Le tribunal de Castres a récemment examiné une affaire lourde de conséquences, née d’un accident survenu à Lavaur en novembre 2022. Ce soir-là, un jeune conducteur de 23 ans, dont le taux d’alcoolémie atteignait 0,68 mg/l après une soirée rugby arrosée, a percuté une femme de 61 ans sur un passage piéton. Plus d’un an après, la victime est décédée, rouvrant un débat délicat sur le lien de causalité entre le choc et sa mort.
Le quotidien La Dépêche détaille ce drame marqué par une violence extrême. Le 27 novembre 2022, la quinquagénaire traversait une zone éclairée avec son chien lorsqu’elle a été projetée à plus de dix mètres par un véhicule roulant à au moins 60 km/h dans une zone limitée à 30 km/h. Le conducteur, raccompagnant ses coéquipiers après avoir consommé du rhum et plusieurs litres de bière au terme d’une troisième mi-temps très arrosée, a reconnu son inattention au volant.
Face aux images de vidéosurveillance, le jeune homme a exprimé ses regrets : « Je ne l’ai pas vue… Je discutais, je ne regardais pas devant moi. » L’enquête a également révélé que le véhicule avait été déplacé à deux reprises après l’impact, un acte expliqué par la peur. Déjà condamné pour conduite en état d’ivresse, il affirme désormais avoir pris conscience de ses problèmes depuis le drame.
La victime a traversé un véritable calvaire médical : traumatisme crânien, AVC et paralysie, avant de chuter de son fauteuil roulant en janvier 2024 et de décéder un mois plus tard. Si l’expert judiciaire ne peut établir formellement le lien entre l’accident et l’AVC, le ministère public et la partie civile maintiennent la responsabilité directe du conducteur. Pour la défense de la victime, l’enchaînement des événements est sans appel : « Ce n’est pas la faute à pas de chance, c’est la faute de Monsieur. Sans l’accident, pas de décès. »
La présidente du tribunal a souligné, lors de son résumé des faits, la clarté des blessures initiales : « Ce qui est certain, ce sont les conséquences des blessures liées à l’accident. Tout ce qu’elle a vécu, c’est à cause de l’accident. La peine doit être ressentie. »
Le procureur a requis 15 mois de prison, dont 10 avec sursis, soulignant que la souffrance de la victime découle de cette nuit tragique. La défense a plaidé pour une peine mesurée, rappelant que le jeune homme assume sa responsabilité et que sa vie est aussi bouleversée.
Le tribunal rendra son jugement le 4 mars prochain.







