
Yannick Bru avait du mal à comprendre comment son équipe avait pu laisser échapper une telle rencontre. Malgré une très nette domination territoriale et plusieurs occasions franches, l’Union Bordeaux-Bègles s’est inclinée à Perpignan. Le manager Girondin ne remet pas en cause l’engagement de ses joueurs mais pointe une « faillite technique » et surtout une maladresse offensive qui a directement alimenté les essais Catalans.
Les statistiques rendent le scénario encore plus difficile à digérer pour l’UBB.
À la pause, Bordeaux affichait 70 % de possession et 60 % d’occupation. Pourtant, les Girondins se trouvaient déjà à distance de quinze points.
Au terme de la rencontre, ils avaient encore 60 % des possessions en leur faveur.
« Une maladresse incroyable »
Pour Yannick Bru, inutile donc de chercher le problème dans l’investissement de son équipe.
Le manager Bordelais estime que son équipe a surtout été incapable de convertir son énorme domination :
« S’il y a une chose qui nous a vraiment manqué, c’est un niveau de rigueur individuelle sur notre partition offensive. L’engagement était là, la détermination était là. Globalement, la conquête était là. À la mi-temps, on avait 70 % de possession et 60 % d’occupation et on était à distance de quinze points au score. Et on finit le match avec 60 % de possession en notre faveur. »
La frustration est d’autant plus forte que Bordeaux a encaissé trois essais, dont deux alors que Perpignan évoluait à quatorze après le carton jaune de Théo Forner.
Bru reconnaît la performance Catalane mais considère aussi que son équipe a énormément contribué à sa propre chute.
Il pointe directement la maladresse de ses joueurs :
« Oui, l’Usap a été d’un réalisme incroyable. Mais on leur a aussi tout donné. Ils ont marqué trois essais à zéro rucks. Dans le même temps, on nous a refusé trois essais. Mais je tiens à dire que les décisions étaient logiques. M. Cayre a fait une très bonne performance. »
Trois énormes occasions gâchées
L’UBB a notamment laissé passer plusieurs opportunités très franches.
Arthur Retière, Gaëtan Barlot puis Cameron Woki ont chacun eu des situations susceptibles de faire basculer la rencontre, sans parvenir à les convertir.
Yannick Bru ne cachait pas son incompréhension devant autant d’occasions manquées :
« Mais nous n’aurions pas dû aller à la vidéo, on doit marquer avant ou après ; ou attendre ; ou ne pas tenter des passes hasardeuses. On doit aussi clairement marquer sur la première action du match. »
Pour le manager Bordelais, la différence ne s’est donc pas faite sur la capacité à se créer des opportunités.
Elle s’est jouée dans leur exploitation.
« Le refus des essais n’était pas dû à la fatalité »
Yannick Bru refuse notamment de parler de malchance concernant les trois essais Bordelais finalement refusés.
Il estime que son équipe est elle-même responsable de ces occasions avortées :
« Pour le manager le refus des essais n’était pas dû à la fatalité, mais à de vrais mauvais choix. »
Face à cette inefficacité, le technicien a tout de même tenu à saluer la performance de Perpignan.
Bru a notamment apprécié l’intensité physique et le réalisme de l’USAP :
« Je dis bravo à l’Usap pour sa densité physique et son réalisme. Les Catalans ont été courageux et durs à manœuvrer dans leurs 22 mètres, mais nous, nous avons été d’une maladresse incroyable. Notre attaque nous a mis en danger pendant l’essentiel du match. »
« Notre attaque a nourri notre suicide »
L’une des illustrations les plus frappantes est venue des trois en-avant de Maxime Lucu.
L’un d’eux a même débouché directement sur l’essai de Diego Mascarenc.
Une situation presque inimaginable pour un joueur habituellement aussi fiable dans sa maîtrise technique.
Yannick Bru refuse cependant d’accabler individuellement ses joueurs :
« Je ne vais pas blâmer nos joueurs pour leur manque d’engagement, mais la faillite était technique. Notre attaque a nourri notre suicide. »
Une formule particulièrement forte qui résume le sentiment du manager Bordelais : l’UBB avait suffisamment de ballons, de territoire et d’occasions pour obtenir un tout autre résultat, mais s’est elle-même mise en difficulté par son manque de précision.







