
À 35 ans, Manu Tuilagi n’a visiblement aucune intention de raccrocher les crampons. Bien au contraire. L’ancien international anglais, qui compte 60 sélections avec le XV de la Rose, connaît une véritable seconde jeunesse sous les couleurs de l’Aviron Bayonnais.
Devenu un élément incontournable du dispositif basque, le puissant trois-quarts centre envisage désormais de poursuivre sa carrière jusqu’à ses 40 ans.
Mais une autre perspective pourrait rendre les prochains mois particulièrement intéressants : disputer la Coupe du monde 2027 avec les Samoa, le pays de ses origines familiales.
Arrivé à Bayonne en 2024 dans un contexte de scepticisme, Manu Tuilagi a progressivement fait taire les critiques. Son état physique, longtemps fragilisé par les blessures, lui permet désormais d’enchaîner les rencontres avec une régularité qu’il n’avait plus connue depuis de nombreuses années.
Titulaire ce samedi contre Lyon, le centre anglais continue de jouer un rôle majeur au sein de l’effectif dirigé par Laurent Travers et Gerard Fraser.
Manu Tuilagi pourrait disputer la Coupe du monde avec les Samoa
C’est une possibilité qui pourrait faire beaucoup parler à l’approche du Mondial 2027.
Après avoir défendu les couleurs de l’Angleterre pendant une grande partie de sa carrière internationale, Manu Tuilagi pourrait désormais représenter les Samoa.
Le joueur deviendra éligible à cette sélection en mars 2027.
Et le nouveau sélectionneur samoan, Tusi Pisi, aimerait manifestement le convaincre de rejoindre son groupe pour la prochaine Coupe du monde.
Un scénario qui permettrait à Manu Tuilagi de suivre les traces de ses quatre frères, Henry, Freddie, Alesana et Anitele’a, qui ont tous porté le maillot de la sélection samoane.
Interrogé par le Times sur cette éventualité, le centre bayonnais n’a pas fermé la porte.
Il a notamment laissé entendre que de nombreuses choses pouvaient encore se produire avant la compétition.
Selon son entourage, l’idée de disputer une rencontre face au XV de France le 17 octobre 2027, lors de la troisième journée de la phase de groupes, serait particulièrement séduisante à ses yeux.
Une perspective étonnante pour un joueur qui a longtemps été l’un des visages du rugby anglais.
À 35 ans, Manu Tuilagi veut jouer jusqu’à 40 ans
Ce possible retour sur la scène internationale s’inscrit dans un projet de carrière particulièrement ambitieux.
Manu Tuilagi souhaite en effet continuer à évoluer au plus haut niveau jusqu’à ses 40 ans.
Il envisage ensuite de se tourner vers une carrière d’entraîneur.
Un objectif qui pouvait sembler improbable lorsqu’il a quitté l’Angleterre pour rejoindre Bayonne.
À l’époque, ses nombreuses blessures avaient considérablement réduit son temps de jeu.
Certains observateurs s’interrogeaient même sur la pertinence du recrutement réalisé par les dirigeants basques.
Mais depuis son arrivée, Tuilagi a retrouvé une régularité remarquable. Il a disputé 21 rencontres lors de sa première saison, puis 20 lors de la deuxième. Il n’avait plus autant joué depuis l’exercice 2012-2013.
Une évolution qui s’explique notamment par un état physique nettement plus satisfaisant.
Dans une interview accordée au Times, Manu Tuilagi avait d’ailleurs expliqué ce que ses nombreuses blessures lui avaient apporté :
« Elles m’ont permis d’être l’homme que je suis aujourd’hui, j’ai beaucoup appris grâce à elles. »
Un regard particulièrement positif sur les épreuves traversées au cours de sa carrière.
Bayonne souhaite-t-il vraiment le conserver ?
Malgré ses performances, l’avenir de Manu Tuilagi à l’Aviron Bayonnais n’est pas encore définitivement réglé.
Initialement recruté pour deux saisons, le joueur a déjà prolongé son contrat d’une année supplémentaire.
Des discussions seraient actuellement en cours concernant une éventuelle quatrième saison sous les couleurs basques. Mais les négociations s’annoncent délicates.
Le club doit notamment tenir compte de l’âge du joueur et de la nécessité de préparer l’avenir à son poste.
Une autre piste serait ainsi étudiée par l’encadrement bayonnais. Il s’agit d’Ollie Lawrence, centre international anglais de Bath, âgé de 27 ans.
Huit années séparent les deux joueurs, un écart important dans un sport aussi exigeant physiquement que le rugby professionnel.
L’éventuelle arrivée de Lawrence pourrait donc peser dans les discussions concernant l’avenir de Tuilagi.
Pour autant, l’ancien joueur de Leicester et de Sale continue de démontrer qu’il peut apporter énormément à son équipe.
Manu Tuilagi reste l’un des centres les plus puissants du Top 14
Les statistiques témoignent de son influence sur le jeu bayonnais.
Depuis son arrivée en France, Manu Tuilagi figure parmi les joueurs les plus performants du championnat dans le domaine du port de balle.
Il occupe la troisième place de ce classement, derrière les deux Fidjiens du Racing 92, Josua Tuisova et Vinaya Habosi.
Une performance remarquable pour un joueur dont l’état physique avait suscité autant d’interrogations.
Cette saison, Tuilagi a participé à trois rencontres. À chaque fois, il était titulaire. Et Bayonne a remporté ces trois matchs.
Associé à Sireli Maqala ou Guillaume Martocq au centre de l’attaque, l’ancien international anglais continue de mettre sa puissance au service du collectif.
Sa capacité à mobiliser plusieurs défenseurs permet notamment de libérer des espaces pour ses partenaires.
Mais son influence ne se limite pas aux phases offensives.
Depuis le début de la saison, il totalise 33 plaquages, dont 16 réalisés lors de la victoire contre Clermont (46-24), le 19 septembre.
Des chiffres qui illustrent son engagement défensif et sa capacité à répondre aux exigences du Top 14.
« Lorsqu’il parle, ses mots ont beaucoup de poids »
L’importance de Manu Tuilagi dépasse désormais ses seules performances sur le terrain.
Gerard Fraser et Laurent Travers ont décidé de lui confier davantage de responsabilités au sein du groupe.
Malgré une maîtrise encore imparfaite du français, le centre anglais fait désormais partie des trois capitaines de l’Aviron Bayonnais, aux côtés de Léo Coly et Arthur Iturria.
Un choix qui témoigne de l’influence qu’il exerce dans le vestiaire.
Gerard Fraser a expliqué pourquoi Manu Tuilagi occupe désormais une place aussi importante dans le groupe :
« Manu a pris un peu le groupe en main. Souvent, on le voit par ses actes, ses actions dans le match. Manu parle peu, mais lorsqu’il le fait, ses mots ont beaucoup de poids. Ça rassure le groupe, lui donne de la confiance, une direction. L’idée, ce n’est pas forcément de motiver, mais de montrer la direction sur le terrain. »
Une reconnaissance qui confirme le statut particulier acquis par le joueur depuis son arrivée au Pays basque.
Un membre du staff bayonnais ne cache d’ailleurs pas son admiration :
« Il est magique. »
Toujours souriant, Manu Tuilagi aurait également pris l’habitude de répéter une petite phrase devenue familière dans son nouvel environnement.
Une expression qui résume parfaitement son état d’esprit actuel :
« La vie est belle… »
Entre son avenir contractuel à Bayonne, son ambition de poursuivre sa carrière jusqu’à 40 ans et la possibilité de représenter les Samoa au Mondial 2027, Manu Tuilagi pourrait encore réserver plusieurs surprises au monde du rugby.







