
Le XV de France a parfaitement lancé sa campagne en dominant largement les Fidji (54-17), samedi soir à Lyon. Sans réaliser une prestation exceptionnelle, les Bleus ont inscrit huit essais, affiché une solidité défensive encourageante et confirmé les qualités de plusieurs individualités. Mais à quelques jours d’affronter l’Afrique du Sud, la blessure de Romain Ntamack vient considérablement compliquer les plans de Fabien Galthié.
Face à une sélection fidjienne qui avait pourtant soigneusement préparé cette rencontre à huis clos sous les ordres de Jake White, les Français ont surtout fait preuve de sérieux. Après une entame compliquée face à la puissance adverse, ils ont progressivement imposé leurs fondamentaux pour prendre le contrôle du match.
« On n’est pas totalement satisfaits de notre performance »
Malgré les huit essais inscrits, Fabien Galthié reconnaît que son équipe possède encore une importante marge de progression.
« On n’est pas totalement satisfaits de notre performance. Mais c’était une reprise pour nous. Une reprise après dix jours d’entraînement : malgré nos difficultés, ça faisait très longtemps que l’équipe de France n’avait pas mis cinquante points aux Fidji. »
Les Bleus ont notamment construit leur victoire autour de leur conquête aérienne, de leurs ballons portés et de la puissance de leurs avants.
Plusieurs joueurs se sont particulièrement distingués. Yoram Moefana a répondu présent dans le défi physique, notamment durant les vingt premières minutes, lorsque les Fidjiens imposaient leur puissance.
Mickaël Guillard a également livré une prestation complète, aussi bien dans le travail de l’ombre que dans le jeu courant, avec notamment une superbe passe pour Jean-Baptiste Gros.
Aaron Grandidier-Nkanang a confirmé ses qualités athlétiques, particulièrement dans les airs, tandis qu’Antoine Dupont a une nouvelle fois pesé sur la rencontre avec son jeu au pied, sa créativité et ses initiatives offensives.
Le demi de mêlée tricolore s’est notamment distingué par une chistéra pour Yoram Moefana, une percée à l’origine de l’essai de Théo Attissogbé et un essai personnel.
Une défense française beaucoup plus rassurante
Au-delà de la performance offensive, c’est également l’organisation défensive du XV de France qui a donné satisfaction.
Sous la responsabilité de Geoffrey Doumayrou, arrivé récemment dans le staff tricolore, les Bleus ont montré des progrès encourageants dans leur capacité à contenir les offensives adverses.
Une satisfaction importante alors que les Français avaient parfois rencontré des difficultés dans ce secteur la saison dernière.
Jake White a d’ailleurs reconnu les difficultés de son équipe face à la défense française, tout en regrettant certaines lacunes de ses joueurs.
« Les Fidji savent jouer au rugby, attaquer et marquer. Mais nous devons progresser sur les mauls et la mêlée. »
Le sélectionneur fidjien a également souligné que son équipe n’avait pas atteint son objectif offensif.
« Notre ambition est d’aplatir quatre essais contre n’importe quel adversaire. Or, nous n’en avons inscrit que trois ce soir. »
La rencontre a aussi été particulièrement éprouvante pour les Fidjiens, dont les trois joueurs de troisième ligne ont été concernés par des protocoles commotion.
Une situation inhabituelle qui a surpris Jake White.
« Je n’avais jamais vu ça »
Romain Ntamack blessé : un énorme problème avant les Springboks
Si la victoire contre les Fidji a apporté plusieurs motifs de satisfaction, la soirée a également été marquée par la blessure à l’épaule de Romain Ntamack.
Le demi d’ouverture toulousain rejoint ainsi Matthieu Jalibert, Antoine Hastoy et Thomas Ramos parmi les joueurs indisponibles à ce poste.
Une situation particulièrement délicate à quelques jours du choc contre l’Afrique du Sud.
Fabien Galthié pourrait notamment être contraint de confier le numéro 10 à Maxime Lucu ou Axel Desperes face aux doubles champions du monde.
Le sélectionneur devra donc trouver une nouvelle organisation offensive pour affronter une équipe sud-africaine qui vient d’écraser l’Italie (66-7).
« Nous avons six jours pour réussir quelque chose qu’on n’imagine pas »
Malgré cette accumulation de blessures, le XV de France peut s’appuyer sur un groupe particulièrement fourni.
La situation de Grégory Alldritt en témoigne. Capitaine des Bleus la saison dernière et longtemps considéré comme indispensable, le troisième ligne rochelais figurait cette fois parmi les joueurs hors groupe contre les Fidji.
Un exemple de la concurrence qui existe désormais au sein de la sélection française.
L’histoire du rugby a d’ailleurs déjà montré qu’une équipe pouvait surmonter la perte de plusieurs joueurs majeurs. Lors de la Coupe du monde 2011, la Nouvelle-Zélande avait notamment dû composer avec les blessures successives de Dan Carter, Colin Slade et Aaron Cruden, avant de remporter le titre mondial grâce, notamment, à une pénalité décisive de Stephen Donald en finale contre la France.
Fabien Galthié refuse donc de considérer les Springboks comme imbattables. Malgré les absences et le peu de temps disponible pour préparer ce rendez-vous, le sélectionneur tricolore veut croire à un exploit vendredi soir au Stade de France.
« Nous avons six jours pour réussir quelque chose qu’on n’imagine pas. »







