progressivement un chapitre judiciaire qui aura duré plusieurs années.
« Une réaction d’apaisement »
L’avocat est revenu dans Midi Olympique sur l’intensité des trois semaines d’audience et sur certains des moments particulièrement marquants du procès :
« C’est une réaction d’apaisement de la famille Hearty, de la famille Martin-Aramburu, après cette décision qui retient les intentions homicides des deux accusés principaux et prononce des peines à la hauteur de la gravité de la tentative d’homicide et de l’homicide commis par ces deux accusés. »
Le procès aura notamment été marqué par la déposition de Maria Aramburu mais également par l’évolution des déclarations de Loïk Le Priol.
Pour Le Bras, l’issue de ces trois semaines permet désormais aux familles d’envisager la fin de cette longue séquence :
« C’est donc une famille qui considère que cette audience à haute intensité, avec des moments d’une grande densité – la déposition de Maria Aramburu ou l’évolution, à un moment, de l’accusé Loïk Le Priol, qui reconnaît qu’il était à cette époque « une grenade dégoupillée » – aboutit à une décision qui nous paraît être une décision équilibrée. En tout cas, elle apaise les familles, qui vont pouvoir tourner ce long chapitre judiciaire, qui a duré quatre ans et demi et trois semaines d’audience. »
Aucun regret malgré l’absence de préméditation
La cour n’a toutefois pas retenu la préméditation. Une décision qui aurait pu laisser un sentiment d’inachevé du côté des parties civiles.
Le Bras ne souhaite pourtant pas analyser le verdict sous cet angle. Il estime nécessaire de considérer la décision dans son ensemble.
L’avocat reconnaît que la préméditation pouvait être envisagée au regard du dossier, tout en acceptant la conclusion différente de la cour :
« L’équilibre, dans ce type de décision, ce n’est pas d’avoir des regrets, c’est d’avoir un regard global, objectif, sur un dossier. Sans doute que la préméditation pouvait être retenue dans les charges qui étaient contre les accusés. Elle n’est finalement pas retenue dans la décision de la cour. »
Il insiste notamment sur la nature des tirs examinés durant le procès pour expliquer pourquoi, dans sa lecture, les condamnations restent cohérentes avec la gravité des faits.
Pour Le Bras, l’ensemble aboutit donc à une réponse judiciaire correspondant au dossier jugé :
« Mais la hauteur de la gravité de la tentative d’homicide, le fait que ce ne soient pas des tirs vers le bas (de la part de Romain Bouvier), mais vraiment des tirs vers un homme, donnent une décision qui correspond objectivement à cette affaire que cette cour d’assises avait à juger. »
Interrogé enfin sur l’absence de peine de sûreté, l’avocat de Maria Aramburu n’a pas souhaité prolonger le débat.
Sa réponse a été particulièrement concise :
« On ne va pas sur ce terrain-là. »







