C’est un véritable séisme dans le rugby européen : les autorités anglaises ont officialisé la fin du système traditionnel de promotions et relégations dans la Premiership. L’objectif est clair : transformer ce championnat en une ligue fermée et stable afin d’attirer des investisseurs et de sortir le rugby anglais d’une crise financière majeure.
### Une expansion ambitieuse d’ici 2040
Aujourd’hui, la Premiership regroupe dix clubs. Mais demain, ce nombre va progressivement augmenter. Simon Gillham, ancien président de Brive et actuel dirigeant de la Deuxième Division anglaise, précise dans *L’Équipe* : « Ce n’est pas vraiment le cas car, dans quelques années, il y aura une expansion avec de nouveaux clubs. »
Le calendrier est fixé : la ligue doit passer à douze équipes d’ici 2030, puis atteindre vingt clubs professionnels en 2040. « Oui, deux clubs vont commencer par monter », assure Gillham, soulignant que l’accession ne sera plus uniquement basée sur les performances sportives, mais également sur des critères d’infrastructures et de viabilité économique.
### La survie économique prime sur l’équité sportive
Ce tournant radical est une réponse directe aux défaillances financières de clubs historiques comme les Wasps, Worcester ou London Irish. Bill Sweeney, directeur général de la Fédération anglaise (RFU), justifie ce changement de cap : « Nous reconnaissons que nous nous éloignons du système traditionnel. Cependant, il paraît clair que le rugby professionnel a besoin d’une évolution pour prospérer. L’ancien système ne garantit aucune stabilité financière et n’encourage pas les investissements dont a besoin le rugby. Cette réforme est faite pour garantir le futur, créer un modèle ambitieux et durable, capable de supporter le rugby dans sa globalité, de la base à l’international. »
Simon Gillham, qui reste attaché à l’incertitude inhérente au sport, admet l’urgence : « Tous les clubs de la Deuxième Division ont voté pour ce projet. Il faut être lucide et travailler pour que tous les clubs soient pérennes. Et on va leur donner trois ans pour qu’ils se stabilisent. »
### L’arrivée de géants comme Red Bull et Tom Brady ?
La disparition de la menace de relégation est un argument de poids pour séduire les investisseurs majeurs. L’exemple de Newcastle est révélateur : sans la garantie de rester dans l’élite, Red Bull n’aurait jamais investi. « C’est le cas des investisseurs américains qui sont intéressés », souligne Gillham.
La RFU espère ainsi réduire ses aides annuelles, qui s’élèvent à 40 millions d’euros, pour réorienter ces fonds vers le rugby amateur, un secteur en grande demande : « Si c’est le cas, la RFU pourra investir cet argent ailleurs, sur le rugby amateur notamment, qui en a bien besoin. »
Le projet va même plus loin, avec l’ambition d’améliorer la couverture géographique du championnat. Une franchise pourrait voir le jour à Birmingham, où des discussions seraient déjà engagées avec les propriétaires américains du club de football local, soutenus par la star de la NFL Tom Brady.







