
Au lendemain de la cuisante défaite concédée à Montpellier, Laurent Labit avait décidé de réunir ses joueurs pour pousser un « coup de gueule qui venait du cœur ». Le manager de l’USAP n’avait reconnu son équipe ni dans les attitudes, ni dans l’exécution. Six jours plus tard, la réponse a été spectaculaire face à Bordeaux. Labit avait même senti avant la rencontre que quelque chose avait profondément changé dans son groupe.
La défaite à Montpellier avait laissé des traces à Perpignan.
Dès le dimanche matin, Laurent Labit avait convoqué ses joueurs. Pas question cette fois de simplement analyser froidement les erreurs commises : le technicien avait besoin de faire passer un message beaucoup plus fort.
Selon Midi Olympique, il avait alors poussé un « coup de gueule qui venait du cœur », considérant que ce qu’il avait vu la veille ne correspondait pas à l’USAP à laquelle il croit, aussi bien dans les attitudes que dans l’exécution.
« Je savais qu’on allait gagner »
La réaction n’a pas tardé.
Pendant les six jours séparant Montpellier de la réception de Bordeaux, Laurent Labit a observé un changement dans le comportement de ses joueurs. L’investissement et l’énergie déployés à l’entraînement lui ont même donné une forte conviction avant le coup d’envoi.
Le manager Catalan avait senti que son coup de gueule avait été entendu :
« Avant même le match, je savais qu’on allait gagner, souriait-il après coup. Les joueurs avaient très bien travaillé, il y avait une très bonne énergie… »
La différence avec Montpellier s’est notamment située dans la capacité des joueurs à remettre le collectif au-dessus des performances individuelles.
C’est précisément ce que Labit attendait après sa mise au point :
« À Montpellier, on était davantage dans une démarche de faire son match au détriment de l’équipe. Là, tout le monde était recentré sur le collectif. »
L’USAP transforme les moments difficiles
Perpignan n’a pourtant pas vécu une rencontre tranquille contre Bordeaux.
L’UBB a eu plusieurs opportunités, avec notamment trois passages dans l’en-but. L’USAP a également dû composer avec un carton et une succession de blessures.
Mais contrairement à ce qui s’était produit une semaine auparavant, les Catalans n’ont pas laissé ces événements les faire sortir de leur match.
Laurent Labit a apprécié cette capacité à transformer les difficultés en énergie positive :
« Il y a eu toutes ces situations où Bordeaux a eu la main sur le ballon, ses trois passages dans l’en-but, le carton, l’enchaînement des blessures, énumérait Laurent Labit. Tous ces moments négatifs, l’équipe a su les convertir en des choses positives. »
Pour le staff, cette réaction collective constitue forcément un signal encourageant après le coup de gueule qui avait suivi Montpellier.
Les jeunes Catalans répondent présent
La victoire contre Bordeaux a également permis à plusieurs jeunes joueurs de confirmer leur potentiel.
Théo Forner, 24 ans, Diego Mascarenc, 19 ans, et Max Granell, 20 ans, tous issus de la pépinière locale, ont notamment réussi à rivaliser avec leurs adversaires.
Labit apprécie particulièrement cette jeunesse capable de jouer sans se laisser envahir par la pression.
Une forme d’insouciance qu’il considère comme une force :
« J’ai une certaine insouciance qui fait que je ne me pose pas de questions. »
Le manager Catalan ne les considère d’ailleurs plus comme de simples solutions de dépannage.
Leur performance leur donne désormais le droit de prétendre à davantage :
« Ils méritent de jouer avec nous. On pensait aussi que, face à cet adversaire, c’étaient les joueurs qu’il nous fallait de par leurs qualités. »
« On est où on voulait être »
L’émulation est désormais réelle au sein des lignes arrières de l’USAP.
Les progrès commencent également à produire des résultats : pour la première fois depuis une éternité, Perpignan vient d’enchaîner trois journées avec une dynamique positive.
Mais après avoir dû pousser un coup de gueule seulement quelques jours auparavant, Laurent Labit sait à quelle vitesse la situation peut évoluer.
Il refuse donc que la victoire contre Bordeaux provoque un quelconque emballement :
« On est où on voulait être. La dynamique est positive mais il faut garder l’humilité. On sait qu’on est dans un endroit où les gens peuvent vite s’enflammer. On va rester sur l’objectif qui est le nôtre : être dixième, ce serait une très, très belle chose. »
Cette embellie s’accompagne malgré tout d’un nouveau coup dur avec la blessure de Joaquín Oviedo. Touché à une jambe, le troisième ligne Argentin devrait manquer plusieurs semaines.
Laurent Labit ne cache pas son inquiétude :
« Ça va être difficile pour lui, c’est une blessure assez importante. »







