
Quinze minutes qui valent probablement beaucoup plus que n’importe quelle victoire. Dimanche, Eric Laval a retrouvé un terrain de rugby avec l’US Nérac pour la première fois depuis février 2025.
À 39 ans, le première ligne revient d’une rupture du tendon d’Achille, mais surtout d’un deuxième cancer qui lui avait été diagnostiqué en septembre 2025. Après des mois particulièrement éprouvants et une perte de 20 kilos, le voilà désormais en rémission totale et de nouveau joueur de rugby.
Tout avait commencé par une sérieuse blessure. En février 2025, une rupture du tendon d’Achille éloigne Eric Laval des terrains et l’oblige à entamer une longue rééducation.
Quelques mois plus tard, alors qu’il tente progressivement de retrouver son quotidien de rugbyman, une douleur au niveau du rein ressentie lors d’un entraînement en septembre 2025 le conduit à l’hôpital.
Les examens vont alors complètement bouleverser sa vie.
« En une semaine, j’avais perdu 10 kg »
Un scanner révèle la présence d’un cancer. Une terrible nouvelle pour Eric Laval, qui avait déjà combattu un cancer des testicules six ans auparavant.
Les médecins découvrent également des ganglions au niveau du ventre ainsi que des métastases aux poumons et au foie. Il s’est confié pour La Dépêche :
« Ils ont vu que j’avais des ganglions au niveau du ventre, des métastases aux poumons et au foie. En une semaine, entre le moment où je l’ai appris et mon rendez-vous avec l’oncologue, j’avais perdu 10 kg. C’était très dur à encaisser. La première fois où je suis allé à l’hôpital, j’ai eu un moment de peur à cause de tous les branchements qu’il y avait sur moi. »
En seulement un mois, le joueur de l’US Nérac perd 20 kilos.
Et derrière l’image d’un homme tentant de rester solide devant ses proches se cache une épreuve psychologique extrêmement difficile.
Eric Laval raconte avoir notamment essayé de rester fort pour sa famille malgré ses propres inquiétudes.
« Ça a été dur pour mes sœurs, ma mère… Il fallait que je sois fort, j’essayais de montrer cette image-là extérieurement, mais intérieurement c’était compliqué. 80 % se joue dans la tête. »
Le rugby comme fil conducteur
Pendant cette période, Eric Laval ne coupe jamais complètement avec son club.
Même diminué par la maladie, il vient retrouver ses coéquipiers dès que son état physique le lui permet.
Le rugby reste surtout un objectif. Celui de revenir un jour sur un terrain.
Aujourd’hui en rémission totale, le Néracais devra continuer à effectuer régulièrement des examens afin de surveiller son état de santé pendant au moins cinq ans.
Après tout ce qu’il vient de traverser, son regard sur la vie a forcément changé.
« On se rend compte de la chance qu’on a de vivre une deuxième vie, après la maladie. Ça me permet d’encourager les gens qui sont dans le même cas que moi. »
« Une fois guéri, je rejouerais au rugby »
Eric Laval n’avait jamais abandonné cette idée.
Guérir, puis remettre les crampons, peu importe le temps nécessaire.
« Je me suis toujours dit qu’une fois guéri, je rejouerais au rugby. Peu importe le temps que ça allait donner. »
Même au sein de l’US Nérac, son retour à la compétition semblait pourtant loin d’être acquis.
Anthony Oliveira, l’un des managers du club, reconnaît la surprise provoquée par la vitesse de son retour.
« On pensait qu’il n’allait jamais pouvoir reprendre, même si on espérait qu’il y arriverait bien sûr. On a été d’autant plus surpris de le voir prêt à faire des matchs au bout d’un an. »
Dimanche à Moissac, Eric Laval a finalement obtenu sa récompense.
Une quinzaine de minutes sur un terrain. Quinze minutes seulement, mais surtout les premières depuis février 2025.
Un retour à Nérac qui promet énormément d’émotion
Une nouvelle étape attend maintenant le première ligne.
Le 18 octobre, l’US Nérac recevra Gradignan. Eric Laval pourrait alors rejouer devant son public pour la première fois depuis son incroyable combat contre la maladie.
Un rendez-vous qu’il attend déjà avec énormément d’impatience.
« Se dire qu’on peut rejouer après cette maladie, ça fait quelque chose. J’attends le premier match à domicile avec impatience. »
Et il sait que cette journée pourrait dépasser le simple cadre sportif.
« Je pense que tout le monde va m’attendre, le stade va être plein. Ça va me donner une pression en plus, mais ça ne sera que de la joie. L’émotion va être forte au moment de voir les anciens ou les tout-petits venir spécialement pour moi. »
Eric Laval devrait raccrocher les crampons à la fin de la saison. Mais après avoir réussi à retrouver un terrain malgré une rupture du tendon d’Achille et un deuxième cancer, ces derniers mois sous le maillot de Nérac auront forcément une saveur particulière.







