La défaite des Bleus à Édimbourg (50-40) laisse un goût amer et soulève de nombreuses questions tactiques. Pour Jean-Baptiste Élissalde, consultant pour L’Équipe et ancien international, le XV de France s’est trompé de stratégie en cherchant à rivaliser sur le plan athlétique avec les Écossais, plutôt qu’en imposant sa propre puissance.
Le staff français avait opté pour un profil axé sur la mobilité, reconduisant notamment la deuxième ligne Ollivon-Guillard, brillante lors du succès contre l’Irlande. L’objectif : répondre à l’intensité du jeu à la course. « La leçon de ce match est que les Français ont préféré s’opposer aux Écossais plutôt que d’essayer d’imposer leurs forces. Ils devaient se douter que la météo serait clémente et s’étaient donc préparés à une forte intensité courue. D’où la titularisation de cette deuxième ligne (Ollivon-Guillard) très performante contre l’Irlande (36-14) et qui avait toutes les raisons d’être alignée en jouant autour du dix », explique Élissalde.
Mais cette approche a montré ses limites face à une équipe écossaise chirurgicale, capable de maîtriser le ballon avec 194 passes pour seulement 8 pertes et ne concédant que 4 pénalités sur l’ensemble du match.
Le réveil français est venu tardivement, lorsqu’un « banc lourd » est entré en jeu, permettant une mutation tactique autour du jeu d’avants et du demi de mêlée. Cette adaptation a permis aux Bleus d’enchaîner quatre essais dans les quinze dernières minutes. « Les Bleus finissent le match comme ils auraient peut-être dû commencer, » souligne Élissalde. « L’intensité combattue est arrivée trop tardivement mais il faut aussi souligner la performance des Écossais. Leur copie a été quasi parfaite. »
Un autre facteur à retenir est l’indiscipline, qui s’est révélée être « le mal absolu » pour les Français. Avec 10 pénalités contre eux, notamment en mêlée, les Bleus ont peiné à construire une dynamique positive. « Parallèlement, les Bleus, eux, ont été bien plus sanctionnés que ces dernières semaines avec dix pénalités au total dont cinq en première période. Du jamais vu dans ce Tournoi 2026 », constate Élissalde.
Malgré la frustration de voir le Grand Chelem s’éloigner, le consultant appelle les Bleus à se tourner rapidement vers le prochain défi, la réception de l’Angleterre. « Maintenant, il faut rapidement se projeter sur la semaine prochaine. (…) Il faut sortir de l’émotion et de la frustration née de cette défaite. Il reste une compétition à gagner. Les Français peuvent encore être champions d’Europe. Ce n’est pas rien dans une carrière. »
Le titre européen reste donc l’objectif prioritaire, indispensable pour éviter que cette lourde défaite ne devienne un coup d’arrêt définitif.







