À Lille, les Bleus ont rempli leur mission en dominant largement l’Italie (33-8) et en s’offrant le bonus offensif. Pourtant, ce succès laisse un goût d’inachevé. Malgré cette victoire qui maintient la France seule en lice pour le Grand Chelem, la prestation dimanche a souvent évoqué les vieux matchs laborieux d’autrefois, loin de la maîtrise affichée lors des deux premières rencontres de l’hiver.
Au cœur d’une performance parfois confuse, un joueur s’est imposé par sa puissance et sa constance. Pour sa 14e sélection, le deuxième-ligne Emmanuel Meafou a disputé l’intégralité de la rencontre, incarnant une véritable « porte blindée » en défense et un perforateur efficace en attaque, contrastant avec la baisse de régime de plusieurs secteurs.
L’absence de Matthieu Jalibert, annoncée la veille, a contraint les Bleus à une charnière Dupont-Ramos improvisée et au repositionnement de Théo Attissogbe à l’arrière. Ce bouleversement a pesé sur l’animation offensive, devenue soudainement moins fluide. Le bilan statistique traduit ces difficultés : neuf pénalités concédées, sept en-avant et une mêlée fermée souvent battue avec plusieurs ballons perdus.
Ce match s’est transformé en un véritable festival de maladresses. Entre l’essai offert aux Italiens après une erreur de Ramos et une période de quarante-trois minutes sans marquer de la 2e à la 3e réalisation française, les Bleus ont clairement paru « pas tout à fait dans leur assiette ».
Malgré ces scories, l’essentiel reste que le trophée Garibaldi demeure à Marcoussis. Mieux encore, la France affiche un rythme supérieur à celui de son Grand Chelem 2022. Invaincue, l’équipe tricolore pourrait décrocher un sacre précoce dès le 7 mars à Édimbourg.
Si Antoine Dupont a soulevé le trophée sans grande effusion, l’ambition du groupe est intacte. La semaine de repos à venir sera précieuse avant d’affronter des Écossais qui ont souvent su faire vaciller les Français dans leur quête d’éternité.







