
Toulouse a largement dominé Montpellier dimanche (40-18), mais Clément Poitrenaud retient autant la capacité de son équipe à survivre à un début de rencontre compliqué que son efficacité offensive. Réduits à 14 pendant vingt minutes après les cartons jaunes de Teddy Thomas et Alexandre Roumat, les Rouge et Noir ont résisté avant de dérouler. L’entraîneur de l’attaque a également décrypté pour L’Équipe le superbe essai inscrit avant la pause, symbole selon lui de la prise d’initiative recherchée à Toulouse.
Le score final pourrait laisser penser à une soirée relativement tranquille pour le Stade Toulousain. Les premières minutes ont pourtant imposé un tout autre scénario.
Teddy Thomas a été sanctionné dès la 3e minute, avant qu’Alexandre Roumat ne reçoive à son tour un carton jaune à la 15e. Toulouse a donc dû évoluer pendant vingt minutes en infériorité numérique.
Poitrenaud salue la défense et « une forme d’intelligence »
Face à une formation Montpelliéraine capable d’imposer de la densité, Toulouse a d’abord accepté de subir sans se désorganiser.
Clément Poitrenaud estime que cette séquence défensive a été déterminante pour permettre ensuite à son équipe de développer son rugby.
L’entraîneur de l’attaque Toulousaine insiste sur la maîtrise affichée malgré les deux cartons jaunes :
« On prend deux cartons jaunes en début de match et quand vous passez vingt minutes à 14, c’est un peu délicat. Donc, il faut féliciter la qualité de notre défense et aussi une forme d’intelligence. On a réussi à faire le dos rond avant de mettre la main sur le ballon et notre rugby en place. »
Toulouse n’a ensuite pas eu besoin de multiplier les occasions pour faire basculer la rencontre.
Sa première véritable apparition dans les 22 mètres adverses a immédiatement été récompensée.
Un réalisme qui a changé la dynamique du match selon Poitrenaud :
« On marque dans notre première incursion sur les 22 mètres, donc ça nous fait passer du bon côté mentalement. Puis on a pu mettre notre jeu en place derrière. C’est hyper positif. On fait preuve d’un bel esprit de solidarité on y a mis du combat face à cette équipe qui est dense. »
L’incroyable essai avant la pause décrypté
L’une des actions les plus marquantes est intervenue juste avant la mi-temps.
Alors que Montpellier évoluait dans le camp Toulousain, les Rouge et Noir ont récupéré le ballon et choisi de jouer plutôt que de simplement se dégager. Plusieurs joueurs ont participé à ce mouvement d’envergure finalement conclu par Romain Ntamack.
Pour Poitrenaud, cette action ne doit rien au hasard. Le staff encourage précisément ses joueurs à identifier et exploiter ce genre d’opportunités, indépendamment de leur position sur le terrain.
L’ancien international explique la philosophie offensive recherchée :
« Les joueurs ont pris leurs responsabilités. Je pense qu’il y avait une forme de frustration du début du match où ils n’avaient pas pu tenir le ballon. Donc ils ont vu cette opportunité. On essaie de les entraîner à ça, de leur mettre en tête qu’à partir du moment où il y a une possibilité, quel que soit l’endroit du terrain, il faut la saisir. »
L’action a également satisfait le technicien par le nombre de joueurs impliqués et la qualité des décisions prises à pleine vitesse.
Poitrenaud estime surtout que cet essai a eu un véritable impact psychologique :
« C’est un mouvement d’envergure où beaucoup de joueurs touchent le ballon avec de bonnes prises de décision. C’est très intéressant et ça nous met dans de bonnes conditions pour la suite du match et ça touche un peu l’adversaire. »
Poitrenaud fait le parallèle avec la finale
L’entraîneur Toulousain a enfin relevé une similitude avec la dernière finale du Top 14 remportée face au même adversaire (28-20).
Ce soir-là, Toulouse n’avait pas nécessairement disposé d’une multitude d’occasions. Mais les Rouge et Noir avaient déjà su exploiter les munitions à leur disposition.
Un scénario que Poitrenaud a retrouvé dimanche.
Il n’a d’ailleurs pas manqué de faire le rapprochement entre les deux rencontres :
« Il y a aussi un peu l’historique de la finale où on avait aussi eu peu de munitions et on les avait mises au fond. Ça s’est réédité sur cette première période. »







