
L’Union Bordeaux-Bègles pourrait franchir un nouveau cap historique ce vendredi 16 octobre. Double tenante du titre en Champions Cup, la formation girondine se déplace à Gloucester avec une série impressionnante de 16 victoires consécutives dans la compétition.
Un succès supplémentaire lui permettrait de dépasser le Stade Rochelais et d’établir un nouveau record pour un club français. Mais les Bordelais voient encore plus loin : ils rêvent d’un troisième sacre européen consécutif, un exploit que seul le Rugby Club Toulonnais a réalisé jusqu’à présent.
Après avoir remporté la Champions Cup contre Northampton en 2025, puis face au Leinster en 2026, l’UBB s’apprête à défendre une nouvelle fois sa couronne européenne. Une situation qui place désormais le club girondin parmi les références du rugby continental.
Un record historique à battre dès vendredi
Avec 16 succès consécutifs en Champions Cup, Bordeaux-Bègles partage actuellement le record français avec le Stade Rochelais.
Les Maritimes avaient réalisé cette série entre les saisons 2021-2022 et 2022-2023, période durant laquelle ils avaient eux aussi remporté deux titres européens consécutifs.
À titre de comparaison, le Stade Toulousain, pourtant six fois champion d’Europe, avait établi sa meilleure série à dix victoires consécutives en 2010.
Une victoire vendredi sur la pelouse de Gloucester permettrait donc aux Girondins de porter leur série à 17 succès et de s’emparer seuls de ce record.
Nicolas Depoortere reconnaît que cette perspective a été évoquée dans le vestiaire bordelais :
« Bien sûr, on en a parlé durant la semaine. On en est à 16 matchs gagnés, comme La Rochelle. On sait que si on gagne à Gloucester, on va rentrer dans l’histoire de la Coupe d’Europe parce que ça n’a jamais été fait et on ne sait pas qui pourra rééditer ça à l’avenir quand on voit le niveau, tellement dur. J’espère participer à ça, contribuer à inscrire le club dans les petits noms de la Coupe d’Europe. »
L’exploit du RCT dans le viseur de Bordeaux-Bègles
Au-delà de ce record de victoires, l’UBB nourrit une ambition encore plus importante : remporter une troisième Champions Cup consécutive.
Une performance extrêmement rare dans l’histoire de la compétition. Plusieurs clubs sont parvenus à conserver leur titre européen, notamment Leicester, le Leinster, les Saracens et La Rochelle.
Mais un seul a réussi à soulever le trophée trois années de suite : le Rugby Club Toulonnais. Les Rouge et Noir avaient marqué l’histoire du rugby européen en remportant les éditions 2013, 2014 et 2015.
Bordeaux-Bègles pourrait donc rejoindre Toulon dans ce cercle particulièrement fermé en cas de nouveau sacre cette saison.
Nicolas Depoortere affiche clairement cette ambition, tout en rappelant les difficultés de la compétition :
« On l’espère et on va se donner les moyens de conserver le trophée. Cette compétition est compliquée, il y a quelques petits changements de règles à prendre en compte, comme pour le point de bonus offensif. Et encore une fois, on commence à l’extérieur. On sait qu’il faut essayer de gagner tous les matches pour pouvoir, derrière, jouer les phases finales à domicile ».
Une nouvelle règle qui pourrait peser lourd
Cette édition de Champions Cup s’accompagne d’une modification importante concernant l’attribution du bonus offensif.
Désormais, une équipe devra inscrire au moins trois essais de plus que son adversaire pour obtenir ce point supplémentaire. Auparavant, il suffisait de marquer quatre essais, quel que soit le nombre inscrit par l’équipe adverse.
Une évolution qui pourrait avoir des conséquences sur le classement de la phase de poules et donc sur l’avantage du terrain lors des rencontres à élimination directe.
Pour l’UBB, l’objectif reste de remporter un maximum de rencontres afin de recevoir lors des phases finales.
Gloucester, un adversaire qui a déjà fait tomber l’UBB
La première étape de cette nouvelle campagne européenne s’annonce délicate.
Gloucester avait notamment battu Bordeaux-Bègles à deux reprises lors de l’édition 2022-2023, aussi bien en Angleterre qu’en Gironde.
Depuis, le club anglais a considérablement renouvelé son effectif et son encadrement.
Nicolas Depoortere souligne les changements intervenus chez son futur adversaire :
« De tête, La Rochelle, Toulon… Je ne les ai pas toutes. Chaque année, les cartes sont redistribuées, il y a des changements dans les staffs, dans les joueurs. Nous, on trouve de la stabilité au sein du groupe. Gloucester, pour le coup, a fait pas mal de recrues avec des internationaux, gallois, écossais, anglais, avec un nouveau staff aussi, donc ça va être nouveau. Ils sont premiers de leur championnat, je pense que ça va être un bon match ».
Les Bordelais devront donc se méfier d’une formation anglaise en confiance, actuellement en tête de son championnat.
« On va être attendus »
Avec deux titres européens consécutifs, l’UBB ne bénéficie plus du statut de prétendant surprise.
Chaque adversaire aura désormais une motivation supplémentaire à l’idée de faire tomber les doubles champions en titre.
Une pression que Nicolas Depoortere préfère aborder avec sérénité.
Le trois-quarts centre bordelais assure que son équipe ne changera pas sa manière d’aborder la compétition :
« Oui et non. Le rugby c’est notre métier, notre sport, notre loisir, donc que ce soit en Top 14 ou en coupe d’Europe, on prend du plaisir tous les week-ends. On aborde cette compétition avec deux trophées, on va donc être attendus. Ça va être encore une belle compétition, toutes les équipes auront à cœur de l’emporter. Nous aussi, on se prépare bien, donc maintenant, bonne chance aux meilleurs ».
Dès vendredi, Bordeaux-Bègles aura donc l’occasion de prolonger son impressionnante série européenne et de dépasser La Rochelle.
Avant, peut-être, de se lancer à la conquête d’un troisième titre consécutif pour rejoindre le RCT dans l’histoire de la Champions Cup.







