Au pied de Murrayfield, l’ambiance était lourde samedi soir. Malgré une défaite cinglante face à l’Écosse (50-40), des dizaines de supporters français ont entonné une ultime Marseillaise pour saluer le car des Bleus, témoignant d’un soutien indéfectible.
Cette ferveur contrastait fortement avec la prestation apathique des hommes de Fabien Galthié, dont les rêves de Grand Chelem se sont envolés sur la pelouse écossaise, là où la « formule magique » sembla avoir disparu.
### Une défaillance sur les fondamentaux
Le sélectionneur Fabien Galthié tire un constat sans appel : son équipe a failli là où tout commence dans le rugby. « Ils nous ont pris sur les bases du rugby. Conquête, engagement, agressivité, présence collective sur les ballons à gagner en l’air ou au sol », a-t-il déploré, dénonçant une faillite globale.
À cela s’est ajoutée une indiscipline chronique, cinq pénalités et deux cartons jaunes, qui ont miné les efforts initiaux de l’équipe. Même Antoine Dupont, habituellement si serein, n’a pas su masquer ses erreurs lors de cette soirée cauchemardesque, admettant « deux erreurs qui coûtent cher » : une interception fatale et une passe imprudente dans son propre en-but.
### L’approche mentale pointée du doigt
Comment une équipe aussi expérimentée a-t-elle pu s’effondrer ainsi ? Thomas Ramos, l’un des rares à avoir maintenu son niveau, rejette l’idée d’une mauvaise préparation : « La semaine avait été bonne pourtant, sérieuse. On les avait bien analysés ». Mais le terrain a livré un sentiment bien différent.
Le troisième ligne François Cros avance une hypothèse plus critique dans les colonnes du Parisien : « On s’est peut-être vus trop beaux. On a peut-être pensé à autre chose avant de combattre. »
Ramos, lucide, ne cache pas la supériorité des Écossais : « Déjà en première mi-temps, on a été indisciplinés, on leur a laissé le ballon, et ils ont des joueurs incroyables. On a pris une petite leçon de rugby. »
Plus inquiétant encore, l’arrière regrette l’absence totale de réaction après la pause, période où les Bleus ont encaissé quatre essais en moins de vingt minutes : « On a été apathiques. Quand on revient alors qu’on est menés à la mi-temps, il n’y a pas vraiment de rébellion. »
### Un bonus offensif « pour rester en vie » avant le Crunch
Malgré ce score lourd, la fin de match a permis à la France de sauver l’essentiel au plan comptable. Grâce à un sursaut d’orgueil tardif, les Bleus ont arraché un bonus offensif.
Auteur d’un doublé, Thomas Ramos reste cependant pragmatique : « Les 40 points marqués sont anecdotiques, à la 65e, le score est fait, les Écossais ont lâché. »
Ces points pris restent cruciaux puisqu’ils maintiennent la France en tête du classement à la différence de points.
François Cros a déjà adressé un message clair en vue de la réception de l’Angleterre samedi prochain : « On a pris une belle claque, j’espère qu’on a payé pour apprendre et que ça servira pour la suite. On n’aura aucune excuse la semaine prochaine. »
Dans l’en-but, la consigne est à la lucidité : « Dans l’en-but, ça ne sert à rien de gueuler sur les uns et les autres. Il faut rester lucide, on s’est dit qu’il fallait remettre la main sur le ballon, mais on n’y est pas parvenu », conclut Ramos.







