Selon de nombreux observateurs, la mêlée du Stade Français Paris se hisse actuellement au sommet du Top 14. Un constat confirmé par le talonneur international Giacomo Nicotera, qui s’est confié à Midi Olympique.
« C’est d’abord une fierté de faire partie de la meilleure mêlée de France. Une grande fierté », affirme-t-il. Arrivé à Paris, Nicotera a rapidement pris la mesure de l’importance stratégique de la mêlée dans le rugby français. « L’année dernière, nous avons vécu une saison compliquée. Je me souviens de certains matchs où nous avons été en difficulté en mêlée fermée. Je voyais les mecs autour de moi la tête vers le bas. Or, la mêlée, c’est un vrai baromètre dans une équipe. Si la mêlée ne va pas bien, l’équipe est impactée. »
Pour le talonneur, la mêlée n’est pas seulement une question de force, mais d’un état d’esprit rigoureux. Cependant, il met en garde contre tout excès de confiance : « Ce n’est pas parce que nous avons de bonnes performances en mêlée cette saison qu’il faut s’enflammer. Nous avons un groupe très ambitieux, ce qui a pour conséquence de toujours voir les choses qui ne vont pas, les choses que l’on fait mal. On doit continuer de progresser. Un exemple : à Bayonne, cinq ou six minutes avant la fin du match, on a eu une mêlée importante. C’est là que nous aurions dû tuer le match en gagnant une pénalité. On n’a pas réussi. Résultat : les Bayonnais ont marqué et on a perdu le match. »
Nicotera ne manque pas de rendre hommage à ses partenaires en première ligne, véritables piliers de cette mêlée conquérante. « Au Stade français, on a la chance d’avoir des piliers qui aiment faire des mêlées. Giorgi Melikidze, il adore faire des mêlées (rires). Plus on en fait, plus il est heureux. Le mardi, c’est le jour où l’on travaille séparément, les avants d’un côté, les trois-quarts de l’autre. Et pour nous, il y a toujours une séance de mêlée. Aujourd’hui, il avait donc un grand sourire, il était super content (NDLR : l’entretien a été réalisé mardi en fin de journée). C’est vraiment son jour préféré le mardi. »
Reconnu pour ses qualités en mêlée fermée, le talonneur se décrit comme moins mobile sur le terrain, mais parfaitement adapté à ce rôle exigeant. « Avant mon arrivée l’an passé, tout le monde me disait que j’allais jouer dans le championnat le plus difficile au monde au niveau de la mêlée, mais, franchement, je ne m’attendais pas à ça… Tous les week-ends, c’est un nouveau défi, des joueurs avec des caractéristiques différentes qui nécessitent de s’adapter. Des toujours plus costauds. J’ai été un peu en difficulté au début. Mais, j’ai la chance de bénéficier d’un environnement qui me permet de progresser. Et puis, j’ai un profil différent de Lucas (Peyresblanques). Lui est plus rapide que moi, touche plus de ballons dans le jeu courant. Je crois que pour l’équipe, c’est bien. Nous sommes complémentaires. »
Malgré ce niveau de performance, il demeure lucide quant aux axes d’amélioration, notamment la gestion mentale en fin de match. « Je me souviens de la finale de Top 14 l’an dernier. Toulouse et Bordeaux ont joué 100 minutes. Celui qui a gagné est celui qui avait la plus grande capacité à rester dans le match, à garder la maîtrise, à rester lucide. On doit progresser sur cet aspect-là. C’est ce qui nous permettra d’aller chercher plus de victoires à l’extérieur. »
Il ajoute enfin que l’équipe travaille régulièrement ces situations : « Toutes les semaines, nous mettons en place ce type de scénarios. Que fait-on si nous menons de trois points à la 77e minute et que nous sommes dans le camp adverse ? Que fait-on si nous menons à cinq minutes de la fin et que nous sommes dans nos 22 mètres ? C’est souvent précieux. Mais bon… L’entraînement, ce n’est pas le match. On a beau essayer de tout prévoir, tout ne se passe pas forcément comme prévu. C’est le sport. »
À l’aube de la rencontre contre Castres, Nicotera confirme que la préparation est bouclée. « Notre entraîneur Perry Freshwater nous a dit que Castres faisait 90 % des ballons portés après touche. Je pense qu’il a un peu exagéré pour mieux nous sensibiliser (rires). Mais on s’est bien préparé au combat qui nous attend. Les Castrais vont sûrement essayer de jouer de la même façon que le Racing qui est venu faire match nul sur notre terrain. Mais on veut absolument débuter l’année sur une bonne note. »







