Privé à la dernière minute de Matthieu Jalibert, touché au mollet, le XV de France a su s’adapter rapidement pour s’imposer nettement contre l’Italie (33-8), dimanche à Villeneuve-d’Ascq. Face à cet imprévu, les hommes de Fabien Galthié ont troqué leur animation offensive habituelle, centrée sur une charnière à trois meneurs, pour un système plus classique et pragmatique.
Cette réorganisation d’urgence a bousculé la composition des lignes arrières : Thomas Ramos a glissé à l’ouverture, Théo Attissogbe, jeune espoir, a pris place à l’arrière, tandis que Gaël Dréan honorait sa première sélection sur l’aile. Un changement marqué qui, selon l’ailier Louis Bielle-Biarrey, a nécessité un ajustement collectif. « On avait l’habitude d’avoir deux 10, et là on s’est retrouvés avec trois ailiers, mais on s’en est plutôt bien sortis, (…) même si on était plus dans l’urgence et avec moins de repères », a-t-il confié.
Privés de leurs schémas complexes avec deux meneurs de jeu, les Bleus ont opté pour un rugby plus direct et efficace. Thomas Ramos, chef d’orchestre d’un soir, insiste sur la volonté de simplifier le rôle de son jeune coéquipier : « On avait décidé stratégiquement d’avoir un jeu offensif différent des deux premiers matchs, et ce système a permis que Théo s’occupe de son rôle de XV et ne s’occupe pas trop d’être un second ouvreur, on est revenu à un jeu un peu plus basique. » Louis Bielle-Biarrey confirme ce retour à des automatismes plus classiques : « Théo c’est moins un 10, on a été dans des schémas plus classiques peut-être, comme on en voit en club ».
Si le spectacle flamboyant a laissé place à une bataille plus fermée, le staff tricolore se réjouit de cette capacité d’adaptation. Fabien Galthié admet que ces ajustements ont déstabilisé l’équipe : « La première de Gaël, ces petits changements dans le trident (arrière-ailiers), sur la manière de jouer, ça nous a mis dans l’inconfort. Mais on ne peut pas être totalement dépendants d’une composition d’équipe, et les joueurs ont trouvé des solutions. »
Pour Antoine Dupont, capitaine des Bleus, cette victoire démontre la force d’un collectif capable de gagner « de manière différente, avec un jeu moins flamboyant mais tout aussi efficace au final ». Un rappel de l’essentiel, mis en avant par le sélectionneur lui-même : « Je sais qu’en France on est des romantiques et quand on parle du jeu, des projets de jeu, on ne parle que du jeu avec le ballon. Mais le jeu sans ballon, ça permet de gagner des matchs ! »







