
Yannick Bru a décidé de changer de méthode à Bordeaux-Bègles. Après les lourdes défaites concédées à Toulouse puis à Perpignan, le manager de l’UBB a estimé qu’il était temps de reprendre les choses en main.
Habitué à responsabiliser ses joueurs et à privilégier la confiance, le technicien girondin reconnaît avoir durci son discours et renforcé son autorité. Un changement assumé qui semble avoir porté ses fruits lors de la victoire à Clermont.
Les Bordelais ont traversé une période particulièrement délicate, marquée notamment par une lourde défaite à Toulouse (48-12), puis un nouveau revers à Perpignan (38-25).
Ces résultats ont poussé Yannick Bru à remettre en question certaines méthodes de fonctionnement au sein de son groupe. Et le manager bordelais n’a pas hésité à modifier son approche.
« Il faut reprendre le contrôle des choses »
Dans un entretien accordé à Sud Ouest, Yannick Bru explique avoir atteint les limites d’un management essentiellement fondé sur la confiance et la responsabilisation.
Le technicien reconnaît avoir dû reprendre la main après la défaite à Perpignan :
« Quand tu marches à la confiance et que tu responsabilises les gens, des fois, tu te fais enterrer vivant. À un moment, il faut reprendre le contrôle des choses, il faut serrer la vis. Après Perpignan, j’ai senti qu’on avait besoin de changer de discours et qu’il fallait qu’on soit vigilant aussi sur la capacité de certains joueurs de notre effectif à être responsabilisés comme ils le sont. Manager, c’est faire bouger le curseur. Les joueurs ont complètement adhéré à ces modifications. La plus belle des réponses, c’est celle qu’ils ont donnée à Clermont (victoire 22-23). »
Un discours particulièrement révélateur de la frustration ressentie par le manager de l’UBB après les difficultés rencontrées par son équipe.
Mais ce changement ne s’est pas limité à quelques paroles prononcées dans le vestiaire.
Un recadrage qui concerne également le staff
Yannick Bru explique avoir renforcé les exigences dans plusieurs secteurs, aussi bien auprès des joueurs que de son encadrement technique.
Le manager bordelais détaille les ajustements effectués dans le fonctionnement quotidien du groupe :
« Il a fallu revenir parfois avec un peu de dureté sur nos standards, l’ADN du club, sur notre construction, sur les fondations qui ont permis le plaisir qu’on a pris à travailler ensemble ces trois dernières années. On a été un peu plus directif aussi avec l’ensemble du staff, sur certains ateliers de jeu et aussi sur la stratégie de match. C’est notre histoire interne dans le groupe. Tous les clubs passent par là. »
L’ancien talonneur international assume ainsi la nécessité de modifier ponctuellement son style de management pour préserver les exigences collectives.
Il insiste toutefois sur le fait que la fermeté ne constitue pas sa méthode privilégiée :
« Franchement, taper sur les gens, c’est le plus facile. Dans ma carrière de joueur, je suis plus allé au charbon que je n’ai joué du piano. Ça ne m’apporte pas de satisfaction particulière mais parfois, il faut le faire. Quand on veut travailler dans un environnement de confiance et d’honnêteté, on doit être en capacité de dire aux gens qu’on aime qu’il y en a marre. C’est ce qu’on a fait tous ensemble. »
La victoire à Clermont a rassuré Yannick Bru
Le déplacement à Clermont représentait un véritable test pour mesurer la réaction des Bordelais après cette période de turbulences.
L’UBB a finalement décroché une précieuse victoire à l’extérieur (22-23), avec une prestation davantage marquée par la solidarité et l’engagement que par ses habituelles qualités offensives.
Yannick Bru reconnaît que ce résultat a été déterminant pour retrouver de la confiance :
« Oui parce qu’une défaite, avec les soucis qu’on a affichés à Perpignan, m’aurait terriblement déçu. Quand je suis déçu par des gens en qui j’ai confiance, je peux être très spécial. La performance à Clermont nous a tous rassurés. Il y a eu de la consistance mentale, de la solidarité, de l’engagement physique. J’ai aimé ce match parce qu’on a moins vu le talent de l’UBB, mais on a vu 23 joueurs connectés qui avaient tous mis le bleu de chauffe. »
Une réaction qui valide, au moins sur cette rencontre, les décisions prises par le manager girondin.
Après avoir choisi de resserrer les exigences et de reprendre davantage de contrôle, Yannick Bru a obtenu la réponse collective qu’il attendait de ses joueurs.







